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L’histoire, en France, s’écrit au Parlement


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Milliere Guy - mercredi 04 janvier 2012


Les massacres subis par la population arménienne en 1915-1916 ont été un crime effroyable commis par l’armée turque de l’époque. C’est incontestable.
La Turquie devrait se pencher sur son passé, c’est incontestable aussi. Le gouvernement turc actuel dérive vers l’islam radical. L’entrée de la Turquie dans l’Union européenne en ces con­ditions serait inconcevable, c’est clair.

On ne peut néanmoins que s’interroger sur le fait que le gouvernement français ait choisi la fin du mois de décembre 2011 pour faire voter une loi prévoyant de punir sévèrement toute négation du « génocide arménien ».

Il serait temps de laisser aux régimes autoritaires et totalitaires la volonté de faire écrire l’histoire par des assemblées politiques et de dicter aux historiens ce que leurs travaux doivent contenir. Cela se faisait sous Hitler en Allemagne et sous Staline en Union soviétique. Cela se fait encore en Chine communiste ou en Corée du Nord. Il est navrant que cela se fasse en France.
On peut se demander aussi si ce type de décision est la meilleure manière de conduire la Turquie à renoncer à sa dérive présente. On peut d’ailleurs penser que ce n’était pas le but.

Et on peut, dès lors, se poser la question de savoir quel était le but, si tant est qu’il y en ait un. Attirer les voix de la communauté arménienne vers Nicolas Sarkozy ? Le nombre d’Armé­niens en France est trop faible pour qu’on puisse imaginer que ce soit la réponse.
Pousser Erdogan à sortir de ses gonds et montrer que Nicolas Sarkozy lui tient tête ? Peut-être…

Je renonce à chercher la réponse. En tout cas, je ne la trouve pas dans les propos de ceux qui se drapent dans les plis de la dignité et de la vertu. Je vois là un geste erratique de politique politicienne aux antipodes de l’idée que je me fais du droit et de la liberté de parole. Les idées négationnistes ne se combattent pas par décret, mais par le travail des idées.
Je vois là une posture d’affichage vaine. Si le gouvernement français se préoccupait vraiment du droit, il ne prendrait pas po­sition sur ce qui s’est passé il y a près d’un siècle, mais sur ce qui se passe aujourd’hui.

L’armée turque massacre des Kurdes dans le Sud du pays : que fait le gouvernement français à ce sujet ?
Les dirigeants turcs tiennent des propos inadmissibles sur Israël et les Juifs : que fait le gouvernement français ?
Le président, turc, de l’Organi­sation de la Conférence islamique, Ekmeleddin Ihsanoglu, mène activement campagne à l’échelle internationale pour que le blasphème et l’« islamophobie » deviennent des délits, ce qui interdirait tout discours critique concernant l’islam dans les pays qui céderaient à la pression. Quelle est la position du gouvernement français ? Que pense-t-il des activités d’Ekme­leddin Ihsanoglu ?
Les réponses à ces diverses questions n’existent pas. On parle, au contraire, chez Alain Juppé, d’« islamisme modéré », en faisant semblant de ne pas s’apercevoir que les mots « islamisme » et « modéré » ne peuvent coexister.

On continue à mener une politique d’apaisement face à l’offensive islamiste radicale qui parcourt l’ensemble du Moyen Orient. On fait comme si on ne voyait pas que la Turquie d’Erdogan joue un rôle très actif dans cette offensive.
Sur le site du ministère des Affaires étrangères, concernant les relations avec la Turquie, on lit ceci : « Malgré les divergences sur la question de l’adhésion de la Turquie à l’UE, la France considère la Turquie comme un pays partenaire im­portant, avec lequel elle souhaite entretenir une relation forte, amicale et pérenne. » C’est de l’hypocrisie ou de la lâcheté ? Non, disons que c’est de la diplomatie.

On lit aussi : « Nous déplorons le recours à des formules excessives et à des attaques personnelles qui ne sont pas à la hauteur des enjeux ni de l’intérêt mutuel de nos relations. » La diplomatie française, bien évidemment, est tout à fait à la hauteur des enjeux et trouvera bien le moyen de préserver « l’intérêt mutuel », lorsque, après l’effet d’annonce sur le « génocide arménien », il s’agira de passer aux choses sérieuses et de reconnaître qu’Allah est grand, et que la soumission dans des dossiers bien plus importants que le « génocide arménien » est la posture adéquate…

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En bref
Drone
Les Iraniens ont intercepté un drone d’observation américain, qu’ils envisagent de copier pour le produire en série.

Chiffres significatifs
HLM > On estime que 11 % des 4,3 millions de ménages qui vivent en HLM dépassent les plafonds des barèmes d’attribution. Ce chiffre s’élève à 5 % pour les locataires dépassant les plafonds de plus de 20 % et à 0,3 % pour les locataires dépassant les plafonds de plus de 100 %…

Exécution > La décapitation, le 12 décembre, d’une Saoudienne accusée de sorcellerie, était la 73e exécution capitale recensée dans ce pays depuis le début de l’année 2011.

Français > 66 % des Fran­çais se disent prêts à payer entre 5 et 10 % plus cher pour des produits fabriqués en France.

Insertion > Environ 3 % des foyers allocataires du RSA socle (non associé à des revenus provenant d’activité professionnelle) connaissent une reprise d’emploi chaque mois.

Immigration > Le programme du FN pour 2012 prévoit la réduction de l’immigration légale qui passerait, en 5 ans, de 200 000 à 10 000 entrées par an.

Cravate > Les perturbations climatiques ne perturbent pas seulement le climat, mais aussi (principalement ?) les cerveaux des hommes politiques. Dernier exemple en date : les ministres chiliens, à l’instigation du ministre de l’Énergie, Rodrigo Alvarez, ont retiré leur cravate dans une publicité. Ils souhaitent donner l’exemple de ce geste « citoyen » : retirer la cravate permet de baisser la climatisation et donc de faire des économies d’énergie. À quand la double cravate pour l’hiver ?




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