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La « Cité de l’immigration » : une insulte à la mémoire de Lyautey


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Courrier - jeudi 22 novembre 2007

immigration
Que s’est-il passé depuis l’envoi au président de la République du Plaidoyer pour le respect de Lyautey et de la mémoire coloniale outragés grâce à des fonds publics ? Le 10 octobre 2007, au Palais Lyautey dit de la « Porte Dorée », les réalisateurs du projet de « Cité nationale de l’histoire de l’immigration » ont inauguré, malgré des travaux inachevés, leur installation. Que la création d’une « Cité de l’immigration » soit une bonne ou mauvaise idée, ça se discute. Mais il y a amalgame entre immigration et colonisation, et volonté de « communautariser » les immigrés. Est infamante l’installation de cet organisme au Palais de la Porte Dorée avec la volonté de faire oublier la raison d’être de ce lieu de mémoire.
Ce magnifique bâtiment, seul témoin à Paris de l’architecture de son époque et unique survivance de l’Exposition coloniale internationale de 1931, avait été voulu et réalisé par Lyautey avec le concours de l’architecte Laprade et du sculpteur Janniot. Si les adeptes de la repentance et de l’humiliation n’y avaient pas fait obstacle, ce palais présenterait aujourd’hui avec les Savorgnan de Brazza, Laperrine, Faidherbe, Galliéni, Lyautey, et tant d’autres jetés aux oubliettes, ce qu’un livre d’Auguste Conte a dépeint sous le titre « L’épopée coloniale de la France »

Le projet de cité de l’immigration a cheminé discrètement. Une fois validé par décret du 16 novembre 2006, il fallait vite s’approprier le site, en défigurer l’intérieur pour mieux en faire oublier l’histoire et l’inaugurer pour tenter de rendre irréversible la situation.
Nous avions adressé sous forme de « Plaidoyer » une lettre ouverte au président Sarkozy pour qu’il fasse arrêter ce gâchis historique, architectural, politique et financier. Outre les arguments forts, malheureusement confirmés par les faits, que nous avions mis en avant, il faut ajouter le jugement de Jean-Marie Rouart, de l’Académie française, sur ce suicide culturel publié dans le quotidien « Nice-Matin » du 14 octobre 2007 : « Un couscoussier, une machine à coudre, un fer à repasser, des valises en carton, des théières marocaines, et des scoubidoubidous : c’est ce dépotoir dont aucun marché aux puces ne voudrait qu’on ose nommer musée.
Eh oui, les Musées de France lui ont donné ce label. L’État est-il devenu fou ? Je manque de mots pour exprimer mon indignation au sortir de la visite de la Cité nationale de l’histoire de l’immigration. »

Ce bric à brac, est, en fait, à l’image de ceux qui l’ont pensé pendant de nombreuses années comme devant participer à « l’empoisonnement » de notre culture et de notre civilisation et J-M Rouart discerne les composants de ce mélange tout à la fois poison et explosif : « On aura rarement mêlé sans aucune pudeur le népotisme présidentiel, l’instrumentalisation de la culture à des fins politiques et la gabegie financière. » Le gouvernement précédent a accordé vingt-trois millions pour les travaux, plus sept millions pour le budget annuel de fonctionnement.

Confiants dans la volonté de rupture avec les archaïsmes, l’immobilisme, les inepties et les dérives affichées par le président de la République, nous nous sommes adressés à lui. Nous n’avons pas encore reçu de réponse, ce qui laisse supposer qu’il a sans doute des dossiers plus urgents à résoudre, mais aussi que le remède est difficile à trouver, tant le mal a des racines profondes et difficiles à extirper.
Ce qui est certain et rassurant, c’est que ni le Chef de l’État, ni les membres du gouvernement n’ont cautionné de leur présence la pseudo-inauguration du 10 octobre portant outrage à la mémoire de Lyautey, chassé des lieux, ainsi qu’à la mémoire coloniale piétinée.

Il n’y avait d’ailleurs pas besoin de cérémonie d’inauguration pour que se crée tout naturellement un lieu de rendez-vous, utilisé le jour même, pour manifestations hostiles à la maîtrise de l’immigration, donc hostiles à l’action du gouvernement. Mais c’est bon, c’est même tout bon ! puisque c’était prévu ainsi par ceux qui veulent « retourner les symboles », soutenus par le précédent ministre de la Culture (non réélu député). En effet, il a laissé la « Cité de l’immigration » mettre en ligne sur son site internet ces propos : « Il s’agit donc avec ce projet et ce lieu, de déconstruire l’imagerie héritée de la colonisation, de retourner les symboles. De dire et de montrer que la page de la colonisation est définitivement tournée et détourner le bâtiment de sa vocation première. »

Colonel (er) Pierre Geoffroy
Président de l’Association Maréchal Lyautey
http://www.lyautey.fr

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