Trémeau Bernard - dimanche 03 octobre 2004
Le soir, à la veillée, dans toutes les chaumières de France, on parle actuellement de l’Europe sociale à l’occasion du vote de la constitution ou de l’arrivée de la Turquie. Chaque leader politique a sa propre position. Dans chaque parti, on ne sait plus qui a raison et ou qui a tort. Avant de vouloir construire l’Europe Sociale, il faut d’abord remercier les Américains qui ont libéré l’Europe, détruit le nazisme et empêché, par leur présence, les communistes de prendre le pouvoir en France comme ils l’ont fait en Pologne ou en Allemagne de l’Est. Tout en respectant notre propre Liberté, ils nous ont évité 60 ans de démocratie populaire. Il faut ensuite remercier Adenauer et De Gaulle, qui ont su utiliser l’abri du bouclier américain, pour mettre fin aux sanglantes guerres franco-allemandes et jeter les bases de la Communauté Européenne. Merci enfin à tous nos hommes politiques européens, qui, depuis 60 ans, rendent volontairement nos économies interdépendantes en mettant toutes les entreprises européennes en concurrence entre elles. La même monnaie, l’euro, circule maintenant à Berlin, à Rome ou à Paris. Cette monnaie est le merveilleux symbole du lien économique qui unit profondément les ennemis d’hier. La Paix entre les peuples européens apparaît aujourd’hui comme presque définitive. Dans cette belle et réjouissante évolution, les responsables politiques et syndicaux français sont malheureux. Ils veulent bien profiter des richesses qu’offrent la liberté d’entreprendre et la concurrence. Mais ils veulent en même temps maintenir sur les entreprises françaises les innombrables contraintes qu’ils ont édifiées depuis 60 ans. Ils exposent la Poste française à la concurrence de la poste néerlandaise, mais veulent maintenir en même temps le statut très favorable, mais très coûteux, des postiers français. Ce qui rend la distribution du courrier par la Poste française trois fois plus cher que par la poste néerlandaise. Ils veulent bien laisser le courant électrique anglais alimenter les Français, car on le paye bien moins cher, mais ils veulent en même temps conserver les solides retraites données à EDF. Ils ont ainsi été obligés de créer en France un impôt nouveau pour payer les retraites des agents d’EDF. Ils veulent bien importer des voitures de toute l’Europe, mais ils augmentent de plus en plus rapidement le SMIC en France. Peugeot installe ses usines en Tchéquie. De ce fait, l’économie française se porte mal. Nos responsables sont parfaitement conscients du problème. Ils ont alors trouvé la solution miracle : construire l’Europe Sociale. La France maintient toutes les contraintes qui pèsent sur son économie, mais elle demande à tous les autres pays européens de faire comme elle. Elle veut exporter son complexe système de répartition des revenus. Elle veut construire l’Europe Sociale à la française, d’autant plus qu’en France la droite et la gauche croient que notre système est le meilleur du monde. Nos partenaires européens nous écoutent de moins en moins et se moquent de plus en plus de nous. Ils voient en effet que notre système social fonctionne très mal, et ils n’en veulent pas pour l’Europe. La France a maintenant fait en Europe l’unanimité : aucun pays ne veut adopter le système français. L’Europe Sociale, telle que la rêvent la gauche et la droite française ne sera pas. C’est une évidence politique. La France est maintenant au pied du mur. Ou elle maintient les contraintes qui rendent ses entreprises privées ou publiques non compétitives, et nous sombrons. Le chômage et la pauvreté vont nous envahir. Ou elle imagine une politique sociale reposant sur le dynamisme de ses entreprises, et nous gagnerons. Le plein emploi et la richesse suivront.
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Fabius
Pour se démarquer des autres prétendants socialistes à la course élyséenne, M. Fabius menace de voter non au référendum sur le traité de Constitution européenne. Les Français doivent savoir que ce chantage concerne le traité de Maastricht, dont il fut un fervent défenseur… Sans aucune honte, M. Fabius critique SA politique européenne. Il considère aujourd’hui que le pacte de stabilité et la libre concurrence économique sont pénalisants et il n’accepte plus son traité, car il remet en cause les services publics… Je ne crois pas que cet homme soit incompétent, je pense plutôt qu’il est opportuniste. La France a un besoin urgent de gouvernants avec une véritable vision pour l’avenir. Elle est fatiguée de ces carriéristes et de leurs pirouettes. Chamouton.jl@wanadoo.fr
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