Milliere Guy - mercredi 25 octobre 2006
Je sais. La population française, en sa grande majorité, pense que la guerre d’Irak a été et reste un bourbier, un fiasco, et que sais-je encore.
Je sais aussi, quasiment aucun journaliste ne dira le contraire, et certains diffuseront une citation tronquée de George Bush pour étayer leurs propos. Je sais aussi, des gens font circuler des chiffres faux et démesurément gonflés sur le nombre de morts civils. Ce que je ne sais pas dans tout cela, c’est la part d’hypnose collective, d’intoxication volontaire, la part de haine des États-Unis et de l’administration Bush. Plutôt que de m’interroger sur ce point, je dirai ici ce qui, à mes yeux, doit l’être. Ceux qui chercheront, dans mes propos, des analyses y trouveront ce qu’ils sont venus chercher. Ceux qui ont leurs opinions les garderont, et je les leur laisse volontiers.
1. Procéder à un changement de régime en Irak était juste et nécessaire, car la population irakienne avait été soumise, trop longtemps, à une dictature féroce et immonde. Et parce que l’embargo mis en place après la guerre de 1991 mettait la population irakienne dans une situation cruelle et intenable dont les profiteurs étaient d’abord Saddam Hussein et sa clique, ensuite tous ceux qu’alimentaient les circuits de corruption massive découlant du programme pétrole contre médicaments et nourriture. En outre, il aurait été inadmissible de prolonger un statu quo qui conduisait un peuple à la famine, et dont la seule autre issue aurait été une levée de l’embargo qui aurait permis à Saddam de redevenir très vite une grave nuisance. Le régime a été renversé en trois semaines. On est passé ensuite à une phase de reconstruction.
2. On pourra débattre longtemps sur le cocktail d’erreurs, de bonnes décisions et d’atermoiements qui ont marqué la suite. Ce qui est clair est qu’il y a eu des élections, qu’existe aujourd’hui une liberté de parole et d’entreprise sans précédent dans le pays. Ce qui est tout aussi clair est que l’ordre ne règne pas, qu’il y a des attentats, de l’insécurité, des prises d’otages. Ce qui semble aussi de plus en plus clair est que les troupes de la coalition ne pourront pas établir avant longtemps, si elles y parviennent un jour, un ordre complet.
L’Iran n’a aucun intérêt à voir émerger un Irak paisible et calme, et il est clair que le gouvernement Ahmadinejad fait tout ce qui est en son pouvoir pour entretenir le climat actuel au centre du pays. Les membres de ce qui reste d’al Qaida n’ont, eux aussi, aucun intérêt à renoncer au terrorisme. Rien n’est plus difficile que d’éradiquer des mouvements qui recourent aux attentats-suicides. Il n’y a pas d’« enlisement », comme disent les gauchistes et leurs obligés, mais une situation de maintien de l’ordre longue et frustrante, qui rappelle celle qu’on peut observer dans les territoires où agissent les terroristes palestiniens. Les terroristes ne peuvent pas gagner. Ils peuvent nuire au bon fonctionnement du pays, et tant qu’ils en auront les moyens, le faire indéfiniment.
3. Deux possibilités s’ouvrent à partir de là. La première : il est possible de fixer une date butoir de retrait de la coalition, placer le gouvernement irakien face à ses responsabilités en lui donnant les moyens nécessaires. L’armée irakienne nouvelle pourra mener la guerre anti-terroriste d’une manière plus efficace et, sans doute, plus brutale, que la coalition. L’essentiel, la fin du régime de Saddam, est acquis depuis longtemps, et l’aide à la reconstruction peut passer à une autre étape. Seconde possibilité : rester, mais élargir le champ d’opérations. On peut encore tenter de faire comprendre, diplomatiquement, à l’Iran que son comportement est intolérable. Si, comme on peut le penser, la diplomatie ne donne pas de résultats, il faudra envisager une action plus tranchée. Un Iran doté du nucléaire et dirigé par des fanatiques est inconcevable.
4. L’option que je n’imagine pas est un retrait précipité. C’est ce qu’on souhaite en France par détestation anti-américaine, mais ceux qui ont de tels souhaits devraient aller jusqu’au bout de leur pensée et dire explicitement qu’ils sont du côté de l’islamo-terrorisme, cela aurait le mérite de la clarté. Aux États-Unis, les islamo-terroristes comptent sur la lassitude de l’opinion et l’irresponsabilité du parti démocrate. On peut espérer que l’avenir proche leur donnera tort.
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