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L’enfer avant la mort


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Lance Pierre - mercredi 12 décembre 2007

euthanasie
Si l’on en croit les folliculaires, le téléfilm diffusé sur TF1 le 3 décembre (« Marie Humbert, l’amour d’une mère ») relançait le débat sur l’euthanasie. Le débat ? Quel débat ? Où diable débat-on ? Nulle part, tout débat ayant été étouffé dans l’œuf par la loi Leonetti scélérate et fasciste, qui bafoue la volonté du peuple et fut votée à l’unanimité moins trois abstentions le 23 avril 2005, par une Assemblée nationale qui jeta ce jour-là son honneur aux orties.

Le dernier sondage sur cette terrible question de l’euthanasie volontaire donne 88 % de Français favorables à sa légalisation, pourcentage qui ne cesse d’augmenter depuis dix ans, en corrélation logique avec l’allongement de la durée moyenne de la vie, l’aggravation des ravages de la maladie d’Alzheimer et le spectacle terrifiant qui traumatise de nombreuses familles voyant des êtres chers agoniser dans la douleur incurable et l’effroyable déchéance.

Bien sûr, l’euthanasie se pratique clandestinement dans la plupart des hôpitaux, cliniques ou maisons de retraite médicalisées, dans une opacité totale et comme enjeu d’une sinistre loterie où sont seuls délivrés de leurs souffrances ceux qui ont la chance d’être entourés d’un personnel soignant compatissant et courageux, ayant su délivrer sa conscience du carcan de la doctrine catholique sado-masochiste, qui prétend respecter la vie en la conduisant à la pourriture.

Mais qui peut se satisfaire d’une telle hypocrisie, ouvrant la porte à tous les abus que l’on prétendait vouloir éviter en refusant de légiférer ? Comment un tel divorce entre la représentation nationale et les profondeurs de notre peuple peut-il être accepté ? Comment la démocratie pourrait-elle n’être pas mortellement blessée par le mépris où sont tenus 88 % des Français par quelque 600 paltoquets englués au Palais-Bourbon dans une honteuse paralysie morale ? Mais l’Assemblée d’aujourd’hui n’est plus celle de 2005.

On nous a annoncé à grands sons de trompe la rupture, la réforme et le renouveau. Alors, qu’attendez-vous, Monsieur Sarkozy, pour faire droit à l’exigence d’une loi juste et humaine sur la fin de vie, exprimée par 88 % de nos concitoyens ? Pourtant, la Hollande, la Belgique et la Suisse, nations voisines plus civilisées que la nôtre, nous ont montré l’exemple.

Le plus écœurant dans cette affaire, c’est que l’Assemblée sera tôt ou tard contrainte de légiférer sur cette question, en raison des problèmes insolubles posés à la Sécurité sociale par le coût prohibitif du maintien artificiel en état de vie végétative des vieillards prolongés, de plus en plus nombreux. De sorte que l’on fera mesquinement pour une raison de « gros sous » ce que l’on n’aura pas eu le courage de faire pour des raisons d’éthique, d’humanité et de dignité. En vérité, cette France-là me dégoûte !

En attendant, mes chers concitoyens, vos impôts augmenteront inéluctablement afin de pouvoir financer la souffrance sans espoir de ceux que vous aimez. Car telle est l’odieuse vérité : vous paierez pour que vos parents et grand-parents soient maintenus dans la torture, en attendant que vous passiez à votre tour et à vos frais sur le grabat empuanti d’une déliquescence programmée du corps et de l’esprit. Les historiens du futur parleront sans doute, pour juger notre époque, de « barbarie institutionnalisée ».

Au cauchemar des tétraplégiques emmurés dans leur propre corps, comme l’était Vincent Humbert, et des agonisants désespérés cloués sur leur lit de souffrance, s’en ajoute un autre dont personne ne parle, celui des jeunes soignants en proie à cette maladie nouvelle : l’épuisement émotionnel, que les Américains nomment « Burn out » (être consumé, s’éteindre), fort bien décrit dans le livre du Dr François Baumann « Burn out, quand le travail rend malade » (Éd. Josette Lyon).
Confrontés en permanence à ces crucifixions médicalisées que rien ne peut guérir, victimes du stress quotidien de la compassion impuissante, et ceci à la mesure même de leur dévouement et de leur conscience professionnelle, ces médecins, infirmières, aide-soignants sombrent dans la dépression, parfois jusqu’au suicide, ou bien sont conduits, pour se protéger, à s’endurcir dans la froideur et l’indifférence, ce qui est dramatique pour leurs patients et pour eux-mêmes. Il faut que cela cesse !

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En bref
TF1
En novembre, pour la première fois, depuis sa privatisation, la part de marché de TF1 est passée en-dessous des 30 %.

Medias
France 24 > Dans le cadre de ses émissions en langue arabe, France 24 invita le « guide » des islamistes tunisiens, Rached Ghannouchi, à débattre sur son antenne pour le 20e anniversaire de l’accession au pouvoir du président Ben Ali. En représailles, le gouvernement tunisien a demandé à la chaîne de ne pas envoyer Agnès Levallois, responsable des émissions en langue arabe, à une conférence de presse ultérieure à Tunis…

Radio France > Radio France a demandé au gouvernement l’accès à la publicité commerciale. Le groupe radiophonique public ne peut, pour l’instant, diffuser que 30 minutes quotidiennes de publicité émanant d’annonceurs publics, mutualistes ou d’intérêt général.

« Le Monde » > Marc Tessier, président de France Télévisions entre 1999 à 2005, a été présenté par Alain Minc pour lui succéder à la présidence du conseil de surveillance du « Monde ».

« Paris-Match » > En 2007, les ventes en kiosque de « Paris-Match » ont progressé de 15,3 %, avec un pic de 980 000 exemplaires à la mort de Jacques Martin. À quatre reprises, le magazine a frôlé la barre du million d’exemplaires.

« Métro » > Laurence Ferrari, présentatrice de « Dimanche plus » sur Canal plus, a assigné en justice le quotidien « Métro » pour avoir repris la rumeur d’une liaison entre elle et le Chef de l’État, véhiculée par le « Daily News » le 25 novembre, et plusieurs autres titres anglais.




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