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L’euro, la drachme et la Grèce


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Trémeau Bernard - mercredi 29 juin 2011

dette
Depuis dix ans, le gouvernement socialiste grec dépense beaucoup plus d’argent qu’il n’en gagne. Pour le redistribuer à tous ses électeurs, en particulier aux salariés des entreprises grecques.

Ses budgets sont en déficit depuis dix ans. Il emprunte donc de l’argent dans le monde entier pour ne pas être en faillite. On lui prête cet argent, mais, plus on avance, plus le risque de ne pas être remboursé augmente. Les intérêts demandés par les emprunteurs augmentent. C’est logique.

Depuis dix ans, une parité fixe lie la drachme grecque à l’euro, donc aux autres monnaies européennes, tandis que les coûts de production augmentent bien plus rapidement en Grèce que dans les autres pays de la zone euro.

Les Grecs achètent de moins en moins de produits fabriqués en Grèce. Ils préfèrent les produits allemands ou français bien moins coûteux. Ainsi la balance commerciale grecque avec les autres pays de la zone euro se détériore chaque jour un peu plus. Malgré le tourisme qui attire de plus en plus de monde en Grèce.

Pour rétablir la compétitivité des entreprises grecques, il n’existe, à notre connaissance, qu’une seule solution logique : modifier la parité fixe liant la drachme à l’euro. Il faut la diminuer de 35 % environ.

Nos responsables pensent que le seul moyen d’y arriver serait de faire sortir la drachme de l’euro. Le marché déterminerait alors la parité entre les deux monnaies.

Or les responsables politiques européens veulent conserver l’euro et tous ses avantages. Ils décident donc de prêter à faible coût, voire de donner, de l’argent au gouvernement grec pour qu’il puisse rééquilibrer son budget. À une condition bien précise et impérative : le gouvernement grec doit supprimer en quelques années son déficit budgétaire.

Nos dirigeants ne parlent absolument pas de modification des parités, car ils sont persuadés qu’une telle modification ne peut se faire qu’en sortant de l’euro.

Les entreprises grecques continueront à être de moins en moins compétitives, puisque rien n’est fait du côté des parités. Le chômage ne peut qu’augmenter.

Par ailleurs, le retour rapide à un budget équilibré exige soit une augmentation des impôts, soit à une diminution des allocations trop généreusement distribuées depuis dix ans. Le pouvoir d’achat des Grecs va donc baisser dans les années qui viennent.
Par de telles décisions et en toute logique, les gouvernements européens vont donc augmenter le chômage, déjà très élevé, et réduire le pouvoir d’achat des Grecs.

Les salariés et retraités grecs ont parfaitement saisi les conséquences désastreuses pour eux des décisions prises par les gouvernements européens.

Sous l’influence du Pasok, le syndicat largement subventionné par le gouvernement socialiste grec, ils se lancent dans de vastes manifestations essayant de s’opposer à la réduction de leurs revenus. Des affrontements parfois violents avec la police ont déjà eu lieu et d’autres manifestations sont prévues dans les prochains jours.

Quand le chômage dépasse 10 %, dans un pays démocratique, des violences de plus en plus importantes surviennent toujours. Elles sont responsables de morts. Or, le chômage en Grèce dépasse 20 %…

L’Espagne, l’Irlande, le Portugal, et même la France, sont dans des situations comparables à celle de la Grèce
. Il faudra que les gouvernements européens trouvent des centaines de milliards d’euros pour y appliquer la même politique. Ils n’en ont pas les moyens.
Alors qu’il existe une autre politique possible. Modifier la parité liant les monnaies à l’euro pour rendre les entreprises compétitives et faire baisser les prix en réduisant les impôts touchant les entreprises.

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En bref
Absentéisme
On estime l’absentéisme dans le privé à 5,5 %, tandis qu’il s’élève à 6 % dans les collectivités locales de moins de 10 agents, à 11 % dans les collectivités locales de plus de 350 agents, et qu’il varie entre 9 et 14 % selon les établissements publics hospitaliers…

Chiffres significatifs
Euro > Les ministres des Finances de la zone euro ont décidé de faire passer de 250 à 440 milliards d’euros la capacité d’action du Fonds européen de stabilité financière. Seul (menu) problème : où trouve-t-on l’argent ?…

administration > 58 % des Français apprécient l’as­pect pratique des services en ligne désormais offerts par l’administration, mais 57 % d’entre eux jugent que la qualité du service a baissé et 45 % que la dématérialisation des services publics est trop poussée.

Proxénète > Une enquête sociologique a été réalisée auprès de 25 anciens proxénètes canadiens. On y découvre des chiffres intéressants : 68 % des proxénètes ont commencé par être prostitués ; 76 % ont été agressés sexuellement dans leur enfance ; et 60 % d’entre eux ont payé les forces de l’ordre pour exercer leur « métier » tranquillement…

Afrique > Depuis 2004, on estime qu’au moins 30 mil­lions d’hectares de terres agricoles africaines ont été vendus à des investisseurs, majoritairement occidentaux : le pays le plus concerné est le Mozambique (10,3 millions d’hectares), devant le Zimbabwe (3 millions), le Congo (3 millions), le Soudan (2,2 millions) et la Zambie (2 millions)…

Emploi > Les employeurs franciliens envisagent d’embaucher 263 100 personnes en 2011.




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