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L’opinion est manipulée par des puissances cachées


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Lassieur Pierre - mercredi 07 mars 2007

elections-presidentielles, medias
On sait qu’au xixe siècle, et notamment sous Napoléon III, les pouvoirs publics ont usé de différents moyens pour truquer les élections, encore dans leur nouveauté. C’était l’époque de la candidature officielle. Les choses se sont théoriquement arrangées par la suite. Néanmoins, à la Libération, tous les organes de presse qui avaient paru en zone occupée et, après novembre 1942, dans l’ancienne zone libre, ont été interdits. Certains étaient pourtant inoffensifs. « L’auto », par exemple, quotidien sportif, a été remplacé par « l’Équipe ».

C’est alors que socialistes et communistes ont fait main basse sur la majorité des journaux. Or, qui tient la presse tient l’opinion et, par conséquent, les élections. La radio et la télévision d’État n’ont pas échappé à cette mainmise. Il en résulte que leur partialité est souvent révoltante. Je me souviens, entre autres, d’une émission de « France Musiques », station qui, par nature, devrait pourtant échapper à toute considération politique. Le présentateur parlait d’un compositeur français contemporain qui, disait-il, avait fait de la résistance dans un mouvement communiste dénommé Front National. Cela n’avait apparemment aucun intérêt du point de vue musical mais, du point de vue politique, celui d’introduire une phrase selon laquelle ce Front National-là n’avait aucun rapport avec « l’abominable Front National que nous connaissons aujourd’hui » (citation approximative).

D’autre part, quand une personnalité politique de gauche est invitée à prendre la parole à France-Inter ou France-Infos, ce qui arrive plus fréquemment que ne le voudrait la simple équité, son ou ses interviewers roucoulent sans pouvoir cacher leur plaisir. En temps ordinaire, on n’entend Le Pen que très rarement, mais, ces dernières années, sa fille a été assez souvent présente. C’était pour semer la zizanie au sein du Front National, n’en doutons pas.

Ces messieurs dames de gauche jouent au billard : on frappe une boule pour en atteindre une autre. Au contraire, depuis le début de l’interminable campagne présidentielle, Le Pen est omniprésent et les journalistes sont à peu près aussi aimables avec lui qu’hostiles naguère. Pourtant, il faisait déjà monter l’audimat et il avait déjà été deuxième le coup précédent. C’est tout simplement qu’on compte sur lui pour prendre des voix à Sarkozy. S’il atteignait de nouveau le deuxième tour, il serait immédiatement rediabolisé, su c’était contre la Royal, mais, contre Sarkozy, moins insulté que contre Chirac, qui était un peu plus à gauche qu’à droite. Je l’ai vu à la télévision dans deux exercices de démocratie directe (participative, dirait la Royal), au cours desquels il s’est toujours montré excellent orateur, capable d’élever le débat, qui aurait volé bien bas, s’il était resté au niveau des questionneurs. Tout le monde a été très correct à son égard et il a même été applaudi à la fin de la séance. On était loin du 21 avril 2002.

Les cent personnes chargées d’interroger les candidats avaient été sélectionnées, paraît-il, selon les règles les plus strictes de la sociologie politique, de façon à refléter aussi exactement que possible la diversité du corps électoral. On a du mal à le croire. En effet, Sarkozy, en principe très populaire, s’est trouvé face à un public hostile, en particulier deux homosexuels extrêmement virulents.

Le plus surprenant est qu’alors une certaine presse a au contraire accusé l’organisateur de lui avoir procuré un public conciliant choisi à cet effet. Pour lui, pour Le Pen et pour la Royal, il s’agissait en grande majorité de personnes d’extraction modeste qui n’étaient guère intéressées que par leur cas personnel. Pour Bayrou, changement complet de climat : des messieurs et des dames sur leur 31, bien habillés, bien élevés, occupés de grande politique : la dette, l’Iran, l’immigration… qui lui ont permis de briller à peu de frais, comme s’il était dans un salon où l’on aurait bu ses paroles.

Toutefois le clou a été la Royal : une élève de terminale qui voulait bénéficier de leçons particulières gratuites, un homme préoccupé de la surdité de sa fille et, surtout, un infirme dans un fauteuil à roulettes (venu là par hasard ?), la larme à l’œil, duquel elle s’est approchée pour le consoler.

Comment n’a-t-elle pas honte de chercher des voix dans les larmes ? Tout cela donne l’impression que, dans les coulisses, l’opinion est manipulée par des puissances qui n’osent pas apparaître.




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En bref
Islam
Le Conseil supérieur de l’Éducation a donné son feu vert à l’ouverture du groupe scolaire Al-Kindi, un collège-lycée musulman de Décines, dans le Rhône, contre l’avis du rectorat de Lyon. L’association Al-Kindi avait saisi le CSE après avoir s’être vu refusé à deux reprises son projet d’établissement, d’abord par le rectorat de Lyon puis par le Conseil académique de l’Éducation nationale.

Divers faits
Beurettes > Ségolène Royal va faire de la conseillère régionale PS et beurette Najad Vallaud-Belkacem sa porte-parole, pour faire pièce à une autre beurette, Rachid Dati, porte-parole de Nicolas Sarkozy.

Barbarie > Youssouf Fofana, le chef du gang des Barbares ayant assassiné Ilan Halimi il y a un an, écrit des lettres d’insultes à la juge d’instruction chargée du procès. Il chercherait un éditeur ou un producteur pour médiatiser l’affaire.

Preuves > Le général Michael Maples, chef du renseignement militaire américain (DIA), a dit au Sénat que les États-Unis ont des preuves que des extrémistes irakiens apprennent en Iran le maniement d’explosifs capables de percer les blindés, et que le Hezbollah participe aussi à l’entraînement pour le maniement de ces explosifs.

Attentat > Lors de sa visite en Afghanistan, le vice-président américain Dick Cheney a échappé à un attentat-suicide sur la base de Bagram.

Intérêts > Renault lance la commercialisation en Iran de la Logan, sous le nom de Tondar-90, au prix de 6 750 euros. Elle sera assemblée par les constructeurs iraniens Iran Khodro et Saipa.




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