Offre gratuite !
La version papier :
pendant 4 semaines dans
votre boite aux lettres
Cliquez ici
Notre lettre d'infos

L’élection de Benoît XVI, victoire conservatrice


envoyer cet article à un ami
Imprimer cette page


Voter pour cet article
1 VOTES
1498 LECTURES

Milliere Guy - dimanche 08 mai 2005


Le visage des commentateurs, quand Joseph Ratzinger devint Pape sous le nom de Benoît XVI, faisait peine à voir. Ils avaient espéré un pape du tiers-monde adepte de la « théologie de la libération », ce monstre idéologique issu d’un accouplement contre-nature entre la Bible et les œuvres complètes de Lénine. Ils auraient apprécié, à la rigueur, un « progressiste ». Imaginez : un pape qui expliquerait les vertus du préservatif, et qui n’oublierait pas de recommander aux jeunes gens de « sortir couverts ». Un pape qui prônerait le mariage homosexuel, l’adoption par deux papas, deux mamans ou deux tantes, l’euthanasie, l’avortement et que sais-je encore.
En lieu et place, que leur a donné le conclave? Un « pape conservateur », ont-ils dit d’un air crispé. Et les attaques, depuis, n’ont pas cessé, les plaisanteries douteuses du type « panzer-cardinal » non plus. Pour un libéral néo-conservateur et agnostique comme moi, l’accession de Joseph Ratzinger au statut de pape est une excellente nouvelle. Joseph Ratzinger, on le sait, a été le principal théologien conseiller de Jean-Paul II, il en est le continuateur et le successeur logique. Il considère que le pape doit être le gardien des valeurs essentielles du christianisme, et il a raison : on n’attend pas d’un pape qu’il soit « cool », mais qu’il garde  les valeurs, qu’il maintienne les repères.
Joseph Ratzinger est, de surcroît, un homme d’une grande culture, l’artisan avec Jean-Paul II, de la lutte contre l’antisémitisme longtemps tapi dans l’ombre du christianisme. Il a beaucoup écrit dans des revues du mouvement conservateur américain, tout particulièrement dans « First Things », dirigée par Richard John Neuhaus, ancien membre de l’administration Reagan et proche de l’administration Bush. Alors que la révolution néo-conservatrice se poursuit grâce à l’action de George Bush, l’arrivée sur la scène spirituelle planétaire de Benoît XVI constitue une victoire du néo-conservatisme.
Les écrits de Joseph Ratzinger le montrent amplement : Benoît XVI est un pape lucide sur l’état du monde contemporain, conscient du danger représenté par l’islam radical, conscient aussi de l’agonie crépusculaire qui hante l’Europe. Les Européens ont un besoin urgent qu’on leur rappelle dans quelle situation est l’Europe. Pendant que des politiciens qui n’ont strictement rien d’hommes d’État dignes de ce nom, répètent sur un ton incantatoire qu’il faut être optimiste ; que l’Europe, c’est la paix et la prospérité; et que l’Union Européenne est la grande puissance de demain, les populations de nombre de pays occidentaux vivent un profond malaise qu’elles ne parviennent pas à nommer parce que plus personne, ou presque, ne leur donne les instruments intellectuels pour cela.
Nul ne le dit dans cette campagne référendaire, mais c’est pourtant un fait : la croissance dans des grands pays d’Europe tels la France et l’Allemagne est quasiment nulle, ce qui veut dire que l’économie est en panne, tandis que la croissance aux États-Unis reste supérieure à 4%.
Nul ne le dit non plus: la dénatalité se poursuit en Europe, et le seul choix qui restera bientôt sera : ou bien l’ouverture de l’Europe à une immigration massive et jeune, ou bien la transformation de l’Europe en un grand hospice de vieillards. On peut, comme nos politiciens, éviter de regarder les faits. On peut faire du préservatif, du mariage gay et de l’euthanasie les symboles d’une époque où l’on se berce d’illusions et où l’on se centre sur le présent pour oublier qu’il n’y a pas de futur. On peut aussi, comme Joseph Ratzinger devenu Benoît XVI, dire que, si nous continuons ainsi, ce sont les civilisations européennes qui vont mourir.
Si un sursaut doit venir, il viendra d’un pape comme Benoît XVI, d’un homme qui dira que nous sommes au bord du précipice, et que si nous sommes au bord du précipice, c’est parce que nous avons oublié l’éthique judéo-chrétienne, délaissé la transcendance et l’opiniâtreté, préféré la jouissance immédiate et l’oisiveté, choisi de transgresser les règles millénaires et fondatrices. Quelqu’un est là pour prononcer les mots que plus personne n’a le courage de prononcer. Qu’il y ait ou non des gens pour l’écouter, au moins, un homme d’une immense envergure aura joué son rôle.

30 commentaires - Ecrire un commentaire


Recevez gratuitement
la version papier,
pendant 4 semaines !

Cliquez ici

En bref
LIBERTÉ
  «La liberté de pensée s’arrête là où commence le droit du travail!» Laurence Parisot, PDG de l’institut de sondage IFOP

SIC

COMBAT «L’Europe, comme la France ou le monde, n’est pas un bien ni un mal en soi. C’est un combat.» Jean Glavany

ANTISÉMITISME «L’antisémitisme est moins puissant, moins présent, moins évident aussi, que ce à quoi nous pouvions nous attendre.» Michel Wievorka, sociologue ayant enquêté sur l’antisémitisme

POUTINE «Poutine n’est pas Satan, il n’est même pas Staline ; il est tout simplement un peu incompétent, un peu inconséquent et un peu prétentieux.» Alexandre Adler, journaliste

DÉMOCRATIE «La participation aux élections ne signifie pas pour autant l’abandon de la lutte armée.» Mouhamad Ghazal, porte-parole du Hamas

EUROPE «Les Américains appellent de leurs vœux une Europe qui ressemble aux États-Unis ! Une Europe, autrement dit, fédéraliste et capable d’exister sur la scène du monde. Une Europe entreprenante et compétitive. Ce dont ils ne veulent pas en revanche, c’est d’une Europe protectionniste et dirigiste» Francis Fukuyama, universitaire américain

NATION «Il y a moyen d’être fidèle à sa nation en acceptant de ne plus croire qu’elle est le centre du monde !» Emmanuel Todd, essayiste

COURTOISIE «J’espère que Ratzinger sera meilleur que l’autre abruti. Celui-là, on le jugera sur le mariage des prêtres et sur la capote.» Georges Frêche, président socialiste de la région Languedoc

JOUR FÉRIÉ «Nous en avons assez de ces leçons de solidarité !» Jacques Voisin, président de la CFTC




Plan du site