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La France dans l’impasse


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Milliere Guy - mercredi 22 juin 2011

2012, sarkozy
Nicolas Sarkozy est aujourd’hui très im­populaire en France. Pour des raisons évidentes. Ses décisions dans de nombreux domaines ont été prises sans aucune ligne directrice, comme une succession de coups politiques destinés à attirer des catégories d’électeurs différentes et successives.
Ce qui devait être un processus cumulatif permettant de se concilier les écologistes et les gens de gauche, l’électorat du Front National et la droite autoritaire, les gaullistes et les libéraux, a fini par ne satisfaire personne.

L’absence d’explication des conditions réelles dans lesquelles se trouvait la France dès 2007 l’a empêché d’apporter des remèdes réels à ces conditions. J’avais à l’époque parlé de la nécessité d’un discours churchillien face aux difficultés : du sang, de la sueur et des larmes, et, au-delà, les fruits de l’effort. Une autre voie a été suivie. Il y a du sang, en Afghanistan, de la sueur et des larmes à l’intérieur du pays, mais rien, strictement rien, à l’horizon, sinon davantage de sueur et davantage de larmes, voire davantage de sang.

Rien d’étonnant en ces conditions si le moral et l’espoir en l’avenir en ce pays sont en berne, et si le sentiment de dépression collective ne fait que s’accentuer mois après mois.

La France est une société dure. C’est une société où la pauvreté gagne du terrain. C’est une société où la population ressent un profond malaise qu’elle exprime de multiples façons. C’est une société dans laquelle les réponses proposées à ce malaise ressemblent à des fuites en avant dans la direction d’impasses.

Et, là, l’absence dramatique de travail des idées, la stérilité des débats médiatiques, la dissolution de la pensée en ce pays jouent un rôle considérable.

Les seuls ouvrages d’économie qu’on trouve sur les listes des meilleures ventes sont ceux « d’économistes atterrés », qui se décriraient mieux eux-mêmes s’ils s’appelaient « non économistes atterrants » : des marxistes mal reconvertis et des keynésiens, dont la dernière idée neuve remonte à la mort de John Maynard Keynes, prétendent éclairer l’avenir et proposent des bricolages grotesques qui ne peuvent séduire que ceux pour qui l’économie est une incantation dogmatique et non la description du monde réel.

L’ultime maître à pensée de ce pays est un vieillard de 93 ou 94 ans qui débite avec une sénilité radotante le « programme de la Résistance » en 1945, censé être gorgé de repères innovants à même de guider les multitudes vers le XXIe siècle. Non seulement le vieillard voit diffuser sa prose indigente à des centaines de milliers d’exemplaires, mais il a des disciples qui se di­sent, comme lui, « indignés », et qui semblent imaginer qu’en allant s’asseoir sous une banderole sur les marches de l’opéra Bastille, ils vont, comme ils di­sent, « changer la vie » et « abolir la misère » !

En parallèle, signe que ce pays a beaucoup d’argent à jeter par les fenêtres, on fait énormément de travaux publics, avec pour simple objectif de multiplier les embouteillages, donc la consumation inutile de temps et de carburant.

Quelqu’un devrait suggérer d’utiliser des milliers de gens à s’activer dans un grand terrain vague et de créer deux équipes : l’une creuserait un grand trou, la deuxième boucherait le trou à mesure qu’il serait creusé. Ce serait inutile et stérile, mais cela serait moins nocif que ce qui se fait aujourd’hui.
Je doute de la possibilité que Nicolas Sarkozy soit réélu. Je sais que Marine Le Pen n’a aucune chance d’être élue. Le candidat socialiste, qu’il s’appelle Martine Aubry ou François Hollande, a désormais de vraies chances d’accéder à la présidence dans un an.

Ce serait risible si ce n’était aussi sinistre. Le seul avantage est que cela hâtera le naufrage de la France, et qu’avec ce naufrage viendra peut-être, enfin, une lueur de lucidité, mais j’en doute. Je ne vois pas d’où pourrait venir cette lueur. Je connais des gens lucides, mais on ne leur donne pas la parole, précisément parce qu’ils sont lucides et qu’ils pourraient perturber la myopie ambiante.

Quand un bateau part à la dérive, il flotte au gré des courants et des écueils. Quand le capitaine ne remplit pas sa mission, et que l’équipage est en état de stupeur et de désarroi, n’importe qui peut prétendre devenir capitaine. En général, ce genre d’équipée finit très mal.

Enfin, ce sera bientôt l’été. Ceux qui le peuvent encore partiront en vacances. Les autres regarderont les débiles « programmes d’été » à la télévision. La saison des grèves et des émeutes va revenir…

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Al Jazeera
Trois chaînes ont déposé des offres afin d’acquérir les droits audiovisuels de la Ligue 1 de « balle au pied » pour les saisons 2012-2013 à 2015-2016 : Orange, Canal+ et… Al Jazeera !

Medias
France TV > La direction de France Télévisions de­mande que le financement du groupe audiovisuel pu­blic soit garanti par l’État à hauteur de 3 milliards d’euros, dont 2,6 milliards émaneraient de la redevance ou de crédits budgétaires. Par­mi les autres ressources, le principal poste vient de la publicité : les prévisions pour 2011 envisagent un chiffre d’affaires publicitaire compris entre 410 et 420 mil­lions d’euros (contre 440 mil­lions en 2010). Enfin, il faut noter la part croissante du chiffre d’affaires numérique qui devrait s’établir à 50 mil­lions en 2011, contre 35 en 2010. France Télévisions prévoit que ce chiffre d’affaires numérique atteigne 150 mil­lions d’euros en 2015 !

Al Jazeera > Trois chaînes ont déposé des offres afin d’acquérir les droits audiovisuels de la Ligue 1 de « balle au pied » pour les saisons 2012-2013 à 2015-2016 : Orange, Canal+ et… Al Jazeera !

Figaro > Le groupe « Le Figaro » dégage plus de 30 millions de résultat d’exploitation chaque année.

Economist > L’hebdoma­daire britannique « The Economist », fondé voici 160 ans et propriété à 50 % du « Financial Times », est au­jourd’hui diffusé à 1,5 million d’exemplaires dans le monde. Soit une progression de la diffusion de 95 % en dix ans !

Publicité > à l’occasion de la présentation, début juin, de leurs grilles de programmes pour la prochaine saison, les plus importants réseaux télévisés américains (CBS, ABC, Fox, NBC et CW) ont annoncé une hausse moyenne de la grille tarifaire publicitaire de 9 %, et ont engrangé entre 8,8 et 9,3 milliards de dollars de recettes pour la saison 2011-2012, soit 7 à 10 % de plus que pour la saison 2010-2011 !




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