Courrier - mardi 20 octobre 2009
internet
Nous avons tous rêvé de démocratie directe. Lorsque nous serons tous connecté à Internet, cela deviendra techniquement possible. Mais force est de constater que, malgré nos aspirations, malgré notre désir d’avoir une opinion sur tout et donc d’être consultés sur tout, malgré notre réticence à tout déléguer aux responsables politiques de nos nations, nos sociétés ne sont pas prêtes. Répondre par oui ou par non à des questions d’une complexité phénoménale relève de la quadrature du cercle, même si cela nous renforce dans la conviction que nos dirigeants ne sont pas plus capables que nous de trancher.
Deux faits sont récemment venus confirmer ce diagnostic. Tout d’abord, le résultat du second référendum irlandais sur le traité de Lisbonne venu massivement contredire le premier. Pas une virgule n’a été changée, mais le contexte était différent : la crise a montré que l’union rendait moins vulnérable et on a pris le temps d’expliquer aux électeurs que leurs craintes étaient largement infondées.
Ensuite le référendum « d’initiative cégétiste » sur la soi-disant privatisation de La Poste. La question, soigneusement préparée par les syndicats, laissait entendre que le gouvernement allait privatiser La Poste de manière imminente alors qu’il n’en est pas question. Les « bureaux de vote » étaient tenus par des militants qui ne se privaient pas d’agiter le spectre d’une poste au service du grand capital, abandonnant à leur sort des « usagers » qui n’en pourraient mais.
Roger Saint Pierre
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