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L’islam de Tariq Ramadan


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Milliere Guy - samedi 06 décembre 2003


Dans une émission de télévision, la semaine dernière, Nicolas Sarkozy a magistralement démasqué Tariq Ramadan, et ce fut un moment heureux et positif. Il faut que les Français voient enfin quel discours est tenu dans les banlieues de l’islam : pas le discours de l’ouverture, pas le discours de l’empathie, non… le discours de la conquête. Et surtout : le discours de l’islam tel qu’il est aujourd’hui, nu et tranchant, dangereux comme une arme effilée. M. Ramadan a dû admettre que la lapidation se pratiquait toujours en terre d’islam, et faute de pouvoir dire qu’il la condamnait (quelle crédibilité lui serait restée auprès de ses auditoires habituels ?), il a proposé un « moratoire », un arrêt temporaire : en somme, on va voir si c’est humain ou pas, et on va trancher, plus tard. M. Ramadan, je le dis au passage, est en retard car un moratoire a déjà eu lieu, brièvement, en Arabie Saoudite où la lapidation a été considérablement humanisée : désormais, l’imam jette une pierre, puis vient un camion-benne qui déverse un torrent de gravats…

M. Ramadan a été démasqué en tant que préfacier d’un livre où on conseille de battre les femmes, et a répondu de façon générale qu’il n’approuvait pas tout ce qui figure dans les livres qu’il préface. Cela lui a permis de rester vague et de ne pas se mettre en contradiction avec le Coran où il est prévu de batte les femmes, et cela lui a permis d’éviter aussi de parler d’autres livres qu’il préface : les écrits de son grand père par exemple, Hassan El Banna, fondateur de la confrérie des Frères musulmans.

M. Ramadan a été démasqué en tant qu’antisémite. Néanmoins, je gage et j’affirme que l’audience, l’écho et le prestige de Tariq Ramadan n’en seront que décuplés dans les banlieues de l’islam. Je crains même que Tariq Ramadan puisse dire dans quelque temps bien pire que ce qu’il disait voici peu en accusant les intellectuels juifs de raisonner à partir de leur race…

Je dialoguais récemment avec un journaliste de France Culture, l’une des « voix de la France » comme on disait autrefois, et ce journaliste très modéré, très cultivé et non musulman m’a dit que si Israël disparaissait bientôt, ce ne sera pas une grosse perte et ce serait bien fait. Il a ajouté qu’il comprenait la colère et la frustration des Arabes partout où ils vivent...

Une certaine opinion est prête. J’ai assisté avec une horreur infinie aux attentats contre les synagogues, puis d’autres lieux à Istanbul, et j’ai écouté les commentaires en France : la Turquie paie son alliance avec Israël et les États-Unis… Comment avoir des alliances aussi abominables, non ? Le fait que la Turquie soit le seul pays d’islam où juifs et musulmans pouvaient vivre en paix et en fraternité aurait pu se trouver rappelé, comme aurait pu se trouver rappelé le fait qu’après les attentats, les Turcs d’Istanbul ont manifesté par milliers contre le terrorisme et l’islamisme et pour que la fraternité laïque où se mêlent Turcs de toutes confessions soit préservée… Nul rappel n’a été fait…

Une certaine opinion est prête, et, dans ses paramètres, les musulmans ne peuvent que détester les juifs, Israël et l’Amérique. La Turquie est coupable et, puisqu’elle veut entrer dans l’Europe, elle est même dangereuse.

Une certaine opinion est prête et joue avec le feu. Le danger majeur pour toutes les valeurs forgées par la civilisation occidentale au cours des derniers siècles est l’islamisme. Le combat contre l’islamisme implique un monde occidental uni, conscient des dangers et des enjeux. Il implique aussi que le monde occidental voie où sont ses amis et ses ennemis.

Amis : au-delà de l’Occident, tous ceux qui vivent en terre d’islam, qui quêtent la modération et la réforme d’une religion bloquée depuis huit siècles et maintenant au bord de l’explosion. Ils ne sont pas nombreux, ils sont parfois menacés. C’est notre tâche de leur tendre la main. Certains d’entre eux sont Français, et méritent notre respect et notre admiration pour leur courage. Ami aussi : le jeune roi du Maroc, qui entend réformer le code de la famille et instaurer une égalité de droit entre hommes et femmes impensable presque partout en terre d’islam. Amie encore : la Turquie. Oui, je l’affirme. Une Turquie arrimée fraternellement à l’Occident sera l’un de nos meilleurs alliés dans la lutte contre l’islamisme.

Ennemis : les dictatures et les monarchies immobiles et corrompues du monde arabe, Al Qaïda, les derniers résidus du régime de Saddam Hussein en Irak, les mollah en Iran, et bien sûr, tous les anti-Américains, tous les antisémites, tous les « pacifistes » nostalgiques de Saddam, tous ceux qui créent des divisions artificielles au sein de l’alliance nécessaire contre l’islamisme… L’islam est en Europe, c’est un fait. Si nous nous divisons, l’islam en Europe sera celui de Tariq Ramadan.


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Sic

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Islamophobie « En France, on peut chaque jour, notamment aux “Guignol de l’info“, “bouffer du curé“, se moquer du Pape, de Mère Teresa, du Dalaï Lama, mais jamais de l’islam, sous peine d’être accusé de racisme… ou plastiqué » (Pascal Bruckner).

Juifs

« Beaucoup de Juifs de France s’interrogent sur leur avenir dans ce pays. Le phénomène de l’antisémitisme en France a atteint des proportions inquiétantes » (Nissim Zvili, ambassadeur

d’Israël en France).

Banlieues

« J’ai la conviction que c’est dans les cités que se joue la République » (Jean-Louis Borloo).

Irak

« Saddam Hussein pouvait être féroce envers ceux qui menaçaient son régime mais, à ma connaissance, par plus que la majorité des dirigeants du monde arabe » (Saman Abdul Majid, ancien interprète du dictateur).

Taïwan

Pour apaiser la Chine de Pékin, le sous-secrétaire d’État adjoint, Randy Schriver, vient de rappeler que Washington « n’apporte aucun soutien à l’indépendance de Taïwan ».

Chine

« La Chine a peut-être pris ces derniers temps le visage du “miracle“ économique. Mais ce ne sont pas les années de performances économiques qui mettent à l’épreuve un système politique. Le vrai test reste sa capacité à survivre aux cycles inévitables des récessions, des chocs politiques ou des soulèvements sociaux qui défient forcément toute nation, surtout lorsqu’elle est en développement » (Orville Schell).




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