enseignement du gender
Offre gratuite !
La version papier :
pendant 4 semaines dans
votre boite aux lettres
Cliquez ici
Notre lettre d'infos

L’art contemporain : une imposture


envoyer cet article à un ami
Imprimer cette page


Voter pour cet article
50 VOTES
3422 LECTURES

Lassieur Pierre - mercredi 05 septembre 2007


Le 8 août, on a appris que deux toiles et un dessin de Picasso avaient été retrouvés. Estimés 50 millions d’euros, ils avaient été volés en février à une petite-fille du peintre. C’était une bonne nouvelle financière pour elle. En revanche, leur valeur esthétique est égale à zéro.
Ayant débuté dans un style classique, Picasso avait vite compris que le XXe siècle serait celui de l’épate et aussi celui de la décomposition. D’où une œuvre surabondante dont chacun a en mémoire quelques exemples, où voisinent des visages bigleux, des membres tordus et des nichons au milieu du pubis. Cela ne faisait toutefois qu’amplifier la tendance de l’époque.

Apparue au milieu du XIXe siècle, la photo avait porté à la peinture un coup terrible. Peu à peu les commandes de portraits sont tombées à un niveau proche de zéro. Pour survivre, les peintres se sont éloignés de la réalité. Ils ont continué de copier la nature, mais déformée par leurs rêves.

Est venu l’impressionnisme (Monet, Renoir, Pissaro, Sisley…), plutôt vaporeux, qui a cohabité avec des œuvres au dessin plus affirmé (Van Gogh, Cézanne, Gauguin…). Le plus grand reproche fait à une toile serait désormais d’être « photographique ». Pourtant, entre 1730 et 1850, des artistes avaient bien produit des paysages à la fois très précis et empreints d’une subtile poésie (les Italiens Canaletto et Guardi, les Français Hubert Robert, Joseph Vernet et Corot, par exemple). Il faut croire que la veine était tarie.

Outre la concurrence de la photo, a joué la misère des impressionnistes durant la première moitié de leur carrière, alors que les peintres conformistes, de maigre talent, dits « pompiers », s’enrichissaient. Le mythe du peintre maudit était né. Les amateurs d’art auraient dès lors la crainte obsessionnelle de passer à côté du génie méconnu sans le voir, comme l’avaient fait leurs pères à l’égard des impressionnistes.
À partir de 1900 environ, toute une escouade de peintres s’est donc donné pour but de répondre à cette obsession en épatant le bourgeois. L’entreprise a réussi au-delà de leurs espérances, puisque Picasso est le peintre le plus cher du monde, dépassant les plus grands maîtres, même Rembrandt.

La déformation ayant supplanté la beauté des formes, pourquoi s’arrêter en si bon chemin ? Tant qu’à faire, on pouvait aller jusqu’à l’abstraction. On a alors vu se multiplier « d’immenses talents », reconnus comme tels, dont les œuvres (?) pourraient être fabriquées en peu de temps par n’importe quel élève de maternelle, le nec plus ultra consistant en une toile uniformément revêtue d’un badigeon monocolore. Parallèlement, des plaisantins ont créé des formes dépourvues du moindre intérêt, telles que deux ou trois lettres majuscules type imprimerie se chevauchant, ou des portraits absolument photographiques, revenus en faveur, ou encore une phrase en gros caractères d’école primaire de jadis qui constitue à elle seule le tableau (par exemple : ne pas dater, ne pas signer.) !

Les plus réputés de ces « artistes » atteignent, en vente publique, des centaines de milliers d’euros, voire un million et plus (64 millions de dollars à New York en mai dernier pour un Andy Warhol).

Comment expliquer l’énorme hiatus entre la très faible qualité de la marchandise vendue et son prix astronomique ? Le nombre des acheteurs opérant sur le marché de l’art s’est prodigieusement accru. Aux Américains et aux Japonais se sont ajoutés les émirs, les Russes, les innombrables milliardaires sécrétés par la croissance. La plupart n’ont qu’une faible culture et aucun goût. Soucieux avant tout de faire fructifier leur capital, ils demandent conseil aux vendeurs professionnels, qui lancent les réputations et contrôlent les prix comme, en Bourse, on fait monter ou descendre un titre. Les gogos étant de plus en plus riches et de plus en plus nombreux, tenir le marché de l’art est donc très lucratif.

Enfin, la laideur, la dérision, l’autodestruction, l’attrait du néant sont des caractères de notre époque. On les rencontre non seulement dans la peinture et la sculpture, mais aussi dans la « grande » musique et la musique populaire, dans la littérature et la philosophie.
Les metteurs en scène de théâtre parviennent à défigurer les classiques au moyen de décors et de costumes anachroniques et misérabilistes. Même s’ils ne les ont pas lus, les « artistes-peintres » d’aujourd’hui sont les fils de Sartre et d’Albert Camus, les prophètes de l’absurde et du néant.

Recommander cet article sur les sites de syndication d'information :


23 commentaires - Ecrire un commentaire


Recevez gratuitement
la version papier,
pendant 4 semaines !

Cliquez ici

En bref
Raffineries
L’Iran, qui manque d’essence faute de capacités suffisantes de raffinage, va prendre une participation de 34 % dans la Société africaine de raffinage (SAR) détenue par l’État sénégalais, et l’alimenter en brut.

Divers faits
Propagande > Le président Ahmadinejad a affirmé qu’il ne s’opposerait pas au projet du réalisateur hollywoodien Oliver Stone de tourner un documentaire sur sa vie.

Apaisement > L’armée israélienne va limiter les exercices à proximité de la frontière avec la Syrie, afin d’apaiser les tensions avec le régime de Damas.

Nucléaire > Le roi Abdallah II de Jordanie a ordonné d’accélérer le développement d’un programme nucléaire civil.

Iran > Le lieutenant général Roy Odierno, numéro deux de l’état-major américain en Irak, a dit que la guérilla chiite en Irak reçoit davantage d’armes, de munitions et d’entraînement de la part de l’Iran depuis deux mois.

Femmes > C’est en envoyant Cécilia en reconnaissance auprès d’Aïcha, la fille chérie de Kadhafi, que Nicolas Sarkozy a amadoué le dictateur libyen au sujet des infirmières bulgares.

Caricature > L’Iran, le Pakistan et l’Organisation de la Conférence islamique (OCI) ont protesté contre la parution, le 18 août, d’une caricature représentant Mahomet avec un corps de chien - animal impur dans le monde musulman - dans un petit journal suédois de province.

La fin > La santé du président algérien Abdelaziz Bouteflika - visiblement exténué - continue à se détériorer.




Plan du site