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L’avenir de l’humanité s’élabore aux USA


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Milliere Guy - mercredi 26 décembre 2007


Dans les années 1970, il était question d’une victoire inéluctable de l’Union Soviétique au terme de la guerre froide. Puis ce fut la litanie sur le Japon, puissance économique « dominante » du monde futur. On parla un temps du déclin inéluctable de la « puissance impériale » avec Paul Kennedy, thèse prolongée par le néo-communiste Emmanuel Todd dans un chef-d’œuvre de l’humour involontaire, à côté des œuvres de Marx et de Lénine.
 Il fut, pendant quelques mois, question de l’Europe, nouvelle superpuissance, et futur « pôle d’excellence » dans l’économie de la connaissance. Maintenant, l’exercice de fascination se tourne vers la Chine. Le dénominateur commun de toutes ces positions est qu’on y prédisait l’effondrement des États-Unis d’Amérique.

Ceux-ci se sont aussi trouvés accusés, au fil du temps, de tout un ensemble de maux et de turpitudes décrits dans les nombreux livres consacrés, année après année, à cultiver l’antiaméricanisme. Pour la gauche, les États-Unis n’ont jamais été assez socialistes. Pour les antisémites, ils ont été et restent un pays trop juif. Pour les racistes ordinaires, en une lignée qui remonte au moins au temps de Paul Morand, il y a, outre-Atlantique, trop de Noirs et de métèques.

Je passe sur les propos parlant de « marchandisation du monde » et sur les trépignements récurrents d’hurluberlus divers cherchant quel dictateur sanguinaire adorer : Hitler ou Staline, Ho Chi Minh ou Fidel Castro, Yasser Arafat ou Saddam Hussein. Je passe aussi sur le regard hautain de ceux qui traitaient Ronald Reagan de cow-boy pendant que la France bénéficiait du génie de Mitterrand et qui, ces dernières années se sont reconvertis dans les insultes envers George W. Bush. Je porte sur tout cela un regard un peu lointain, et très ironique. Aujourd’hui comme hier, les diagnostics de déclin des États-Unis qui se font entendre sont, pour le moins, grandement anticipés.

Le dollar fluctue et fluctuera, comme cela est arrivé mille fois déjà. Des ajustements boursiers se produiront. Une bulle financière se dégonflera comme d’autres se sont dégonflées. Il y aura des perdants, mais aussi beaucoup de gagnants, et ce que certains ont appelé l’odyssée américaine se poursuivra. Les États-Unis ne sont peut-être pas le pays le plus inventif du monde, mais ils ont, en deux siècles, révolutionné plusieurs fois l’économie planétaire.

Ils sont en « chute libre », disent quelques arrogants, mais ils ont, au cours des trente dernières années, inventé le world wide web et la micro-informatique, le GPS et l’essentiel des innovations en matière de biotechnologies et de médecine de pointe. Voici dix ans seulement, une entreprise comme Google n’existait pas, et elle n’est qu’un exemple éclatant parmi des centaines d’autres. Les États-Unis ont, je l’ai noté récemment, mais je le note à nouveau, sauvé trois fois l’Europe de l’autodestruction au cours du vingtième siècle et ils restent aujourd’hui quasiment tout ce qui protège l’Europe de l’alliance qui se dessine entre les nouveaux barbares où se mêlent islamistes, adeptes du néo-caudillisme à la Chavez, anciens du KGB mal reconvertis façon Poutine et dirigeants de la Chine néo-fasciste.

Ils sont la puissance hégémonique, et, comme l’écrivait récemment l’essayiste Mark Steyn, on n’a pas vu dans l’histoire de l’humanité de puissance hégémonique aussi bienveillante et débonnaire. La position de puissance hégémonique suscite l’aigreur des adeptes du ressentiment et l’amitié de ceux qu’imprègne l’amour de la réussite. C’est très logique. Parce qu’ils sont une puissance planétaire où se retrouve l’humanité entière, ils sont un pays qui change, et non seulement il y a des juifs, des Noirs et des métis aux États-Unis, mais il y a de plus en plus d’Asiatiques et d’Hispaniques.

Pour autant, le rêve américain reste là, intact, parce que c’est lui qui fait venir des centaines de milliers de nouveaux immigrants chaque année. Ne pas aimer les États-Unis, écrivait le grand historien Paul Johnson, c’est ne pas aimer l’humanité, car les États-Unis constituent un condensé des aspirations à la liberté de l’humanité entière. Ne pas comprendre les États-Unis, c’est ne pas comprendre le monde tel qu’il devient dès lors que les États-Unis restent, selon l’expression de Friedrich Hayek, la « civilisation inconnue » où s’élabore notre futur.

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