Dumait Alain - mercredi 21 janvier 2009
euro
Il y a des jours où on préférerait avoir tort que raison. C’est précisément mon cas concernant l’analyse de la crise économique dans laquelle nous sommes maintenant installés. Je me réjouirai que tous ces plans de relance produisent l’effet attendu. Mais je suis obligé de dire que je suis de plus en plus persuadé du contraire…
Ce n’est ni le capitalisme ni les lois du marché qui sont responsables de la crise, mais bien au contraire les pouvoirs publics, avec les différentes politiques mises en œuvre pour réglementer, contrebalancer ou contourner ces lois, dont le principal inconvénient est de ne pas obéir aux hommes politiques ! C’est en tout cas la thèse que je défends depuis plusieurs mois (voir mon blog www.dumait.fr).
On parle des excès du capitalisme. Mais je ne vois que des ratés du dirigisme ! Prenons deux exemples parmi cent. On parle d’une régulation insuffisante. Mais les moins régulés des organismes financiers que sont les hedge funds sont aussi ceux qui ont le moins de responsabilités dans la situation présente. Et je remarque que les entreprises les plus caractéristiques du capitalisme traditionnel, les entreprises moyennes patrimoniales, cotées ou non, sont aussi celles où il y a le moins de problèmes avec les parachutes dorés et autre primes au mérite…
Si ce point de vue est exact (et les marchés financiers semblent le penser très fort !) les plans de relance et le retour de l’État ne feront qu’ajouter de la crise à la crise.
La seule relance possible, c’est la baisse des impôts !
La seule façon « d’aider » les entreprises à passer le cap de la crise, ou « d’inciter » les ménages à consommer davantage, est de baisser les impôts et les taxes, ce qui redonne immédiatement du pouvoir d’achat aux uns et des marges de manœuvre aux autres. Alors que les aides « ciblées » sont par définition inégales et injustes. Elles introduisent le désordre économique.
Une telle baisse des prélèvements publics pourrait être d’autant plus importante que la situation financière de l’État considéré est solide, à savoir qu’il est le moins endetté possible. Au contraire, si un tel État aborde la crise avec une situation d’endettement à la limite de ses possibilités, il ne pourra pas faire grand-chose, sauf à transformer ses déficits en gouffres. Et c’est exactement la situation où se trouve l’État français ! Il n’a pas voulu assainir son bilan depuis plus de trente ans ; il a préféré accumuler les déficits sans autre raison que l’entretien d’une sphère publique hypertrophiée ; il s’est comporté comme la cigale de la fable ; et maintenant il ne peut plus faire ce qu’il serait devenu opportun de faire, à savoir du déficit public, par la baisse des impôts !
Le gouvernement – celui-ci comme ses prédécesseurs – s’étant, par imprévoyance, laxisme ou démagogie, privé de la disposition de cette arme anti-crise (la relance par la baisse des impôts), il ne lui reste que deux solutions : ne rien faire, ou en faire trop, par rapport à des marges de manœuvre insignifiantes, et prendre alors le risque de mettre en cause le crédit de la signature de l’État français.
Ne rien faire serait peut-être dans la nature de certains ministres, voire du premier d’entre eux, et ce serait sagesse… Mais ce n’est pas exactement l’image que le président Sarkozy veut donner de lui. Il y a donc aujourd’hui un risque plus important encore que la crise financière et économique, c’est celui de la banqueroute de l’État français.
Déjà, à travers le monde, une vingtaine de pays se sont déclarés incapables de rembourser leurs dettes en faisant face à leurs échéances.
Au sein de la zone euro elle-même, des pays comme la Grèce, l’Espagne le Portugal et l’Italie ne trouvent à emprunter qu’en promettant une prime, qui donne à penser que la monnaie européenne n’est pas si solide que ça, et que les fantaisies budgétaires de certains États (dont la France), ajoutées aux déficits structurels des balances commerciales (comme celle de la France) pourraient avoir bientôt raison de cette construction artificielle et 100 % technocratique qui s’appelle l’euro.
Qui ne voit en effet que, dans certaines situations, l’ajustement par le cours des changes est une nécessité ? Pour l’Allemagne, la monnaie unique européenne est sous-cotée. Mais, pour plusieurs autres pays de la zone euro, elle est trop chère. D’au moins 15 % dans le cas de la France.
La Banque centrale européenne sera-t-elle garante de la dette grecque et des autres pays du « Club Med » ? L’euro pourra-t-il supporter une remise en cause des parités originelles ? On peut en douter…
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