Sadot Philippe - dimanche 09 octobre 2005
Le 28 septembre dernier, un commando hélitreuillé du GIGN reprenait possession d’un bateau de la SNCM tenu par une vingtaine de syndicalistes du Syndicat des Travailleurs Corses (STC). Trois jours plus tard, les quatre derniers membres sortaient triomphalement du palais de justice de Marseille sous les vivats de quelques sympathisants. Cet épisode est encore l’illustration du non-respect de l’État de droit dont bénéficie l’Île de Beauté et les quelques partisans de son indépendance. Un petit rappel semble nécessaire à nos politiques pour situer le problème. La Corse n’a jamais été indépendante légalement : province romaine (les Romains ne voulaient d’ailleurs pas des insulaires pour travailler dans les mines) pour des raisons géostratégiques, elle passe sous contrôle byzantin, puis musulman, normand et génois, pour devenir en 1768 française, et finalement départementalisée en 1790. Tout comme le Rhône, elle fait partie de la Métropole, et non de l’Outre-Mer comme certains de nos éminents médias le déclarent parfois. Selon la Constitution de 1958, la République est « une et indivisible »; de ce fait tous les habitants de l’île sont français et sont assujettis aux lois communes. Or, le braquage et le détournement du navire de la SNCM n’ont pas été autre chose que des actes de piraterie purs et simples. Cependant, le procureur de la République de Marseille a osé déclarer que cet acte s’était fait sans violence. Ainsi la remise en liberté sous contrôle judiciaire des quatre voyous pouvait être justifiée ! De qui se moque-t-on, si ce n’est de la Justice, de l’Égalité, et de l’État, donc de nous tous, citoyens du même pays! Cela pose aussi le problème du positionnement des différents gouvernements face à ces minorités agissantes que sont le STC, les mouvements politiques tels que « Corsica nazione » et son égérie Jean-Guy Talamoni, et autres groupuscules crapuleux en marge, voire au-delà, de la légalité. Ne revenons pas sur les multiples tentatives de changement de statut de l’île, toutes inutiles, sauf pour les indépendantistes qui y ont vu un pas vers l’indépendance, comme le dernier référendum défendu par Nicolas Sarkozy et… Jean-Guy Talamoni.
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J’ose espérer que cette départementalisation accrue, voulue par le gouvernement de l’époque (et rejetée par les insulaires), était une tactique pour mettre les Corses devant leurs responsabilités. La Corse est française et n’a pas besoin de statut particulier, mais seulement de paix sociale. Tout comme l’Auvergne qui souffre de son enclavement géographique, la Corse doit sans doute bénéficier de l’aide de l’État et de l’Union européenne, mais c’est tout : que les gouvernements ignorent purement et simplement cette pseudo-indentité corse défendue par cette clique locale minoritaire! Nous interdisons dans notre république tout groupe politique faisant l’apologie de crimes, d’exclusions, de discriminations : que veut le STC, si ce n’est la soi-disant corsication des emplois insulaires. Faudra-t-il remonter à l’âge de pierre pour connaître les aïeux des potentiels candidats aux emplois offerts par l’île? Syndicat créé en 1984 afin de contrôler l’économie locale, le STC n’est autre que le palliatif syndical de « Corsica nazione», groupe régional légal, porte-parole des groupes armés qui infestent la Corse, et approuvant implicitement les crimes les plus odieux: meurtre du préfet Erignac, racket des clubs de Bastia et d’Ajaccio, plasticage des gendarmeries, et autres actes indignes comme le vol des armes des CRS lors du drame de Furiani en 1992 ! Attitude plutôt de charognards que de solidarité envers des compatriotes ! Cette association de malfaiteurs critique ouvertement le gouvernement de Paris. Mais que fait-elle lors des incendies estivaux quand ce sont les moyens de cet État « colonial » qui font tout pour les éteindre? Un système colonial se définit par un rapport aux bénéfices favorables à ladite métropole. Or les nombreux avantages fiscaux conduisent au contraire ! Plus récemment, c’est ce même STC, aux côtés de son complice du moment, la CGT, qui demandait à Bercy d’investir dans la SNCM : tel un vampire, on a besoin de la proie, seulement pour s’en nourrir ! Tout comme ces individus qui n’ont qu’un seul but. Pour les plus « nobles », mais néanmoins rebelles, donc hors-la-loi, l’indépendance ; pour les autres, l’abandon de toute autorité de l’État pour faire main base sur l’Île de Beauté… L’État doit, lui, en avoir un seul : les combattre ! À force de louvoyer, de tergiverser, d’être ami avec tout le monde, on finit par n’être l’ami de personne… et risquer de perdre sur tous les tableaux…
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