de Beaufort Hubert - vendredi 11 novembre 2011
fiscalite
L’agence Moody’s avertit la France d’un déclassement possible. Notre chômage augmente : retrouvons le chemin de la croissance.
L’agence de notation Moody’s a averti qu’elle jugerait dans trois mois si la France conservera sa note triple A (AAA) en la plaçant sous surveillance. Il faut prendre conscience du bouleversement géopolitique qu’implique l’intervention des agences dans la gestion des Etats. C’est une véritable révolution, une novation du XXIème siècle sans précédent historique : une nouvelle forme de supra-national qui décide presque, à la limite, de la vie ou de la mort des nations.
On rétorquera que les agences portent des diagnostics, sans pouvoir de décision. Nous estimons que c’est inexact, puisque les créanciers se basent sur ces jugements pour décider des taux consentis aux Etats débiteurs.
Au niveau macroéconomique, on assiste à ce paradoxe que plus le malade s’affaiblit, plus il est saigné, puisque les taux d’intérêt consentis s’envolent, pouvant passer de 3 % à 20 % ou davantage, lorsque la note est abaissée.
Il est vrai que l’Europe, avec l’Allemagne en première ligne, avait créé le Fonds Européen de Stabilité Financière, le FESF, pour aider, avec le FMI, les Etats en difficulté.
La conférence de Bruxelles a accouché dans la douleur d’un accord qui arrête l’hémorragie et sauve la Grèce de la faillite en effaçant 100 milliards de dettes prises en charge par les banques qui devront renforcer leur fonds propres. Le fonds européen sera, quant à lui, porté à 1 000 milliards d’euro avec un fonds extérieur qui verra naissance. La bourse salue la réussite européenne.
Concernant les causes de la faillite grecque, il sera toujours temps de rechercher les responsabilités, à commencer par celle de Goldman Sachs qui a certifié les comptes avant son entrée dans l’Euro.
L’enfer fiscal ne résoudra rien
Revenons en France : le chômage reprend et PSA Citroën annonce des licenciements. Notre compétitivité est en cause et même le président de la commission de finances, le socialiste Jérôme Cahuzac le reconnaît en déclarant : « les entreprises n’ont pas les moyens d’investir ».
Malheureusement, l’augmentation des prélèvements obligatoires prévu tant par la majorité que par l’opposition démontre, à notre sens, à quel point la situation mériterait le consensus national que nous préconisons depuis plusieurs mois pour un diagnostic macroéconomique objectif. Avec nos 44 % de prélèvements, contre 40 % pour la moyenne européenne, toujours plus d’impôt n’est pas la solution. On ne saigne pas un malade déjà affaibli.
Résumons encore une fois un diagnostic qui se résume en trois points :
1- Nous avons perdu la moitié de notre potentiel industriel en 25 ans.
2- Notre balance commerciale est gravement déficitaire.
3- Nos dépenses d’Etat s’élèvent à 56 % du PIB contre 48 % en Allemagne, soit 160 milliards d’euro. Pourquoi ? C’est la vraie question.
Dans un tel contexte, le débat sur les niches fiscales est dérisoire, alors que nos prélèvements fiscaux et sociaux dépassent de quatre points la moyenne européenne.
Devant une crise économique et sociale majeure, les Français ont droit à la vérité. Chers lecteurs, militez pour faire connaître ces vérités, en faisant vôtre trois évidences : « on ne peut consommer que ce que l’on produit, nos échanges commerciaux et nos budgets doivent être équilibrés, l’enfer fiscal ne résoudra rien ».
Espérons que le débat présidentiel portera sur les vrais problèmes de la France, à commencer par celui de la création de richesses. Le redressement est possible, l’Allemagne l’a démonté en Europe : suivons les bons exemples.
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