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L’homéopathie est réellement efficace |
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Lassieur Pierre - mercredi 19 décembre 2007
« Le Figaro » du 23 novembre rapporte des propos très défavorables à l’homéopathie tenus dans la revue médicale britannique « The Lancet ». Les arguments n’ont rien de nouveau et certains manquent de rigueur scientifique. Est-il scientifique, par exemple, de prétendre que si, « au XIXe siècle, dans la grande épidémie de choléra, la mortalité était trois fois inférieure dans un hôpital homéopathique à celle d’un hôpital allopathique », c’était uniquement parce que les allopathes auraient envoyé leurs malades « ad patres » en leur faisant des saignées ? C’est une affirmation sans preuve.
Il est erroné de soutenir que l’homéopathie ne produit pas d’effets secondaires. Que les allopathes - qui déclarent qu’il ne s’agit que de poudre de perlimpinpin - prennent donc, sans préparation, plusieurs doses de Sulfur 9 CH ; ils devront reconnaître leur erreur, quand ils se verront subitement victimes d’une crise hémorroïdaire ou d’un eczéma aigu. Pour un bon médecin homéopathe, la crainte de provoquer une aggravation est un souci constant.
Le défaut majeur de la défense de l’homéopathie, c’est que la plupart des homéopathes, exerçant sous forme libérale, ne disposent pas de statistiques, jugées indispensables aujourd’hui. En revanche, il est nécessaire de rappeler que l’homéopathie réussit très bien en médecine vétérinaire et chez les nourrissons. Prétendra-t-on que les animaux et les nourrissons seraient sensibles à l’effet placebo ?
Toutefois, le médecin homéopathe doit bien connaître la frontière entre les indications de l’homéopathie et celles de l’allopathie. C’est pourquoi je n’ai traité, et par pitié, que les cancers abandonnés par l’autre médecine, en période terminale.
Cependant, un jour, un de mes clients (53 ans, contremaître, dur à cuire), qui ne m’avait jamais consulté que pour des broutilles, vient me voir pour de très violentes douleurs gastriques, avec nausées et vomissements. Je lui fais faire une gastroscopie avec biopsies, qui montre un cancer de l’estomac (mortalité 95 %) et je l’envoie immédiatement au chirurgien, lequel, pour des raisons d’emploi du temps, ne peut l’opérer que quinze jours plus tard.
On dit que le cancer n’est jamais une urgence. Dans ces conditions, je juge que, durant ces quinze jours, il y a place pour l’homéopathie et pour elle seule. Je prescris donc les granules appropriés. Au bout de trois jours, tous les symptômes ont disparu, le malade se sent bien, il a retrouvé l’appétit et refuse de se faire opérer, ce dont je le dissuade.
Le clou de l’affaire se situe lors de l’opération, à laquelle j’assiste évidemment. Le chirurgien palpe et repalpe l’estomac, qu’il trouve, au toucher et à l’œil, absolument normal. Cela l’étonne beaucoup. « Apportez-moi les radios ! » demande-t-il. On les affiche au mur. Les lésions sont énormes. « On s’est trompé de malade », dit-il. Je vais vérifier, moi qui suis seul à bien le connaître. De l’autre côté du champ, c’est son visage, pas le moindre doute. Le désarroi grandit. « Appelez X… ! », un autre chirurgien, qui opère dans la salle contiguë, vient aussitôt et examine, lui aussi, l’estomac avec minutie.
Enfin : « Je crois que c’est un tout petit peu moins souple à cet endroit-là », dit-il. Durant dix minutes a régné une intense stupeur, puis l’estomac est enlevé presque en entier. Les suites opératoires ont été très simples. J’ai encore suivi ce patient durant dix ans, qu’il a passés en bonne santé apparente, puis j’ai cessé d’exercer et je l’ai perdu de vue.
L’examen de la pièce opératoire avait confirmé le diagnostic de cancer, mais les lésions visibles étaient beaucoup moins denses. Le chirurgien n’a pas voulu reconnaître qu’il y aurait eu action sur le cancer. « Il s’y ajoutait, a-t-il dit, de très importantes lésions inflammatoires. C’est cette inflammation que vous avez fait disparaître ».
Il ne faudrait pas en conclure que l’homéopathie guérit le cancer. Elle traite les malades de façon personnalisée, chacun selon son tempérament, et non leur maladie au moyen d’un traitement standard. Les résultats ne sont donc pas superposables d’une personne à l’autre. Cependant, le cas que je viens de rapporter et de nombreux autres, relatifs à d’autres maladies, rencontrés au cours de ma carrière, montrent que la question de l’homéopathie est complexe et qu’on ne peut la traiter avec des bavardages à tendance diffamatoire qui se contentent de reprendre les arguments superficiels utilisés contre elle depuis deux cents ans.
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