Rouxel Jean - dimanche 16 octobre 2005
Jean-Marie Le Pen a annoncé ce week-end, à l’occasion de la fête des “Bleus, Blancs, Rouges”, son intention de concourir à l’élection présidentielle de 2007. Ce n’est pas vraiment une surprise, mais cette annonce est cependant importante pour analyser le rapport de force entre la gauche et la droite dans les prochains mois. Le président du Front national dispose d’un avantage: celui d’avoir été qualifié pour un deuxième tour d’élection présidentielle; mais également de trois handicaps. Le premier est que cette qualification s’est avérée conduire à une impasse, comme on a pu le voir entre le 21 avril et le 5 mai 2002 avec le déchaînement médiatique et “citoyen”. Il est peu vraisemblable que les mêmes causes n’entraînent pas en 2007 les mêmes effets. Le deuxième handicap tient à l’âge de Jean-Marie Le Pen, sur lequel les journalistes – et les opposants au sein même du FN – insistent assez lourdement. Enfin, le troisième handicap tient à la possibilité de ne pas réunir les fameuses 500 signatures d’élus nécessaires pour se présenter. Sur ce point, il faudra regarder de près l’attitude des dirigeants de l’UMP. Il est probable qu’elle sera différente selon la personne qui arrivera en tête des primaires envisagées par Nicolas Sarkozy. D’ores et déjà, certains des proches de ce dernier ont évoqué la possibilité de durcir la loi en matière de parrainage: soit en rendant publiques toutes les signatures; soit en augmentant le nombre de parrainages nécessaires… Accessoirement, il est peu probable que ce genre de “tripatouillage” porte chance à ses auteurs. Sarkozy est actuellement, derrière Le Pen, le deuxième homme politique préféré des électeurs frontistes. Cela pourrait changer… Mais, ce qui importe à moyen terme tient plutôt à un possible changement de la donne politique à droite. Il est clair que Philippe de Villiers a pris position pour reprendre le “fonds de commerce” de Jean-Marie Le Pen. Avec Sarkozy et lui, l’entente à droite pourrait progresser sensiblement. Philippe de Villiers dispose d’atouts: il peut notamment faire figure de “vote utile” auprès des électeurs frontistes lassés de se contenter de se défouler dans les urnes sans jamais obtenir un seul parlementaire. Mais cet atout présente un revers: Villiers n’a pas le talent de tribun de Le Pen et semble trop membre de “l’établissement”. S’il devait reprendre une partie de l’électorat à la droite de l’UMP, il est vraisemblable qu’une bonne partie des électeurs frontistes retourneraient à l’extrême gauche…
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