Rouxel Jean - mercredi 26 novembre 2008
Bien que le spectacle que donne le PS ces jours-ci soit des plus instructifs, à beaucoup de points de vue (qu’il s’agisse de l’indigence des débats idéologiques, des querelles d’ego, ou des sourires gourmands de Besancenot…), il faut nous résoudre à l’abandonner, le temps de laisser à cette grotesque survivance de l’époque brejnévienne la possibilité de se choisir un chef !
En attendant, des nouvelles préoccupantes nous rappellent à la réalité. Lundi 24 novembre, la radio d’État « France info », pourtant peu suspecte de relayer les inquiétudes légitimes des contribuables, publiait un reportage sur le petit village de Rumigny dans la Somme (un peu plus de 550 habitants).
Le conseil municipal de ce village vient en effet de décider d’attribuer une subvention exceptionnelle à la brigade de gendarmerie de Saint-Sauflieu, dont dépend Rumigny. Le problème est qu’il ne s’agit pas d’une subvention pour les étrennes, mais d’un petit coup de pouce pour maintenir la brigade en état de marche.
Car, depuis plusieurs mois, restriction budgétaire oblige, ladite brigade, pourtant distante de 5 kilomètres a reçu l’ordre de limiter ses déplacements en voiture. Les riverains étant inquiets pour leur sécurité, le conseil municipal a donné son accord pour une subvention de 100 euros (qui sera prélevée sur les indemnités du maire).
L’histoire serait touchante, si elle n’était révélatrice. La réalité, c’est que l’État français est en faillite. À force de s’occuper de domaines dans lesquels il est parfaitement incompétent (de l’éducation au commerce extérieur, en passant par le tourisme, la politique sanitaire ou le renflouement des banques), il n’a plus un sou à consacrer à ses missions prioritaires.
Cette faillite est la seule justification d’une décentralisation très mal menée depuis 1982 : ce n’est pas une meilleure gestion qui est visée (sinon la fonction publique d’État diminuerait parallèlement à l’augmentation de la fonction publique territoriale). Ce n’est pas non plus le principe de subsidiarité qui est en cause (sinon la « décentralisation » ne partirait pas du sommet de l’État, mais des collectivités elles-mêmes).
Non, la seule justification, c’est que l’État n’est plus capable de remplir les missions qu’il s’est attribuées. Au lieu de remettre les choses à plat, il préfère s’en défausser sur les collectivités territoriales. Mais cela ne fait que masquer la misère. Il est grand temps que l’État se recentre sur ses missions régaliennes et abandonne tout le reste !
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