Trémeau Bernard - dimanche 05 février 2006
Le pétrole, le gaz et le charbon sont des sources d’énergie polluantes rejetant dans l’atmosphère du gaz carbonique, donc réchauffant le climat par effet de serre. Les mesures effectuées sur les glaciers des pôles montrent toutes une augmentation du gaz carbonique atmosphérique d’origine industrielle. Mais il est bien difficile de connaître l’impact exact de cette pollution sur le réchauffement naturel de la terre.
De plus les réserves de pétrole, de gaz et même de charbon ne sont pas inépuisables. Les crises politiques au Moyen-Orient ou au Venezuela producteurs de pétrole, associées à la consommation grandissante des Indes ou de la Chine, ont multiplié par quatre le cours du pétrole. Le volume des réserves identifiées augmente encore plus rapidement que la consommation, mais le coût de la recherche et de l’extraction augmente aussi. Le prix de l’extraction du pétrole ne peut qu’augmenter, mais la part du politique dans cette augmentation est essentielle.
La crise pétrolière a poussé la Russie, gros exportateur de gaz, à augmenter brutalement ses prix pour l’Ukraine et dans le monde entier le prix du gaz est en train d’essayer de rattraper le prix du pétrole. De plus, Gazprom, la compagnie russe exploitant le gaz russe contrôle pratiquement la distribution du gaz dans le monde entier. Elle entre dans le capital de gaz de France. Ces deux crises montrent qu’un pays qui est dépendant sur le plan de ses approvisionnements énergétiques n’est pas un pays libre.
Si bien que le charbon redevient une source d’énergie utilisable pour fabriquer de l’électricité. Mais il produit beaucoup de CO2. Ceux qui ont signé le protocole de Kyoto peuvent difficilement y avoir recours, mais les USA remettent en exploitation leurs mines de charbon et la Chine n’hésite pas à fabriquer du pétrole ou du gaz avec le charbon. La filière charbon redémarre à toute allure. Le CO2 qu’elle produit peut être capté et ensuite stocké dans le sol comme les déchets atomiques. L’expérience des dernières années montre que les énergies renouvelables ne peuvent être, pour l’instant, que des énergies d’appoint produisant une électricité encore très coûteuse. Les nuages cachent souvent le soleil ; le vent ne souffle pas tous les jours. Cependant, à très long terme, les progrès de la technologie permettront probablement à l’énergie solaire de prendre sa place dans nos sources d’énergie.
Reste le nucléaire, la fission utilisée depuis 1970 et la fusion, envisagée pour après 2030, si le programme ITER aboutit à un résultat positif. Avec la fission, il y a deux sérieux problèmes. Le problème des déchets atomiques à longue durée, ce qui va laisser pour nos enfants de dangereuses poubelles. Et le problème de l’emballement du système ; Tchernobyl reste dans toutes les mémoires. Les écologistes sont opposés au nucléaire et de nombreux pays, comme les USA ou l’Allemagne, ont, après Tchernobyl, décidé de ne plus utiliser l’atome. La France au contraire a toujours été en pointe dans l’utilisation de l’atome. Elle n’a jamais arrêté la recherche dans ce domaine. Elle utilise actuellement 59 centrales atomiques, qu’il faudra remplacer à partir des années 2010. Plusieurs modèles de nouvelles centrales plus sûres, plus économiques, consommant beaucoup moins de matières fissiles et produisant beaucoup moins de déchets sont actuellement à l’étude en France (programme EPR) et dans le monde. Il faudra choisir la plus performante. L’opposition des écologistes persiste, mais elle est bien moins vigoureuse. L’effet de serre devient bien plus effrayant pour eux que quelques déchets atomiques bien enterrés. Les politiques suivent et les USA ou l’Allemagne s’intéressent à nouveau à l’atome. Enfin, c’est en France, à Cadarache, que le programme international ITER cherche à mettre au point un réacteur nucléaire utilisant la fusion. Avec des risques pratiquement nuls, la fusion permettrait d’obtenir de fabuleuses quantités d’énergie. On pourrait alors fabriquer de l’électricité, dessaler de l’eau de mer ou produire de l’hydrogène pour le mettre dans le moteur des voitures. Pas avant 2030, et si on y arrive… Les crises pétrolière et gazière vont très probablement accélérer l’utilisation de l’atome.
6 commentaires - Ecrire un commentaire
|