Rouxel Jean - mercredi 06 septembre 2006
Le 31 août, l’Iran a franchi un seuil, enne cédant pas à l’ultimatum de l’ONU lui enjoignant de stopper l’enrichissement de l’uranium sur son sol. Pourtant, le Conseil de sécurité demeure hésitant. Bien qu’ayant votéla résolution 1696, qui prévoit des sanctions graduées, politiques et économiques, devant faire l’objet de résolutions ultérieures, Moscou et Pékin proclament leur réticence à des sanctions. Bush essaie de les convaincre de changer d’attitude.
Toujours aussi aboulique, l’Union européenne donne à l’Iran un délai « court », mais sans date butoir, pour se mettre en règle. Le Conseil de sécurité fera-t-il plier l’Iran ? Il ne lui suffira pas de bloquer des comptes bancaires, et d’empêcher les dirigeants de voyager, hors du pays. Russes et Chinois semblent décidés à opposer leur veto à un véritable embargo économique. Les Iraniens menacent. Le Majlis (Parlement) va examiner un projet de loi visant à suspendre l’entrée des inspecteurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) en Iran. Le gouvernement exerce un chantage à la crise pétrolière, et au terrorisme (au Proche-Orient et ailleurs), si le Conseil de sécurité édictait des sanctions économiques. Washington observe l’ONU et attend son heure. Dans la crise iranienne, l’ONU semble vouée à l’impuissance, comme dans celle du Liban. Depuis le retrait israélien du Liban, en 2000, la Finul 1, recroquevillée sur elle-même, n’avait pas vu les livraisons d’armes au « Parti de Dieu », ses entraînements, tout ce qui en a fait une redoutable milice. Réduite à observer, elle ne l’avait pas fait correctement. La Finul 2, plus étoffée, n’a pas d’objectifs et d’ordres précis. On parle de « légitime défense élargie » : cela ne veut rien dire. Elle n’a pas mandat de désarmer le Hezbollah. Celui-ci, qui s’emploie à restaurer ses arsenaux, demeure une arme entre les mains de l’Iran, qui fait mine de soutenir la résolution 1701 ayant instauré la trêve. L’impuissance de l’ONU dans les crises iranienne et libanaise, prolonge celle manifestée face à la course aux armements nucléaires de la Corée du Nord. Bafouant les interdictions de l’AIEA, Pyongyang a quitté le Traité de non-prolifération nucléaire (TNP), en 2003. Protégé par la Chine, il développe son programme nucléaire et il multiplie les essais, provocateurs, de missiles. L’impuissance de l’ONU rappelle celle de son ancêtre, la Société des Nations (SDN), à l’orée de la Seconde Guerre mondiale. Ce n’est pas de bon augure ! ........
Allez plus loin sur le Web:
-http://www.iranwatch.org/ : Iran Watch is a comprehensive web site that monitors Iran's ability to construct weapons of mass destruction. http://www.iaea.org/ : The IAEA is the world´s center of cooperation in the nuclear field
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