Milliere Guy - dimanche 27 mars 2005
J’étais aux États-Unis quand l’affaire Giuliana Sgrena a éclaté. Ce que j’en ai entendu à mon retour en France n’a pas fait grandir en moi l’estime que je pourrais éventuellement porter aux grands médias de mon pays.
De quoi s’agit-il en fait ? Une journaliste communiste, anti-occidentale, anti-américaine et fière de l’être, pousse sa fascination pour les crapules terroristes qui tuent en Irak jusqu’à chercher à les approcher. À sa surprise, les crapules terroristes, plutôt que de lui accorder une interview et de comprendre qu’elle est un compagnon de route, décident de l’enlever, de menacer sa vie, et de la pousser à parler devant une caméra où elle tiendra un discours qu’elle aurait pu tout aussi bien tenir en liberté : « Les troupes italiennes doivent se retirer d’Irak ».
L’opinion occidentale en général et l’opinion italienne en particulier se trouvant agitées par la presse concernant le sort de la journaliste communiste, le gouvernement italien procède à des tractations avec les crapules terroristes. Des agents des services secrets italiens sont dépêchés sur place. Une rançon est versée. La journaliste communiste est relâchée. La voiture qui la reconduit vers l’aéroport de Bagdad se trouve mitraillée. La journaliste communiste est blessée. Un agent italien est tué.
À partir de ce moment, deux versions des faits s’affrontent. L’armée américaine affirme, plusieurs témoignages à l’appui, que la voiture roulait à vie allure et n’a ni respecté les consignes de sécurité, ni informé les autorités en charge de la surveillance du secteur. Une enquête aura lieu et ses résultats seront rendus publics. Une deuxième version est celle de la journaliste communiste : la voiture roulait doucement, et elle a été mitraillée délibérément par l’armée américaine. La moindre des décences aurait été que les journalistes qui se sont emparés de l’affaire demandent à la journaliste communiste ce qu’elle aurait pu avoir à dire de gênant. Cela n’a pas été fait, bien sûr. La moindre des décences aurait été aussi que les journalistes qui se sont emparés de l’affaire confrontent les dires de la journaliste communiste aux déclarations des soldats américains, et enquêtent eux-mêmes sur les faits. Cela n’a pas été fait non plus. On a assisté, au contraire, à une entreprise de propagande où seule la version de la journaliste communiste a été entendue.
Les médias ont montré, une fois encore, qu’ils ne valaient décidément pas mieux que la Pravda sous Brejnev, et qu’ils agissaient désormais en zélateurs du nouveau totalitarisme islamique.
L’autre morale de cette histoire est que des ennemis de l’Occident, tels cette journaliste communiste, sont prêts à prendre n’importe quel risque par frénésie idéologique, sont prêts, même otages des ennemis de l’Occident, à se faire encore les alliés des ennemis.
S’il existait encore un peu de dignité en France et en Italie, on aurait dit que la journaliste communiste a pris des risques et doit les assumer, on n’aurait pas payé de rançon de façon à montrer que le crime ne paie pas. On se serait scandalisé qu’un agent des services italiens ait dû risquer sa vie et la perdre pour sauver une personne qui avait davantage en commun avec ceux qui l’avaient prise en otage qu’avec les défenseurs de la société ouverte. On se serait attristé de la mort de cet agent, mort pour une opération qu’il n’aurait pas eu à mener si son gouvernement n’avait fait preuve de mansuétude vis-à-vis de la journaliste communiste. On n’aurait pas donné la parole après l’incident à la journaliste communiste ou, pour le moins, on aurait considéré que ses déclarations relevaient de l’abjection. On aurait compris que l’Irak est un pays où des ennemis de la liberté sont prêts à tout pour tuer et où des soldats doivent pratiquer le métier difficile et dangereux de sentinelles de la liberté, où, quelquefois, c’est en une seconde que doit se prendre une décision où il peut en aller de la vie ou de la mort de dizaines d’êtres humains…
Giuliana Sgrena a pris des risques inutiles, par fanatisme. Un agent secret italien a perdu la vie, parce que son gouvernement a cédé aux pressions médiatiques. Les médias ont montré qu’ils étaient déjà asservis, idiots utiles de l’islamisme. Je rends hommage ici aux soldats américains et à Nicola Calipari. J’affirme mon mépris pour Giuliana Sgrena et pour les médias français et italiens qui encouragent les assassins.
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