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L’anticommunisme : socle de l’entente à droite


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Baudouin Pierre - dimanche 12 décembre 2004


Les 4 Vérités est une publication clairement engagée en faveur de l’entente à droite. Concrètement, cela signifie que nous nous opposons au « front républicain » qui réunit la gauche et la droite pour faire barrage au Front national. Et qu’au contraire, nous sommes favorables à ce qu’au second tour de chaque élection, les candidats malchanceux de droite appellent à faire barrage à la gauche, en soutenant le candidat de droite le mieux placé.
Pourtant, l’entente à droite n’est pas d’abord une tactique électoraliste. Elle est essentiellement un choix idéologique. Nous croyons que ce qui unit les partis de droite est plus important que ce qui les sépare. Et, plus encore, que ce qui unit les différents partis de droite est plus important que ce qui pourrait unir un parti de droite et un parti de gauche.
En attendant que cette entente à droite puisse devenir une réalité concrète, il est évident que nous regardons avec attention ce qui se passe à gauche. Car, avec « l’union de la gauche » ou « la gauche plurielle », la gauche a fait la preuve de sa capacité à s’unir.
Pourtant, elle n’est pas exempte de fortes divergences idéologiques. Il faut se souvenir que les hommes politiques les plus anticommunistes de la ive république étaient, souvent, socialistes. Rappelons-nous, par exemple, la répression des grèves de 1947 par Jules Moch… Il n’allait donc nullement de soi qu’un « patron » du Parti socialiste se vante devant la représentation nationale d’avoir des ministres communistes, comme le fit naguère Lionel Jospin !
Bref, la « gauche plurielle » n’est pas plus « naturelle » que la « droite diverse »…
Mais il est certain qu’aucune entente à droite ne sera possible tant que le « révisionnisme » sera à sens unique, comme c’est le cas actuellement.
Ce que l’on nomme « révisionnisme », aujourd’hui, c’est le déni des crimes national-socialistes, supposés crimes de la droite dure.
Pourtant, cette situation de fait se heurte à deux objections majeures. D’une part, il est extrêmement douteux que le nazisme se situe politiquement à la droite de la droite. Ne perdons pas de vue qu’il se vanta lui-même, à de nombreuses reprises, de son « progressisme » ou même de son caractère « révolutionnaire » - ce qui n’a rien de particulièrement droitier. Par ailleurs, dans ses réalisations concrètes, on ne se souvient pas qu’il ait marqué son attachement à la dignité de la personne humaine, aux libertés économiques, ni même à la patrie (combien de fois Hitler rabroua-t-il certains patriotes allemands en leur disant qu’il se battait pour une hypothétique race indo-européenne et qu’il était prêt à sacrifier à cet intérêt toute l’Allemagne et tous les Allemands…).
Et ne disons rien de l’eugénisme et du relativisme moral qui sont aujourd’hui la marque de la gauche et qui caractérisèrent si clairement le IIIe Reich !
Bref, que le national-socialisme soit de droite est tout sauf certain !
La deuxième objection n’est pas moins importante. Elle concerne le deuxième totalitarisme du xxe siècle : le marxisme-léninisme.
Pourquoi serait-il pénalement répréhensible de minimiser les crimes nazis et moralement recommandable de minimiser les crimes communistes ?
Tant que cette grave dissymétrie persistera, la gauche possédera un précieux avantage idéologique. La droite a accepté le double diktat que lui a imposé la très nette supériorité culturelle de la gauche : elle a reconnu l’appartenance du national-socialisme à son propre camp ; et elle a admis que les « erreurs » du « communisme réel » n’étaient pas imputables aux « sublimes » idéaux marxistes-léninistes. Ces deux présupposés sont manifestement faux, mais ils forment les « colonnes du Temple », auxquelles il serait iconoclaste de toucher… Par voie de conséquence, l’unité culturelle de la gauche ne pose aucune difficulté idéologique majeure, tandis que l’unité de la droite s’éloigne toujours davantage.
C’est la raison pour laquelle l’anticommunisme, dont l’actualité concrète n’apparaît sans doute plus clairement à la plupart des hommes de droite, reste absolument fondamental.
Il est, en effet, non seulement un ferment de division au sein de la gauche politique et surtout de la gauche culturelle, mais encore un facteur d’unité de la droite.
Tant que nous n’aurons pas, au minimum, un traitement équivalent du national-socialisme et du marxisme-léninisme, il est vain d’imaginer que nous puissions mettre en place les mécanismes fondateurs de l’entente à droite.
En revanche, dès que le révisionnisme philo-marxiste sera condamné aussi sévèrement que le révisionnisme philo-nazi, le jeu politique sera, à nouveau, ouvert !
Il convient donc tout à la fois de revendiquer une symétrie parfaite de traitement entre la gauche et la droite et de rappeler que la gauche porte, presque seule, la responsabilité des massacres du xxe siècle. Les vrais révisionnistes sont les philo-communistes de la « gauche plurielle ». À nous de les rappeler à leurs responsabilités !

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