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L’hommage des responsables européens à un chef terroriste !


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Dumait Alain - mardi 30 mars 2004


Quand un peuple a peur, quand il est en attente de protection, et même prêt à tout, ou presque, pour éviter d’affronter son ennemi, il est plus enclin à voter à gauche qu’à droite. On l’a vu en Espagne, et on vient de le voir en France, car c’est certainement, dans une mesure difficile à apprécier bien sûr, un des éléments d’explication du vote-surprise - du fait de son ampleur - dont a bénéficié la gauche française institutionnelle (le PS, le PCF, un peu les Verts, mais pas les gauchistes), dimanche dernier 21 mars.

Cette loi est d’ailleurs universelle. Le principal titre de gloire du démocrate américain, John Kerry, n’est pas tant d’être un ancien de la guerre du Vietnam que d’avoir été un opposant farouche à celle-ci après avoir été démobilisé de l’armée. Si un jour les travaillistes israéliens reviennent au pouvoir, ce changement de bord politique sera immédiatement, et à juste titre, interprété comme une victoire des colombes sur les faucons… C’est l’Occident tout entier qui semble gagné aujourd’hui non seulement par la peur, mais aussi par la lâcheté…

Cette peur est parfaitement légitime. Avec le terrorisme islamiste mondialisé, nous sommes entrés dans une nouvelle ère où, non seulement nous sommes tous menacés d’être frappés pour la seule raison d’être de l’Occident et de ne pas appartenir à la communauté musulmane, mais encore où nous avons de plus en plus de probabilités d’être effectivement frappés. Car, comme l’a dit avec réalisme un ministre britannique la semaine dernière, il est plus que probable que nos villes seront, à leur tour, les cibles d’attentats terroristes à caractère massif…

Déjà, avec l’apparition de la bombe atomique, on avait bien noté le déséquilibre croissant entre le pouvoir de produire et le pouvoir de détruire. Avec cette arme, le but de la guerre n’était plus la paix, comme l’avait noté Emmanuel Kant à propos des conflits classiques, mais au contraire une destruction illimitée. Après les deux bombes lancées sur le Japon par les Américains en 1945, nous avons connu l’équilibre de la terreur. Mais un équilibre de plus en plus fragile, comme le montrent les exemples actuels du Pakistan, de l’Iran ou de la Corée du Nord.

À ce risque nucléaire, toujours présent et même plus menaçant que jamais, s’ajoute donc désormais le risque terroriste, en particulier islamiste, prêt à tout pour détruire l’Occident. Le choix est de se coucher ou au contraire de se dresser. À ce jour, au moins en Europe, on se dresse en paroles, au mieux, mais on se couche en actes !

On sait que les groupes terroristes dangereux sont multiples et souterrains mais aussi, presque toujours, même occasionnellement, reliés les uns aux autres. À Madrid, la piste ETA, non seulement n’était pas absurde, mais elle n’est toujours pas, à ce jour, écartée. Les explosifs utilisés proviendraient même de surplus de l’organisation basque.

De même, bien que compliqués, les liens existent entre les organisations qui opèrent en Algérie ou au Maroc, sont implantés en Grande-Bretagne, en France ou ailleurs. Elles sont aussi en contact avec celles du Moyen-Orient et de tous les autres théâtres d’opérations terroristes qui, aujourd’hui, vont de la côte Ouest des États-Unis jusqu’aux fins fonds de l’Indonésie, aux frontières de l’Australie.

Dans ce contexte, toute initiative, toute déclaration des pouvoirs publics doit être pesée au gramme près. Et il serait préférable qu’aucun dirigeant occidental ne tienne plus jamais des propos qui puissent être interprétés comme un encouragement au terrorisme.

L’exécution de Cheikh Ahmed Yassine, principal dirigeant de la puissante organisation terroriste Hamas, lundi dernier, par l’armée israélienne, ne fut une surprise pour personne, car l’intéressé était depuis longtemps sur la liste des personnes à abattre pour son implication concrète dans des centaines d’attentats ayant endeuillé des centaines et des centaines de familles israéliennes. Et, à partir du moment où il n’était pas seulement un chef spirituel, mais bel et bien, aussi, un chef militaire, il n’est pas sûr que les lois internationales, en l’occurrence celles de la guerre, n’autorisaient pas Tsahal à agir comme elle l’a fait. Mais, admettons que nos chefs d’états européens aient été sincèrement à la fois surpris et scandalisés de cette action, ils n’auraient pas dû, pour autant, parler si complaisamment d’« assassinat », montrant une fois encore davantage de compassion pour une victime terroriste que pour les victimes de celui-ci.

Aussi longtemps que les politiciens européens réserveront leurs pleurs, leurs excuses et leur compassion aux terroristes, plutôt qu’à leurs victimes, aussi longtemps qu’ils stigmatiseront ceux qui luttent concrètement contre eux, tous leurs discours antiterroristes seront sans crédibilité.


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