Courrier - jeudi 08 avril 2010
retraites, regionales, ecologie
Comment peut-on traduire les votes en faveur d’une coalition PS, Europe-Écologie et Front de Gauche comme un succès du Parti socialiste ?
Il est évident que ces fiançailles vont déboucher rapidement sur des dissensions lorsque, d’une part, il faudra prendre certaines décisions au plan régional et quand, d’autre part, au plan national, il sera nécessaire d’élaborer un projet commun.
Certes, dans les régions, on trouvera des compromis, ne serait-ce que de ne pas décider, mais, pour l’élection présidentielle, et, ensuite, les législatives, il sera nécessaire de présenter un programme.
Les socialistes ont l’habitude de tromper leurs électeurs et leurs sympathisants lorsqu’ils sont aux affaires, en expliquant a posteriori qu’ils ne peuvent pas mettre en oeuvre leur plan du fait, notamment, de la mondialisation.
Jusqu’à preuve du contraire, je pense que les écologistes sont plus sincères et quelque peu naïfs et qu’ils ont manqué une opportunité aux régionales de maintenir leurs listes pour démontrer que l’écologie n’est ni de gauche, ni de droite. Je suis convaincu qu’ils auraient amélioré leur score au deuxième tour des élections.
Maintenant, ils s’interrogent pour savoir s’ils présentent un candidat à la présidentielle ou non.
Le rusé Cohn-Bendit, lui, voudrait réitérer l’opération des régionales pour les législatives, son objectif étant de négocier des sièges avec le PS comme on l’a constaté à l’issue des régionales.
Ce serait jouable si, au sein de la coalition rose, verte et rouge, Europe-Écologie avait une position dominante. C’est peu probable, car cette organisation faite de bric et de broc ne tardera pas à montrer ses tensions internes et ses divergences avec le PS.
En gardant sa liberté et en proposant son propre projet, Europe-Écologie aurait pu peser sur la droite comme sur la gauche pour faire adopter certaines mesures de son projet. En tout état de cause, elle aurait évité, sans doute, le report sine die de la taxe carbone.
Alliance de la carpe et du lapin
Je ne vois pas comment cette association de la carpe et du lapin pourrait faire face aux enjeux actuels : réduire la charge publique pour redonner de la compétitivité à notre industrie (le meilleur moyen pour créer des emplois) ; assurer l’avenir des retraites en supprimant, notamment, l’injustice de traitement entre les salariés de la fonction publique et les salariés du privé tout en prenant en compte la pénibilité de certains métiers ; et, enfin, éviter que les talents et la richesse quittent la France et privent cette dernière des moyens humains et matériels de redresser une situation résultant de la gabegie pendant 30 ans des dirigeants de droite comme de gauche.
Pour terminer, j’aurais souhaité que ces élections régionales, et surtout les prochaines élections, mettent fin à ces attaques de personnes, mais qu’elles soient une confrontation de projets pour la France.
Est-ce que ces hommes et femmes politiques et ces imbéciles qui organisent des manifestations anti-Sarkozy réfléchissent aux conséquences sur des esprits faibles ou désespérés qui peuvent être conduits à attenter à la vie des personnes ainsi désignées à la vindicte populaire ?
Cela conduirait à une guerre civile qui ne pourrait être évitée par une manifestation monstre de la majorité silencieuse, comme ce fut le cas en mai 1968, quand un million de Parisiens (j’y étais) ont défilé pour mettre fin à la chienlit organisée par la gauche…
Robert Holer
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