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L’état des lieux de Jean-Claude Trichet


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Trémeau Bernard - dimanche 16 novembre 2003


Aujourd’hui, la progression de notre niveau de vie dépend pour beaucoup de la façon dont les responsables des banques centrales gèrent la progression de la masse monétaire. Au début de l’année 2000, le responsable de la FED, la banque centrale américaine, a stoppé trop brutalement la progression de la masse monétaire américaine : il a déclenché une des plus belles crises économiques de l’histoire, avec un effondrement des bourses, un ralentissement de l’expansion économique et une montée du chômage. Nous n’en sommes pas encore remis.

Depuis le premier novembre, un Français, Jean-Claude Trichet est le responsable de la Banque Centrale Européenne, la BCE. Il en est devenu le chef dans une période de changements particulièrement difficile.

L’Angleterre qui, grâce à Mme Thatcher, s’est libérée du carcan insupportable que faisaient peser sur son économie ses syndicats, a retrouvé une économie dynamique et de plein emploi. Elle n’a plus de chômeurs. Elle est proche de l’inflation par excès de la demande sur l’offre. Elle vient donc d’augmenter ses taux courts pour ralentir le développement de sa masse monétaire.

Les USA ayant pris les mesures efficaces pour relancer leur économie (baisse massive des taux courts et des impôts en 2001) ont retrouvé en 2003, le dynamisme économique. Il existe actuellement une augmentation très rapide du PIB aux USA (+7 % par an) avec une diminution du chômage. Le risque d’inflation par excès de la demande sur l’offre pointe à l’horizon américain. Mais ils ont encore des chômeurs à résorber. Les taux courts américains ne vont plus baisser, c’est certain. Par contre, ils vont augmenter dans les mois qui viennent, quand le chômage aura régressé de façon importante.

La France (et l’Allemagne) sont dans une situation économique différente. Pour faire face à la récession déclenchée par les USA au début de l’année 2000, la BCE a baissé ses taux courts, mais elle l’a fait progressivement sur trois ans. La progression de la masse monétaire n’a pas été aussi importante qu’aux USA. Surtout, les Français n’ont pas encore eu leur Mme Thatcher pour supprimer le carcan que font peser les syndicats sur les entreprises. Enfin, pacte de stabilité aidant, nous n’avons pas eu de baisse massive des impôts (finalement, avec le tabac et les impôts locaux, nous avons même eu une augmentation des impôts…). Il est donc normal que la progression de notre économie soit proche de zéro. Dans le match économique qui oppose aujourd’hui les USA à la France, c’est du 7 à 0…

C’est dans ce contexte international très chahuté qu’arrive Jean-Claude Trichet.

Il voit d’abord que l’inflation n’est pas parfaitement contenue en Europe. Elle se situe actuellement à plus de 2 %. Or, la BCE a reçu des gouvernements européens un seul ordre, mais un ordre très précis, chiffré : maintenir l’inflation à moins de 2 %. La canicule a fait monter le prix des haricots verts et la crise irakienne celui du pétrole, c’est évident. Donc toute l’inflation européenne n’est pas consécutive à une trop forte progression de la masse monétaire. On peut attendre un peu pour relever les taux…

Il sait que dans les six mois qui viennent la reprise américaine, accompagnée de la reprise japonaise, va toucher l’Europe. Donc il sait que cette reprise va entraîner l’Europe. On peut donc relever un peu les taux pour freiner l’inflation. Mais il sait aussi que les carcans qui pèsent sur l’économie française limiteront la reprise et que nous n’atteindrons jamais les 7,2 % américains, même pendant un trimestre. Il vaut mieux ne pas augmenter les taux…

De toute façon, si J.-C. Trichet augmentait aujourd’hui les taux européens pour lutter contre l’inflation, il subirait de violentes critiques des responsables politiques : on ne prend pas des mesures qui freinent le développement économique quand le nombre des chômeurs continue à augmenter massivement… On peut donc prévoir que les taux européens vont rester stables dans les mois qui viennent…


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En bref
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Entre 1995 et 2003, les crédits officiellement consommés par la présidence de la République sont passés de 4,5 à 30,9 millions d’euros. Soit une multiplication par sept. Mais, selon le député PS de l’Aisne, René Dosière, le budget réel de l’Élysée, incluant les « mises à disposition » de fonctionnaires appartenant à d’autres ministères, ainsi que les frais par eux pris en charge, s’élèverait à plus de 65 millions d’euros.

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