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L’Ossétie du Sud… ou les Sudètes ?


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Pagès-Schweitzer Jean-Pierre - mercredi 03 septembre 2008

russie, allemagne
En 1933, lorsque Adolf Hitler devient Chancelier, il y a, en Tchécoslovaquie, environ 3 250 000 Allemands, occupant les districts sudètes, situés au pourtour de la Bohème et de la Moravie.

Dès 1937, la Wilhemstrasse apporte son soutien financier, à hauteur de 15 000 marks par mois, au Parti allemand des Sudètes, qui a été fondé, en 1933, par un professeur de gymnastique, Konrad Heinlein. Bien que les Sudètes n’aient jamais été rattachés à l’Allemagne, mais à l’Autriche, le parti de Herr Heinlein demande son « retour » à la patrie de Goethe.

Le 20 mai 1938, le général Keitel présente au Führer le « Cas vert », un plan d’action-éclair, en cas de « provocation intolérable » à l’égard de l’Allemagne, destiné à écraser l’armée tchécoslovaque et à occuper la Bohème et la Moravie, « le plus vite possible ».

De son côté, le Dr Joseph Goebbels déclenche une campagne médiatique, dénonçant la « Terreur tchèque » s’exerçant sur les Allemands des Sudètes. Il n’utilise pas le terme de « nettoyage ethnique », car cette expression n’est pas encore en usage…

La Tchécoslovaquie mobilise et renforce ses fortifications, dans les montagnes des Sudètes. Ces fortifications considérables, comparables à la Ligne Maginot ne peuvent être percées par l’armée allemande, si l’on en croit les déclarations, lors du procès de Nuremberg, du général Alfred Jodl, chef d’état-major des armées.

Le Président Benès, se tournant immédiatement vers ses alliés (la Grande-Bretagne et la France), reçoit des Premiers ministres Neville Chamberlain et Édouard Daladier, des assurances du soutien de leurs pays…, mais aussi le conseil de « se montrer extrêmement conciliant avec les Allemands des Sudètes ».

Le 10 septembre 1938, au Congrès annuel de Nuremberg, le Reichmarschall – j’ai nommé Hermann Goering – déclare : « Un minuscule segment de l’Europe, tient en alerte la race humaine… » Hitler, de son côté, reçoit Herr Heinlein et lui demande d’organiser un « corps franc des Sudètes ».

Le 13 septembre, à la suggestion de Daladier, Chamberlain demande une audience au Chancelier du Reich. Il est reçu le 15 septembre, à 16 heures, au Berghof (Berchtesgaden). Hitler lui déclare : « Il ne s’agit plus désormais d’accorder l’autonomie aux Allemands des Sudètes, mais bien de réunir cette région à l’Allemagne ». Il lui assure néanmoins qu’il s’agit là de sa dernière revendication territoriale, et qu’après cela, il n’aura aucune exigence territoriale à formuler en Europe.

Chamberlain rentre à Londres, où il déclare : « J’eus l’impression que c’était un homme sur qui l’on pouvait compter, quand il avait donné sa parole ».

Le 22 septembre, dans l’après-midi, Chamberlain rencontre à nouveau Hitler, cette fois-ci en Rhénanie, à Gotesberg, à l’Hôtel Dreesen, où le Führer va souvent s’isoler, avant de prendre une décision. C’est d’ailleurs de cet hôtel qu’il partit, le 29 juin 1934, pour « la nuit des longs couteaux ». Ce 22 septembre donc, Hitler remet à Chamberlain, un mémorandum stipulant qu’il « exige que la zone des Sudètes soit immédiatement occupée par l’Allemagne… au plus tard le 1er octobre ». Le gouvernement français rejette ce mémorandum le 24 septembre, et décrète la mobilisation générale.

Le 29 septembre 1938, le Chancelier du Reich invite à nouveau Chamberlain, ainsi que Daladier… et le Duce, à le rencontrer à Munich, à la « Führerhaus », située sur la Königsplatz. Aucun représentant de la Tchécoslovaquie ne participe à cette réunion. La réunion, assez informelle, débute à 12 heures 45 ; elle se termine le lendemain à 1 heure du matin, par la signature de l’Accord de Munich qui stipule que « l’armée allemande entrera en Tchécoslovaquie le 1er octobre 1938, et que l’occupation des Sudètes devra être achevée avant le 10 octobre ». L’interprète attestera plus tard que tout s’est passé « dans la plus grande cordialité ».

Le 5 octobre, le Président Benès résigne ses fonctions et prend l’avion pour Londres. On connaît la suite. Il convient peut-être de se demander, aujourd’hui, si le concept national-socialiste de « Lebensraum » est importable…

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