Rouxel Jean - mercredi 19 mars 2008
economie, inflation, croissance
La crise économique mondiale risque-t-elle de s’étendre ? Naturellement, ni nous, ni personne, n’avons de réponse à cette question. Mais nous pouvons noter d’importants facteurs d’inquiétude.
Tout d’abord, il faut garder en tête que tout le dispositif du capitalisme repose sur la confiance. Pour le moment, la plupart des acteurs se comporte comme si la crise des subprimes n’était qu’une crise sectorielle bien circonscrite. Si elle devenait, dans l’opinion publique, une crise de l’ensemble du secteur bancaire, la catastrophe serait à nos portes.
Deuxième point, étroitement lié au premier : l’inflation. Pour soutenir le crédit mis à mal par la crise des subprimes, la FED maintient des taux d’intérêt artificiellement bas. Conséquence inéluctable : les investisseurs quittent les avoirs en dollars, aggravant la dépréciation du billet vert par rapport à l’euro ou au yen. Cette situation, qui fait payer à l’ensemble de la planète les investissements aventureux des ménages américains, n’est évidemment pas tenable…
Circonstance aggravante, beaucoup des pays de la zone euro, et la France au premier chef, n’ont plus aucune marge de manœuvre budgétaire. Le déficit de la balance commerciale, provoqué à la fois par la hausse du prix des matières premières et par la hausse de la monnaie européenne par rapport au dollar (compliquant l’exportation de nos produits industriels), devient alors insupportable. La socialisation que l’économie a subie depuis plus de trente ans porte chaque jour davantage ses fruits empoisonnés…
En outre, les pays qui disposent du plus de marges financières (la Chine notamment) et du plus de richesses en matières premières (la Russie, les pays du Moyen Orient…) ne sont généralement pas des grands amis des États-Unis et pourraient être tentés de jouer leur partition. Et, d’ailleurs, les USA sont pris pour six mois encore dans une campagne électorale, qui est toujours l’occasion de surenchères démagogiques. Autant dire que la probabilité que l’on revienne rapidement à une situation saine semble assez faible…
Ce début de crise est l’occasion de rappeler à quel point est dramatique cette déconnexion entre économies réelle et virtuelle (où la pure spéculation financière voisine avec les rêves socialistes pour lesquels « y a qu’à » augmenter le SMIC !).
Faute d’une reconnexion rapide, nous allons au désastre et l’on comprend qu’Alan Greenspan, ancien président de la FED, ait annoncé s’attendre à une crise majeure !…
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