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L'après Bush commence


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Milliere Guy - jeudi 18 décembre 2008

bsuh
Il va certes s’écouler des années avant que les historiens se penchent scrupuleusement sur la présidence Bush. Je sais qu’aujourd’hui le mépris, la haine et l’ironie condescendante des imbéciles règnent. Je sais le poids des modes, des engouements, des conformismes et je connais l’histoire des moutons de Panurge.

Au point où nous en sommes, si George Bush sauvait une vieille dame de la noyade, on l’accuserait d’avoir eu de sombres intentions et, s’il offrait un repas à un déshérité, on l’accuserait d’avoir voulu empoisonner le malheureux. Néanmoins, je trouve le traitement médiatique subi par George Bush ces dernières années répugnant. Et je ne doute pas que, dans deux ou trois décennies, on lui rendra justice.

Tout d’abord, George Bush a été un homme droit et bon, pendant toutes ses années à la Maison Blanche. Je dispose d’assez de témoignages pour remplir un livre sur ce sujet. Ce genre de qualités fait sourire chez les gens supérieurement intelligents, mais pour moi, qui ai passé ma vie à étudier, cela compte ! Le caractère d’un homme en dit long sur lui, très long. C’est parce qu’il y a eu, très régulièrement, dans l’histoire des États-Unis des hommes dotés d’un caractère de ce genre que le pays est toujours debout et que les valeurs de la liberté n’y sont pas mortes.

J’ajouterai que Bush est un homme imprégné des valeurs du judaïsme et du christianisme, et qu’il s’est efforcé de gouverner selon ces valeurs. Et cela compte aussi à mes yeux car, à la différence des gens supérieurement intelligents, je sais que ce sont ces valeurs qui ont fondé la civilisation qui a donné naissance, entre autres, au droit naturel, à la démocratie, à la connaissance et à l’esprit d’entreprise.
On reprochera à Bush la situation financière et économique actuelle et on tentera de lui imputer des erreurs commises avant lui et qu’il n’est, c’est vrai, pas parvenu à corriger. On lui imputera aussi les erreurs qui se commettront bientôt sous Obama. Chez ces gens-là, on n’a guère de scrupules et, surtout, on a beaucoup de cynisme.

On oubliera vite que le terrorisme islamique, qui avait grandi sous la présidence Clinton, a, après les attentats du 11 septembre, reflué au fil du temps : il faudra du temps pour voir que ce reflux a été dû à la politique impulsée par Bush.

On ne dira pas pourquoi il était important de mettre fin à la dictature en Irak et que, si cela a suscité chez certains des rancœurs, il en a résulté, aussi et surtout, dans le monde arabe, des interrogations sur le sous-développement de ce même monde arabe et sur la tolérance de celui-ci pour les tyrans. Là encore, il faudra du temps pour voir que la fin de la dictature en Irak, les interrogations sur le sous-développement du monde arabe qui en ont découlé, et les conséquences de ces interrogations, doivent beaucoup à la politique visionnaire de George Bush.

Lorsqu’on parlera de l’Asie, où vit plus du tiers de l’humanité, on ne dira pas quelle a été la lucidité inhérente à la politique asiatique menée pendant la présidence Bush. Les liens avec le Japon, la Corée du Sud, l’Inde, l’Australie, ont permis d’endiguer la Chine sans jamais parler d’endiguement, et la Chine a été intégrée davantage aux interdépendances de la mondialisation tout en restant sous une surveillance précise, mais discrète. L’Europe a pu continuer à croître doucement et à vieillir à l’ombre de la défense américaine sans se voir demander trop d’efforts et sans avoir à montrer de gratitude : on le discernera en Europe quand la défense américaine s’estompera, ce qui ne saurait tarder sans doute.

Ceux qui aujourd’hui pratiquent la détestation, le mépris, la haine, l’ironie finiront par comprendre, trop tard. Peut-être ne comprendront-ils jamais. Qu’importe. Les hommes qui laissent une trace féconde dans l’histoire reçoivent rarement la reconnaissance de leurs contemporains. Il est plus facile d’être un démagogue.

L’après-Bush commencera officiellement le 21 janvier. En réalité, il a déjà commencé. Qui osera dire que les crimes commis récemment à Bombay constituent une première tentative de défaire ce que Bush a tenté de faire, et que cette tentative sera sans doute suivie d’autres tentatives, qui auront la couleur du sang plus que celle de la liberté ? On va vite voir ce que les démagogues font, face à la brutale âpreté du réel.

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