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L’horreur européenne et l’asphyxie des peuples.


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Bonnal Nicolas - lundi 26 septembre 2011

euro
François Furet disait dans son célèbre livre sur la révolution qu’il fallait la penser en son mystère central : 1793 était contenu en germe en 1789. Est-ce que l’horreur européenne de Trichet, Merkel et Papandréou était contenue en germe dans le traité de Rome ? Rome n’a jamais représenté, à part Virgile ou Juvénal si éclairants pour nous, que l’Empire, l’impuissance devant les invasions barbares (tiens, tiens…), la bureaucratie, le gel fiscal, le génocide gaulois et aussi la foutaise des élections démocratiques achetées, et qui supposaient une invasion-pillage à chaque fois… La communauté européenne s’est dirigée depuis Delors et Mitterrand, depuis aussi la réunification allemande, contre les peuples qu’elle va martyriser de plus en plus. L’union européenne, ce sera les mauviettes et la réunification, pour paraphraser une formule léniniste célèbre. L’union ferait notre faiblesse.

Toute administration tend à se développer, à devenir pléthorique et à dévorer le troupeau qu’elle prétend avoir sous sa charge. Au moyen âge, l’administration royale si cruelle a aussi prétendu mettre fin à nos libertés au nom de la mission royale : moins le monarque était croyant d’ailleurs, et plus il la développait, son administration... Aujourd’hui c’est au tour de l’Europe des fous de Bruxelles qui n’ont pourtant que des ordinateurs à leur service. Peut-être faudra-t-il un jour en finir avec cette aliénation technologique, comme dans 2001 l’odyssée de l’espace ?

Je pense aux Grecs, si mal vus par Virgile, à la torture des Grecs : les Grecs auront été nos maîtres, ils sont maintenant nos martyrs. Les bourreaux de Bruxelles leur demanderont de diviser par deux les salaires, de doubler les impôts et la TVA, de diviser par deux le nombre de fonctionnaires et de jeter les gens à la rue, le tout pour pouvoir rembourser la dette immonde contractée pour entrer dans l’Europe, et ce alors même que le peuple n’a rien demandé, comme tous les peuples d’ailleurs.

Je crains les Grecs, même lorsqu’ils apportent des cadeaux, dit Laocoon dans l’Enéide, peu avant d’être dévoré par le serpent de Poséidon, qui a tout d’ailleurs du serpent monétaire qui nous dévore depuis vingt ans, depuis, je le répète, que l’on a accepté le diktat monétaire allemand lors de la réunification maudite du même pays.

Asphyxia : c’est un des mots que je parvenais à lire sur la manchette des journaux grecs. Pour leur bien en effet, les Grecs doivent mourir asphyxiés, comme les Espagnols tués par l’euro, comme l’Irlande et le Portugal, comme bientôt le reste de l’Europe. Et il ne faut pas laisser croire à ceux qui aiment Trichet, pardon, tricher, qu’ils s’en sortiront mieux que les autres.

Trichet aime se vanter tant qu’il peut de la fin de l’inflation en Europe et de sa lutte contre cette crise la plus grave depuis 1945, je pourrais lui rappeler pour quarante francs suisses de l’heure que les nazis étaient justement au pouvoir jusqu’en 1945 en Europe, quand il n’y avait pas de crise ! Qu’eux aussi avaient maîtrisé l’inflation, et qu’ils la maîtrisèrent jusqu’au bout ; et qu’eux aussi imposèrent une monnaie inique avec un change complètement artificiel qui faisait les délices des militaires allemands à Paris ; et que pour ce qui est de voler les contribuables de tous les pays, les nazis ne se gênèrent pas, comme Jean sans terre, cet éternel modèle des grands régimes affamés de taxes, qui arrachait aux Juifs chaque dent pour remplir les caisses de son coffre désolé. On est bien d’accord que la situation n’a pas été pire depuis 1945, avec la ville de Paris dix fois plus cher qu’en 1980 au mètre carré !

Tout est fantastique parce que si on va mettre les Grecs au chômage, c’est pour les sauver ; si les Grecs et les autres doivent tout payer plus cher, c’est pour leur bien ; et si les Grecs doivent rembourser 300 milliards d’euros pour rembourser les traités que des politiciens socialistes et corrompus ont signés pour eux, c’est également pour leur bien. La bureaucratie, pardon, la bourreaucratie européenne fonctionne comme le monstre Ugolini des contes pour enfants qui dévore ses enfants pour leur garder un père. L’Europe ici dévore les peuples pour leur garder un maître. Et quel bon maître !

Il faudra en faire des choses, pour sauver l’euro (ablatif latin de l’Eurus, ce vent qui terrorisait les poètes et les navigateurs) et la grosse commission de Bruxelles : il faudra sucrer les retraites ; multiplier les avortements économiques, le fameux génocide bienveillant ; il faudra doubler les impôts et les surtaxes, diviser les revenus, envoyer tous les emplois en Inde ou bien en Chine ; et le tout pour sauver une Europe qui ne fait que notre bonheur ? Mais dans quel cauchemar sommes-nous entrés ? Pouvons-nous nous penser et puis nous réveiller ?

Quel est le prochain sur la liste ? Et quand la France perdra son triple A, reste de l’agonique exception française, qu’est-ce qu’on fera ? On continuera à nous tondre, comme dans l’enfer sartrien ?

Réveillez-vous, Français, on va être en 2012 ! Pour les 600 ans de notre sainte patronne, il faut bouter l’Europe hors de France !


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