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L’autosuggestion au secours de l’Union pour la Méditerrannée


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Lévy Gabriel - dimanche 30 mai 2010


Sous le nom de « For’UM » (nom génial !), un grand colloque se déroule aujourd’hui à Marseille avec pour sujet la moribonde Union pour la Méditerranée. Moribonde, car le sommet des chefs d’états (44 !) prévu pour le 7 juin à Barcelone, est annulé.

Qu’importe, nos prestigieuses têtes pensantes sont présentes : Mme Lagarde, ministre de l’économie, qui se réjouit de voir notre Caisse des dépôts impliquée dans un fonds d’investissement de 400 millions d’euros (1), Mme Idrac, Secrétaire d’Etat au commerce extérieur, M. Guaino, conseiller spécial du président, M. Roatta, député chargé du suivi de l’UPM, sans oublier un inconnu, mais probablement illustre, M. Stephan Fùle, « le nouveau commissaire européen à l’élargissement (sic) et à la politique de voisinage ».

Quelle est la destination de ce fonds ? « Premier instrument de financement de l’UPM, il sera destiné aux infrastructures des pays compris entre la Mauritanie et la Turquie » (2). « Inframed est un fonds de capital-risque qui aura un multiplicateur important… Ce fonds (qui sera noté "triple A")  apparaît comme l’embryon d’une banque méditerranéenne capable de financer et de sécuriser les investissements d’infrastructures ». M. Jean Louis Guigou, mari du ci-devant ministre de la justice et parrain du projet, est à la manœuvre.

Incorrigibles nos dirigeants ! La banque européenne a de sérieuses difficultés, nous ne pouvons pas conduire de politique cohérente à 27 (Union Européenne), ni à 14 (zone euro), nous savons que les Français se font une gloire de se porter au secours des pays les plus faibles (la Grèce, pour commencer), et rien de cela ne les empêche de s’illusionner, ni sur la solidité d’une union à 44 partenaires (UPM), ni sur la stabilité politique et l'assise économique du Liban, de l’Egypte, de la Syrie, des pays du Maghreb, de la Mauritanie.

Le but de M. Sarkozy était d’apaiser les tensions au Proche et du Moyen Orient. Nous espérons qu’il conviendra que les illusions perdues sont rarement retrouvées. M. Assad, président syrien invité à grands frais un quatorze juillet à Paris, se rit de nous comme de M. Obama, auquel il n’accorde aucune influence ; M. Ariri, premier ministre libanais, est censé diriger son pays, mais il est sous le joug de milices armées, manipulées par l’Iran ; Israël et la bande de Gaza sont en guerre et personne ne peut y mettre fin ; les conflits frontaliers entre l’Algérie et le Maroc sont loin d’être résolus.

Des millions d’euros ont été déjà dépensés en invitations à Paris ou à Marseille, en banquets onéreux (voir le Canard enchaîné et le Cri du Contribuable). Devons-nous persister à créer des postes internationaux coûteux, voire des « fromages », pour un résultat déjà connu ? Nos dirigeants doivent entendre raison, car leurs administrés, plus perspicaces qu’eux, n’ont jamais cru à la plus gigantesque utopie de ce début de siècle. De la « rigueur » s’il vous plait !

1- La Provence du 27 mai 2010
2-
Le Figaro du 27 mai 2010.


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