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L’obsession des vacances


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Lambert Christian - mercredi 17 novembre 2010

chine
On aura remarqué qu’au cours de la récente agitation syndicale – on devrait dire la chienlit - due à la réforme des retraites, le gouvernement s’est soudainement mobilisé lorsqu’approchaient les vacances de la Toussaint.

Le ton s’est raffermi et les dépôts de carburant ont été débloqués. Surtout que les Français puissent partir en vacances, priorité absolue ! Que le port de Marseille soit mis hors d’état de fonctionner par 36 grutiers payés 4 000 euros par mois avec 80 pétroliers attendant au large (ce qui coûte environ 50 000 euros par jour et par tanker), ça peut attendre. Mais faire attendre tous ceux qui veulent partir en vacances, non et non !

Cette évolution du gouvernement en cette affaire est tout à fait significative. Pour la majorité des Français, les vacances sont une obsession. On dirait qu’ils ne pensent qu’à cela et qu’ils éprouvent, pour reprendre une réflexion du philosophe et politologue Luc Ferry, ancien ministre, une véritable « haine du travail ».

Au plan pratique, cette idée fixe donne lieu à une arithmétique aussi savante qu’étonnante. Comme les parents prennent désormais presque autant de vacances que leurs enfants, on utilise à fond les RTT, calculées à la minute, sous-produit délicieux des 35 heures, parfois réduites à 32. Les congés maladie, en cas de nécessité, sont aussi d’une grande utilité.

Des médecins « spécialisés », m’a-t-on dit, demandent d’emblée aux « patients » : « Combien voulez-vous ? Trois jours ? Huit jours ? » La consultation est vite faite. Le congé parental de longue durée est aussi très apprécié. Cela, tout le monde le sait. Mais il y a aussi ce que l’on pourrait appeler les mini-vacances quotidiennes. Ainsi est-il préférable de téléphoner à une administration et à une entreprise à 9 h 30 et non pas à 9 heures. « Mme X va arriver dans un instant, rappelez un peu plus tard » et, à 17 heures, elle vient de partir.

On fait la journée continue, pas de problèmes, sauf entre 12 et 14 heures. On téléphone à 16 heures, mais c’est la « pause café » et, si on demande avec un brin d’irritation, combien de temps va durer la pause café, on passe pour un esclavagiste coupable d’exploiter la classe ouvrière, un esprit ringard qui ne sait que travailler, bref un fasciste. Quant au vendredi après-midi, mieux vaut s’abstenir, on reportera sa demande au lundi après-midi.

Cette mentalité vient de loin. L’une des grandes innovations du gouvernement socialo-communiste de 1936, qui, je le rappelle, a soigneusement et de multiples façons préparé la débâcle de 1940, a été de créer un ministère des Loisirs pour apprendre aux Français, en particulier au « peuple de gauche », comment ne rien faire tout en étant payé.

Voilà pour le passé, mais l’avenir sera bien pire. Sait-on que la durée de notre année scolaire est la plus courte dans le monde occidental. L’année scolaire comptait 220 jours de classe en 1960, elle n’en compte plus maintenant que 170. Les vacances atteignent 112 jours, hors les fêtes ! Par comparaison avec les autres pays, nos vacances scolaires correspondaient en 2001 à 17 semaines dans l’année, contre 14 en Grande-Bretagne et 12 en Allemagne. Il ne faut donc pas s’étonner des résultats. Dans un rapport du Haut Conseil de l’éducation, je lis que 40 % des enfants sont en grande difficulté scolaire à la fin du primaire où l’on compte 15 % d’illettrés et 25 % d’élèves qui ne savent pas lire correctement. Chaque année, 150 000 à 200 000 « jeunes », souvent des immigrés, abandonnent l’école sans savoir, purement et simplement, ni lire ni écrire.

À l’université, même bilan. Près de la moitié des étudiants qui accèdent à l’université en sortent quelques années plus tard sans aucun diplôme. Parmi eux, il est vrai, de nombreux immigrés qui ont trouvé là le moyen d’obtenir un visa. Quant à la minorité des bons et vrais étudiants français, ils partent à l’étranger.

Or, le nombre des étudiants est actuellement de 2 275 000, puisqu’on distribue le bac à tous les candidats. Il n’était que de 120 000 en 1950. Le calcul est facile à faire. Les universités françaises sont des machines à fabriquer des chômeurs. Dans 10 ans, le chômage des jeunes ne sera plus de 23,6 %, comme aujourd’hui (ce qui est déjà un très mauvais chiffre), mais de 40 %. Et, bien sûr, très logiquement, dans les banlieues, ce sera la guerre et le pillage (cf., pour en savoir davantage, le livre « L’école et l’université. Comment sortir de l’échec » par Jacques Bourdu, aux éditions F.-X. de Guibert). Ce n’est pas tout, il est fortement question maintenant de rendre les fêtes musulmanes obligatoires et chômées. Ce qui paraît logique, puisque la France, pays en voie d’islamisation, a reçu depuis 1945 quelque 8 millions de musulmans. Ainsi aurons-nous les fêtes chrétiennes, les fêtes musulmanes, les fêtes de nos victoires ininterrompues, les fêtes de l’armistice, et la fête du travail qui est celle où l’on travaille le moins.

Par comparaison, un mot de l’Allemagne, du Japon et de la Corée. L’Allemagne et le Japon ont été, comme on le sait, écrasés par les bombes anglo-américaines au cours de la 2e guerre mondiale et n’étaient plus qu’un champ de ruines. J’entends encore un ancien pilote américain dire : « Nous avons délibérément tué des millions de femmes et d’enfants et, si nous avions perdu la guerre, nous aurions été condamnés comme criminels et nous ne l’aurions pas volé. » Passons.

Ce que je veux dire, c’est qu’écrasée hier, l’Allemagne est aujourd’hui la première puissance économique de l’Europe ; le Japon est la deuxième puissance mondiale, ex æquo avec la Chine. Comment cela s’est-il fait ? Par le travail. Quant à la Corée, après la guerre en 1953, elle était dans un état de dévastation tel que son économie était au niveau de celle du Tchad. C’est désormais l’une des principales puissances industrielles du monde. Pourquoi ? Parce que les Coréens travaillent. Quant au Tchad, il est toujours au même point, le point du néant.

Un mot aussi des Chinois. Dans les innombrables usines et ateliers chinois, on travaille 16 heures par jour, 7 jours sur 7, sommeil et repos sur place, pour l’équivalent de 150 euros par mois
. Les Français travaillent en moyenne 212 jours par an. La seule idée de devoir dans toute une vie travailler 2 ans de plus les rend fous de rage, sauf les 25 % d’entre eux qui travaillent d’arrache-pied pour faire vivre tous les autres et qui sont matraqués par le fisc parce que, travaillant, ils gagnent plus que ceux qui ne font rien. Croyez-vous que ce système va durer encore longtemps ?

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