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L’affaire DSK : un tournant dans la vie politique française


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Rouxel Jean - mercredi 18 mai 2011

dsk, parti-socialiste
Quelle que soit l’issue (je veux dire : même dans l’hypothèse, toujours possible à l’heure où j’écris ces lignes, où le directeur général du FMI serait innocent du viol dont on l’accuse aux États-Unis), l’affaire Strauss-Kahn constitue un fait politique majeur.

La première chose qui saute aux yeux, en écoutant ou en lisant les commentaires, c’est que les hommes politiques français n’imaginent pas la justice comme indépendante de la politique. Je note, en particulier, que presque aucun n’a évoqué la victime, ce qui en dit long sur leur prétendu amour du peuple !

En comparaison, la justice américaine a fait la preuve d’une remarquable indifférence à la distance séparant la plaignante de l’accusé, ce qui me semble le B.A.-BA d’un État de droit !

Par ailleurs, et toujours avant de penser à Strauss-Kahn, je pense à l’image de notre pays dans le monde. Que nous le voulions ou non, la France sera associée à cette tentative de viol, réelle ou supposée, et l’image restera.

Passons maintenant à Strauss-Kahn lui-même. Il est clair que, même innocenté, il aura du mal à revenir dans la course pour les primaires socialistes.
Je ne suis pas sûr que ce soit une bonne nouvelle pour ses concurrents socialistes, qui gagneraient alors par défaut.

Est-ce une bonne nouvelle pour la droite ? Dans la mesure où « DSK » était, selon les médias, le « meilleur candidat pour battre Sarkozy », sans doute. Mais j’ai toujours douté que Strauss-Kahn corresponde à cette définition. Il me fait l’impression d’un Delors : excellent candidat avant la campagne, mais qui volerait en éclats pendant la campagne.

La vraie question politique, me semble-t-il, concerne le positionnement de celui qui emportera la primaire socialiste. Sera-t-il social-démocrate, façon Strauss-Kahn ou Hollande, ou crypto-communiste, façon Aubry ou Hamon ? Il n’est pas certain que ce choix aura une influence sur la primaire (même si un gauchiste a plus de chances d’être élu qu’un social-démocrate), ni même sans doute sur l’élection présidentielle (même si, alors, un social-démocrate a plus de chances d’être élu) : le désir d’alternance peut tout à fait fonctionner indépendamment du programme. Mais ce choix aura des conséquences sur l’après 2012… et c’est, après tout, le plus important !

En tout cas, cette affaire montre à quel point les sondages, l’enthousiasme médiatique, et l’opinion manipulée peuvent se tromper. Quand on pense que, voici quelques jours à peine, Strauss-Kahn était présenté comme une sorte de messie !

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