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L’euro, le chômage et le pouvoir d’achat


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Trémeau Bernard - mercredi 30 août 2006


La Banque centrale européenne (la BCE) vient d’augmenter par deux fois ses taux courts. Elle estime donc qu’un risque inflationniste existe en Europe. Elle réduit la quantité de monnaie émise en augmentant le prix du crédit. Emprunter coûtant plus cher, les entreprises et les particuliers empruntent moins.

L’euro est une monnaie commune utilisée par une quinzaine de pays européens. Or, certains de ces pays ont conservé la totalité des contraintes inflationnistes qu’ils imposent à leur économie. La France en a même rajouté depuis la création de l’euro, en augmentant par exemple massivement le SMIC ou en exigeant de payer 35 heures comme 39. D’autres pays, comme l’Irlande, ont au contraire fortement réduit les impôts. Tandis que la France a maintenu ses prélèvements à un niveau supérieur à 50 % du PIB, l’Irlande les a réduits à partir de 1985 de 51 à 35 %, réduisant ainsi l’inflation induite.

La Banque centrale européenne est obligée de tenir compte de ces disparités dans la mission qu’elle a reçue des gouvernements : maintenir l’inflation de l’euro en dessous de 2 %. Mais, dans l’état actuel des traités européens, elle émet sa monnaie pour l’ensemble des pays européens. Le prix de l’argent à emprunter est le même en Irlande ou en France. Mais l’effet de la monnaie empruntée sera totalement différent en Irlande ou en France.

En Irlande, du fait de la suppression des mesures inflationnistes imposées par le gouvernement, l’inflation ne détruit plus la valeur de la monnaie créée. Le pouvoir d’achat augmente rapidement. En France au contraire, du fait des mesures inflationnistes imposées par l’État, la valeur de la monnaie est réduite. L’ouverture du Marché national aux produits étrangers à faible prix de revient (les chemises chinoises) maintient les prix des produits fabriqués pratiquement stables. Mais aujourd’hui, 70 % de ce que consomment les Français se situe dans les services. La concurrence étrangère ne joue plus et l’inflation progresse. Cette inflation réduit la progression du pouvoir d’achat des Français. La progression du PIB se situe en dessous de 2 % et la production s’adapte à l’offre. Le chômage apparaît et aggrave encore la situation.

Depuis quelques années, la BCE avait une politique de taux relativement faibles, espérant qu’une plus grande quantité de monnaie émise allait finalement faire redémarrer l’économie. Les responsables politiques et économiques de nombreux pays européens exerçaient d’ailleurs une forte pression sur la BCE, lui demandant de baisser encore plus ses taux pour s’opposer au chômage. La BCE a toujours résisté. Et elle vient même d’augmenter par deux fois ses taux courts pour s’opposer à l’inflation.

Quand on crée moins de monnaie, on réduit en principe la progression du pouvoir d’achat, mais quand on s’oppose à l’inflation, on augmente au contraire le pouvoir d’achat. L’augmentation des taux courts peut alors s’accompagner d’une augmentation du pouvoir d’achat.

Depuis 1984, les Irlandais ont choisi démocratiquement des gouvernements qui ont libéré l’économie des contraintes imposées par l’État. Grâce à cette action, l’inflation n’a plus réduit leur augmentation de pouvoir d’achat.

Pendant ces vingt années, leur PIB grimpe de plus de 6 % par an (moins de 2 % en France) ;
- le pouvoir d’achat du pays a été multiplié par 2,67 (en France 1,37) ;
- les revenus de l’état ont été multipliés par 1,9 malgré la réduction des impôts (en France 1,4) ;
- le pouvoir d’achat des particuliers a été multiplié par 3,5 (1,4 en France) ;
- le chômage a disparu et l’Irlande manque de main-d’œuvre (chômage 9 % en France) ;
- les dépenses sociales ont été multipliées par 2,18 (en France par 1,45).
Tous ces chiffres montrent qu’en réduisant les contraintes inflationnistes imposées par l’État, on augmente bien plus rapidement et les revenus des salariés et les revenus de l’État, et la politique sociale de l’État.
Mais pour imiter l’Irlande, il faut que 51 % des Français connaissent tous ces chiffres…

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Comparer les données économiques et géopolitique de la France et de l'Irlande, avec le comparateur de pays de l'Atlas du monde


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En bref
Fonctionnaires
La rémunération brute des directeurs d’administration centrale augmentera de 20 % cette année, grâce à des primes.

Chiffres Significatifs

Sans-papiers á La circulaire du 13 juin a entraîné entre 25 000 et 30 000 demandes de régularisation de sans-papiers.

Violences á En France, les violences à la personne ont augmenté de plus de 7 %, les violences gratuites de 10 %, en un an.

UE á Sur les 2,2 millions de mariages célébrés dans l’Union européenne chaque année, 350 000 sont internationaux.

Pyromanes á Chaque année, dans le monde, les incendies volontaires détruisent 500 millions d’hectares de forêt.

Taille á 9 % des hommes français mesurent plus de 1,90 mètre, près de 20 % culminent à 1,65 mètre.

Pactole á Les petits Français de 7 à 15 ans reçoivent un total annuel de deux milliards d’euros en argent de poche.

Drogue á L’exportation de l’opium a rapporté plus de 2 milliards de dollars (1,6 milliards d’euros) à l’Afghanistan, en 2005.

Sécurité á Seuls 2 % des conteneurs entrant aux USA sont contrôlés.

Irak á Une centaine de civils irakiens, en moyenne, sont tués chaque jour.

Soudan á Depuis 2003, le conflit du Darfour a fait entre 180 000 et 300 000 morts.

Côte d’amour á 82 % des Israéliens aiment leur armée.




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