Rouxel Jean - samedi 24 janvier 2004
En 1997, mal inspiré par Dominique de Villepin, Jacques Chirac procéda à la dissolution de l’Assemblée nationale, ce qui valut à la France d’avoir un nouveau gouvernement socialo-communiste pendant cinq ans. En 2004, influencé par une poignée d’intellectuels et un politicien raté, le Président de la République se mit en tête de faire voter dans l’urgence une loi destinée à interdire le port du voile islamique dans les écoles publiques. Il est à craindre que ce soit le début d’une nouvelle catastrophe politique…
L’affaire du foulard islamique, pour lancinante qu’elle soit depuis au moins vingt ans, n’en était pas moins de portée très limitée, même si deux fillettes, de parents juifs et musulmans, avaient dû être exclues, presque en direct à la télévision, d’un lycée d’Aubervilliers. Les plus avisés de nos politiciens, Nicolas Sarkozy en tête, étaient opposés au principe d’une nouvelle loi, considérant qu’une simple instruction ministérielle suffirait largement.
Dès l’apparition du rapport Stasi, dans la foulée de l’intervention présidentielle, il apparut vite que l’unanimité apparente dégagée au sein de cette Commission faussement représentative, n’était qu’une illusion. Aucun représentant d’aucune famille religieuse n’approuvait franchement la démarche. Les pays étrangers nous regardent avec des yeux ronds,
non seulement dans les pays arabo-musulmans, où des manifestations hostiles à notre pays se comptent par dizaines, mais aussi dans les autres pays occidentaux, évidemment moins marqués que nous par notre intolérance « révolutionnaire ». De bons juristes en sont même à se demander si le projet de loi qui va être déposé d’un jour à l’autre sur le bureau de l’Assemblée nationale ne serait pas tout simplement inconstitutionnel parce qu’en contradiction avec l’article 1 de notre Constitution, qui indique que la République « respecte toutes les croyances ».
Comme si cela ne suffisait pas, on attend, au début du mois prochain, la remise au Premier ministre d’un deuxième rapport Stasi. Ce document comportera des propositions afin de mettre en place une autorité administrative indépendante pour lutter contre toutes les discriminations. Et cela au moment même où, avec la nomination d’un préfet issu de l’immigration, la France s’engage sur le terrain glissant de la « discrimination positive »…
Finalement, sur cette affaire comme sur plusieurs autres, le gouvernement apporte surtout la preuve de sa maladresse. Laquelle s’ajoute à sa naïveté quand il s’imagine pouvoir, aujourd’hui ou jamais, concilier Islam et laïcité.
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