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La BCE n’est pas le coupable |
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Trémeau Bernard - mercredi 06 juin 2007
economie, euro
Il semble que tous les économistes soient d’accord sur un point, ce qui est exceptionnel… Les entreprises françaises ne sont plus compétitives.
La France a volontairement abandonné le franc pour l’euro en l’an 2000. Depuis cette date, la part de la France dans les exportations mondiales se rétrécit régulièrement, tandis que la part de l’Allemagne augmente.
La valeur actuelle de l’euro permet donc aux entreprises allemandes d’être compétitives, alors qu’elle ne permet pas aux entreprises françaises de l’être. Les entreprises allemandes exportent massivement, la balance commerciale allemande est fortement positive. Le chômage régresse rapidement en Allemagne. Par contre, la valeur actuelle de l’euro ne permet pas aux entreprises françaises d’être compétitives. Nos exportations progressent lentement, nos importations grimpent à toute vitesse, notre balance commerciale se dégrade chaque mois un peu plus.
Nous battons enfin un record : le taux de chômage de la France est le plus élevé de toute l’Europe. Les Français achètent de plus en plus de produits étrangers, alors que les entreprises allemandes vendent de plus en plus de leurs produits à l’étranger.
La valeur actuelle de l’euro pèse exactement de la même façon sur les entreprises allemandes et françaises. Ce n’est donc pas une soi-disant « trop forte valeur de l’euro » qui est responsable de la mauvaise santé économique de la France. Si tel était le cas, les entreprises allemandes seraient exactement dans le même marasme que les entreprises françaises. Il existe donc d’autres raisons qui déterminent la mauvaise compétitivité des entreprises françaises.
Malheureusement, il semble que Nicolas Sarkozy ou Ségolène Royal ne font pas la même analyse. Ils ont accusé tous les deux, pendant leur campagne, le responsable de la Banque Centrale Européenne (la BCE) de pratiquer une politique de l’euro fort. Ségolène Royal a même demandé que, au nom de la démocratie participative, la BCE ne soit plus le fief de techniciens totalement coupés de la vie quotidienne. Ségolène Royal pense ainsi que l’indépendance de la Banque centrale vis-à-vis du pouvoir politique est une mauvaise chose. Elle n’a pas été élue.
Mais Nicolas Sarkozy a été élu. Il va donc passer à l’acte, dans le domaine de la Banque centrale, comme dans tous les autres domaines.
Soit il est vraiment persuadé que « l’euro fort » est le responsable de notre chômage. Il doit d’abord nous expliquer, avec des arguments rationnels, pourquoi il fait une telle analyse et pourquoi cet euro fort ne perturbe pas le fonctionnement des entreprises allemandes. Il doit ensuite agir très rapidement sur le plan européen, pour relancer l’économie française en contraignant la BCE à mettre en place une politique monétaire moins rigoureuse. Il semble qu’en fait tous les autres pays européens, et l’Allemagne en particulier, pensent que l’indépendance de la BCE vis-à-vis des pouvoirs politiques est une excellente solution qui ne doit pas être remise en cause. La tentative de Nicolas Sarkozy ne peut se solder que par un échec.
Soit Nicolas Sarkozy pense qu’un système à parité fixe entre l’euro et le dollar serait une meilleure solution que le système actuel. Ce seraient les États et non les marchés financiers qui détermineraient les valeurs relatives des deux monnaies. On voit mal les responsables américains décider de revaloriser le dollar pour faire plaisir aux Français, alors qu’ils ont déjà un déficit commercial énorme… Ce sera un deuxième échec.
Soit enfin, une dernière hypothèse peut être envisagée. Nicolas Sarkozy a accusé la BCE d’être responsable de notre mauvaise santé économique, pour ne pas avoir à accuser la politique économique française d’en être responsable. Mais il rompt avec cette politique. Ce sera un succès.
Nous sommes persuadés que pour rendre nos entreprises compétitives, il faut lever les milliers de contraintes administratives, sociales ou fiscales qui pèsent sur elles. Il faut leur imposer moins de contraintes qu’en Allemagne. Que le pouvoir politique laisse les entreprises produire et qu’il fasse ensuite la politique sociale qui lui semble la meilleure. L’euro le contraint à agir ainsi.
Suggestion
« Quand on a compris l’économie, le marxisme n’a plus aucune prise. Alors expliquons
l’économie. »
L.M. - Paris (75)
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Délocalisations
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Chine á Pékin a proclamé officiellement son ambition de contrôler 50 des 500 plus grosses entreprises mondiales d’ici à 2015. |
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