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L’efficacité politique, pour quoi faire ?


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Zeltner Philippe - mardi 08 septembre 2009

sarkozy
Notre président conduit-il les affaires du pays ? La réponse est « oui ». Brillant metteur en scène d’un spectacle quotidien, il est animé d’une énergie phénoménale et d’une force de conviction époustouflante !

Pour aller où ? Cette question demeure sans réponse, car elle fâche. Elle est politiquement incorrecte, elle oblige à un engagement à terme !
Quelle éthique guide l’action présidentielle ? Difficile à dire quand le président se refuse à communiquer les valeurs de référence sur lesquelles repose son action, en désignant des buts à atteindre à moyen terme !

Certes, comme avec Chirac en 1995, nous avons été, lors de la campagne de 2007, séduits par un programme « pour la France », mais il ne s’agissait que d’une promesse. Rien n’a concrètement changé depuis cette date.
La vraie question est de savoir qui s’intéresse à la boussole qui a permis le développement de l’Occident depuis 2000 ans, boussole sans laquelle les démocraties, la richesse économique, le développement social et culturel, et notre humanisme n’existent plus.

« Pas besoin de valeurs pour empocher un salaire nécessaire à ma survie, et jouir du peu de liberté qui me reste » pensent, fatigués et blasés, un nombre de plus en plus important de citoyens pris dans l’engrenage du métro-boulot-dodo d’une société qui se veut surtout distrayante et nihiliste !
Mais que signifie un travail sans valeur humaine ajoutée ?

Et que veut dire une liberté tout entière axée sur le désir de consommer, manipulés que nous sommes par les faiseurs du « prêt à penser » ? Cette technostructure qui s’enrichit honteusement à nos dépens, sapant les piliers du sens commun, chloroformant notre libre arbitre, laissant aux copains du petit écran le soin de lifter nos identités pour mieux nous adapter au melting-pot mondial…

Les nombreuses chapelles et écoles de pensée structurantes de notre élite antilibérale ne sauraient cacher le vide spirituel des « people », dont la mixture égalitaire appauvrit la majorité des citoyens, et fait le lit des extrêmes, recyclant les dévoyés du politiquement correct pour leur permettre de retrouver qui un poste, qui un siège, qui une mission… Et, hop, tournez manège !

Notre président aime l’efficacité au travail. Je ne peux que souscrire à ce principe que trop d’institutions du service public ont dévalué. Mais de quelle efficacité politique parle le président ? Celle, opportuniste, à court terme, qui épouse le vent ? Ou celle, ambitieuse, qui conduit la France vers un but déclaré, difficile à tenir, mais structurant pour la société ?

Le président, bourreau de travail, affiche un style de vie truffé de plaisirs, conduisant, comme ce fut le cas en juillet, au malaise vagal, relaté avec force détails complaisants dans les gazettes ! Ces plaisirs-là peuvent-ils servir d’exemple à suivre pour les citoyens ? Sans chercher à paraître irrespectueux du modèle présidentiel, nous en doutons !

L’Élysée voudrait briser les lignes de fracture gauche-droite, relativiser les différences religieuses judaïque, chrétienne et islamique, et rendre vain tout but à atteindre en société et tout cap à tenir dans le temps. Vivons l’instant : tel semble être le credo du moment… au frais du contribuable, cela va sans dire !
Or, le redressement du pays, le remboursement de la dette, la réforme de l’Éducation nationale, l’assainissement de la Justice, et la mise du secteur public au service de ses clients, tout cela exige un engagement moral évident !

C’est très fort de casser l’opposition stérile entre gauche et droite en noyant les valeurs de référence ! Ce serait encore plus fort, Monsieur le Président, d’indiquer quelle éthique responsable peut aider la nation à se reconstruire !
Pour retrouver la confiance perdue d’une société en perte d’identité, le président doit nous dire les buts qu’il entend atteindre d’ici 2012 et les valeurs qui guident l’action de l’État !

C’est la seule façon pour lui de pouvoir être réélu s’il ambitionne un deuxième mandat, ou de partir, fier de son mandat et en paix avec la nation, s’il souhaite changer de théâtre opérationnel !

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En bref
Canal+
Canal+ dépense environ 200 millions d’euros pour le cinéma (soit 12 % du chiffre d’affaires), dont 150 millions pour le financement du cinéma français.

Medias
RMC > La radio RMC, n° 1 sur les sujets sportifs, espère tirer 10 % de son chiffre d’affaires des paris en ligne (marché qui devrait prochainement s’ouvrir à la concurrence) d’ici 2010…

Dordogne > Le quotidien régional « La Dordogne libre » est le quotidien qui a connu la plus forte hausse (proportionnellement !) de sa diffusion payée en 2008 : il a gagné 392 exemplaires et a ainsi atteint 6 236 exemplaires.

Paris Match > La diffusion payée de « Paris Match » est de 630 000 exemplaires environ.

AFP > Laurent Joffrin, directeur de « Libération », a publié le 7 août une tribune dans laquelle il accusait l’Agence France Presse d’avoir passé sous silence trois informations peu flatteuses pour le pouvoir et de ne les avoir reprises que tardivement et au conditionnel ; et Joffrin de se demander si l’AFP avait soudain peur des pouvoirs ». Comme si l’AFP avait jamais brillé par son indépendance d’esprit et sa résistance au politiquement correct…

Échos > Le site internet du quotidien « Les Échos » a enregistré 70,5 millions de visites en 2008, soit une hausse de 71 % par rapport à 2007 !

Publicité > « Tout le monde a écrit qu’avec l’arrêt de la pub sur le service public, nous allions nous « gaver ». Personne n’avait prévu que le marché allait s’effondrer ! » (Jérôme Bureau, directeur de l’information sur M6)




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