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L’inconduite de Grenoble


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Vautrin Pierre - jeudi 22 juillet 2010

violences

A moins de deux ans de l’élection présidentielle, le président de la République se souvient qu’il a été élu, comme le lui reprochait la gauche à l’époque, sur un discours « sécuritaire ». Trois ans plus tard, où en est-on ?

Il ne se passe pas une semaine, voire un jour, sans que les médias ne fassent état d’un fait divers grave. Tantôt c’est un conducteur battu à mort par une bande pour avoir voulu faire un constat à l’amiable après un accrochage en voiture, tantôt un jeune homme poignardé pour une cigarette. Quand le ministre de l’Intérieur se réjouit d’une diminution de la délinquance, les Français, eux, regardent les statistiques des agressions contre les personnes, qui augmentent. Ce sont celles-là qui les intéressent, plus que celles des vols à la roulotte, parce qu’elles illustrent la montée de la violence, non seulement physique mais aussi verbale, qu’ils constatent quotidiennement.

Deux histoires, que l’on m’a rapportées à vingt-quatre heures d’intervalle, illustrent cette situation. Une amie me racontait récemment comment une institutrice de sa connaissance, ayant mis au coin un petit voyou âgé de trois ans qui l’avait traitée de p… en la menaçant de mort, avait eu le lendemain, à l’école, la visite du père, maghrébin, venu l’avertir qu’il lui « casserait la gueule » si elle recommençait à punir son fils.

La deuxième anecdote ressemble à la première : une autre institutrice, ayant refusé de confier une fillette maghrébine à une adolescente qu’elle ne connaissait pas et qui venait la chercher trois heures après la fin des classes (la mère étant partie à l’étranger sans prévenir l’école), a été insultée et menacée par cette merdeuse, dans des termes dignes d’un footballeur de l’équipe de France, à tel point qu’elle a dû faire appel aux policiers – qui se sont eux-mêmes fait copieusement injurier.

Le premier stade de la violence, c’est ce manque de respect et de considération de l’autre, cette agression verbale qui peut aisément dégénérer en voie de fait, pour peu que les « grands frères » ou les parents s’en mêlent. Très souvent, en outre, s’y mêlent des considérations raciales – c’est devenu un truisme que de rappeler que le racisme n’est pas à sens unique, il s’en faut de beaucoup.

La démission de l’autorité au plus haut niveau et le refus de sévir contre la racaille, dicté à la fois par la peur que les banlieues ne s’enflamment de nouveau et par une idéologie qui fait, des voyous, les victimes de la société, conduisent droit aux événement de Grenoble, où l’on tire à balles sur les policiers, et de Saint-Aignan, dans le Loir-et-Cher, où une cinquantaine de « gens du voyage »* détruisent une gendarmerie et mettent la ville à sac parce que l’un d’entre eux, délinquant multirécidiviste, s’est fait tuer en fonçant en voiture sur un gendarme. 300 militaires sont expédiés en renfort, non pas pour cerner le camp desdits « gens du voyage » et arrêter les responsables des déprédations commises, mais pour « sécuriser » le bourg de Saint-Aignan, où les agresseurs ont promis de revenir.

Sur quoi, le ministre de l’Intérieur, Brice Hortefeux, déclare qu’« Il n’y a pas d’avenir pour les délinquants » et le président de la République lui-même affirme que ce qui s’est produit à Saint-Aignan est intolérable.

On ne le leur fait pas dire. Mais les événements de Grenoble et de Saint-Aignan n’arrivent pas comme une tornade dans un ciel serein. Ils s’inscrivent dans le climat général de notre société. Or, si l’on cherche les responsables de la dégradation de ce climat, force est de se tourner vers celui qui, au cours de la dernière décennie, a été deux fois ministre de l’Intérieur, puis président de la République.



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