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L’individu sait tout, mieux que l’Etat -


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Trémeau Bernard - samedi 11 septembre 2004


Le MEDEF vient de consacrer son université d’été à une réflexion sur l’entreprise. Réflexion animée par Xavier Fontanet, PDG d’Essilor, une entreprise française d’optique de taille mondiale, qui donne des emplois à 23 000 salariés. Réflexions passionnantes.
La société riche et développée dans laquelle les Français ont la chance de vivre est une société qui devient chaque jour un peu plus complexe. Aussitôt que de nouvelles technologies sont découvertes, de nouvelles entreprises naissent. Aujourd’hui, en France, plus de deux millions d’entreprises mettent sur le Marché une infinie variété de produits. Chaque Français, en fonction de ce qu’il a vu ou entendu, en fonction de ses propres désirs ou en fonction de ses propres revenus, choisit en toute liberté les produits qui lui plaisent. Il est par exemple libre d’acheter un kilo de sel ordinaire à 0,50 euro ou un kilo de fleur de sel de Guérande à 41,50 euros. Pour tous les produits, c’est la même variété, la même diversité.
Certains pensent que ce libre comportement du consommateur est une fantastique source de gaspillage, et que nous serions tous bien plus heureux si nous n’avions à notre disposition que du sel ordinaire, qu’une seule marque de voiture, ou que la même vareuse. Ces penseurs oublient seulement que chaque homme est différent de son voisin, et que certains s’éclatent en salant leur purée avec du sel de Guérande, en roulant dans une voiture japonaise ou en mettant une chemise laissant voir leur nombril décoré d’un petit anneau.
Prétendre que l’État sait mieux choisir que l’individu est une pensée méprisante pour l’individu, parfaitement anti-démocratique. C’est une pensée totalitaire.
En plus, l’économie dirigée organise efficacement le maintien du peuple dans la pauvreté. Cette idéologie, dominante dans le monde il y a soixante ans, implose partout, mais reste encore très forte en France. Avec nos « services publics à la française », nous ne pouvons pas choisir notre transporteur, notre fournisseur d’électricité, ou l’école de nos enfants : SNCF, EDF et Éducation Nationale nous imposent leurs choix qui sont loin d’être les meilleurs.
Seul le libre comportement des producteurs autorise le libre choix des consommateurs.
L’entreprise qui sait satisfaire les désirs de ses clients fait des profits. La mondialisation qui multiplie par 100 la clientèle potentielle pourrait lui permettre de faire des profits bien plus importants. Mais la mondialisation multiplie aussi par 100 le nombre des concurrents. La concurrence élimine impitoyablement les moins performants. De plus, la concurrence se concentre dans tous les secteurs qui font de gros profits et les profits baissent automatiquement. Le profit est en effet le meilleur indicateur de ce que désirent les consommateurs.
La complexité de l’économie est aujourd’hui devenue tellement grande, que toute intervention de l’État essayant de « réguler » le libre fonctionnement du Marché ressemble chaque jour un peu plus à l’agitation désordonnée d’un éléphant dans un magasin de porcelaine. La complexité atteinte par l’économie ne peut être que régulée par le libre comportement économique des individus dans le Marché.
La Démocratie a raison de respecter le libre comportement politique des individus et tout autre comportement ne serait que totalitarisme.
La Démocratie doit tout autant respecter le libre comportement économique des individus. Elle doit les laisser libres de choisir le sel de leur cuisine, la marque de leur voiture ou l’école de leurs enfants. Tout autre comportement est un comportement qui ne fait plus confiance à l’individu, et qui devient totalitaire. Les Français ont encore bien du chemin à parcourir pour devenir vraiment des démocrates.
Et qu’on ne nous raconte pas que la Liberté enfin retrouvée nous livrera aux maffias. Une véritable démocratie n’est pas une démocratie molle. Elle punit au contraire avec une grande sévérité tous les tricheurs. Il existe des tricheurs potentiels partout.

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En bref
JEUX OLYMPIQUES
Les Jeux Olympiques 2004 d’Athènes auraient coûté quelque 7 milliards d’euros au budget du pays. Sans compter 3,5 milliards d’euros de dépenses d’infrastructures, prises en charge pour moitié par Bruxelles. Depuis les Jeux d’Atlanta, le budget des JO a été multiplié par 5.

Chiffres significatifs

FRAUDE v
Par rapport au nombre de cartes nationales d’identité en circulation, les déclarations annuelles de perte ou de vol sont passées de 1 % en 1996 à 8,2 % en 2002. Les « usurpations d’identité », selon le ministre de l’Intérieur, sont « en progression exceptionnelle ».

SéCU v
En 1997, 55 % des salariés américains bénéficiaient d’une couverture d’assurance maladie prise en charge par leur entreprise. Comme les tarifs et les cotisations augmentent chaque année de 7 à 8 %, les entreprises annulent leurs contrats et les salariés US ne sont plus que 45 % à être ainsi couverts.

BOURSE v
Les entreprises françaises inscrites au CAC 40 se paient un peu plus de douze fois leurs bénéfices attendus en 2004 et onze fois ceux prévus pour 2005. Il y a cinq ans, elles valaient en moyenne vingt-sept fois leurs bénéfices. Et même soixante-cinq fois pour L’Oréal, titre qui, aujourd’hui, se paie vingt-et-une fois ses bénéfices annuels seulement.
À noter : le groupe L’Oréal, affichera pour l’exercice en cours, une croissance à deux chiffres de son bénéfice avant impôt, pour la vingtième année consécutive.

ROLLS-ROYCE v
En 2003, les ventes de Rolls-Royce, racheté par BMW, n’ont pas été bonnes : 300 au lieu de 500 escomptées. Le marché chinois pourrait prendre le relais : 4 points de vente viennent d’y être créés.




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