Trémeau Bernard - mercredi 20 septembre 2006
Faire trop intervenir l’État dans l’économie ralentit fortement la croissance, appauvrit tout le monde, et surtout crée une nouvelle injustice sociale, l’exclusion.
Au nom de la Justice Sociale, la France a créé ses fameux services publics à la française. Elle a ainsi transformé en monopoles d’État plus de la moitié de l’économie du pays (Sécurité Sociale, Éducation nationale, EDF, GDF, SNCF, RATP, la Poste, la Banque de France ou l’Opéra) Tous ces monopoles d’État ne sont plus soumis à la concurrence.
Les salariés de ces entreprises peuvent donc demander à leur employeur des augmentations de revenus sans risquer de mettre leur entreprise en faillite, puisque leur employeur c’est l’État. Ils peuvent donc utiliser, sans aucun risque pour leur emploi, la grève. Et ils ne s’en privent pas. Entre l’Éducation Nationale, la SNCF ou la RATP, c’est à qui fera le plus de grèves dans l’année.
Devant toutes ces grèves, qui très souvent prennent une dimension politique, il n’est pas facile de résister. Au fil des ans, les salariés des services publics français sont devenus de véritables privilégiés par rapport aux autres Français. Tandis que, tous les jours, les responsables politiques disent qu’il faut réduire les libertés pour obtenir plus d’égalité, ils ont au contraire mis en place une machine à fabriquer des inégalités supplémentaires.
Notre monde est en pleine mutation, passant de la machine à écrire à l’ordinateur ou à internet. Les entreprises vont d’une dimension nationale à une dimension mondiale. Changer plusieurs fois d’emploi dans sa vie devient la norme. Est-il juste que la moitié des Français aient un emploi garanti à vie par l’État, alors que l’autre moitié, soumise à la concurrence, n’a aucune certitude sur son avenir professionnel ? Alors qu’employés du privé et employés du public profitent tous de la richesse que leur apporte cette mutation.
C’est au niveau des retraites que les privilèges obtenus par les salariés des entreprises publiques semblent les plus injustes. En 1945, la durée de vie moyenne des Français était de 65 ans et l’âge de départ à la retraite avait été fixé à 65 ans. Tous les salariés devaient cotiser par solidarité, mais seulement un sur deux pouvait profiter de sa retraite. Depuis 1945, les progrès de la médecine permettent au Français de vivre de plus en plus longtemps. Ils vivent en moyenne aujourd’hui plus de 75 ans. Curieusement, pendant toute cette période, l’âge de départ à la retraite n’a pas augmenté pour s’adapter à l’allongement de la durée de vie. Il a au contraire fortement diminué. Mais il a diminué bien plus rapidement dans le public que dans le privé. Il est tombé à 60 ans dans le privé. Il n’est que de 55 ans pour les employés du métro ou pour les salariés de la SNCF. Il atteint même 50 ans pour les conducteurs de train ou de métro.
Les syndicalistes français, considérant l’âge de départ à la retraite comme un droit acquis intangible, refusent d’augmenter la durée du travail, alors que l’augmentation de la longévité nécessite de le faire. Ils font ainsi, pour nous tous, le choix de la pauvreté.
- Pour disposer d’une retraite complète, il était nécessaire de cotiser pendant 37,5 ans dans le privé. Cette durée a été portée à 40 ans. Elle le sera à 41 ans… en 2012. Les salariés de la Banque de France refusent cette réforme et menacent de faire grève. À la SNCF ou à la RATP, rien n’est modifié, et 25 ans suffisent toujours. - Troisième privilège obtenu dans les entreprises publiques. La pension de retraite obtenue est pratiquement identique au dernier salaire perçu, alors que dans le privé elle ne représente qu’une partie de ce salaire. Toutes ces dépenses supplémentaires nous obligent à payer plus d’impôts. Il est indispensable de réformer les régimes de retraite, sans en oublier un seul. Avec une nuit du 4 août pour abolir les privilèges, ou une Révolution qui coupera la tête des privilégiés…
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