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L’erreur tragique de Christine Boutin


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Dumait Alain - mercredi 18 mars 2009

boutin
On paye aujourd’hui les erreurs faites hier. On cède à Munich, et on a la Seconde Guerre mondiale. On laisse s’emballer les subprimes, et on a la crise économique actuelle ! (Sur le sujet, lire le remarquable article d’Henri Lepage, dans la dernière livraison de « Politique Internationale »).

Quelles seront les conséquences sur le long terme de la décision annoncée le 12 mars par le ministre Christine Boutin, à savoir « plus d’expulsions sans solution de remplacement » ? Nous ne le saurons que plus tard, mais elles seront forcément catastrophiques.

On me fera observer que les expulsions étaient déjà très réglementées et fort difficiles à mener à leur fin. Sur les 10000 jugements prononcés chaque année, combien sont effectivement exécutés ?
Mais justement : cette protection de fait était le principal obstacle au développement d’un marché locatif privé, animé par des bailleurs privés. L’interdiction absolue d’expulser sans reloger va accentuer une situation déjà mauvaise, non seulement pour les propriétaires, mais aussi pour les locataires qui, du coup, ne trouvent pas à se loger.

De la sorte, on favorise les rentes. Ceux qui ont un bail vont s’y accrocher et même essayer de le transmettre (avec dessous de table…)
C’est un peu comme l’interdiction de licencier : la seule façon de s’en protéger est de ne pas embaucher

La nouvelle disposition s’appliquera bien sûr aux squatters, qui, d’ores et déjà, bénéficient d’une immunité de fait. On va donc assister, immanquablement, à l’explosion des squats

La mesure est aussi très incitative pour l’immigration clandestine. Jusqu’à présent, les immigrés clandestins avaient droit – tout hors-la-loi qu’ils sont – à la meilleure couverture sociale du monde, y compris l’accouchement à Paris dans un super-hopital comme Robert Debré, à l’éducation gratuite de leurs enfants (avec même la cantine gratuite à l’école), à une assistance sociale permanente… Maintenant ils savent qu’ils ne courent plus le risque de devoir quitter un logement, qu’ils payent ou non, sans être préalablement relogés.

C’est dramatique ! C’est pourtant une des leçons de la crise qui, au départ, est celle des subprimes : quand on fait n’importe quoi, au nom d’une soi-disant politique sociale (en fait antisociale, comme le montre l’ouvrage d’Alain Mathieu sur le sujet), on sème le vent. On récoltera la tempête !

Voir aussi : www.dumait.fr

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