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La France doit dévaluer d’urgence


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Trémeau Bernard - mardi 03 février 2009

euro
La situation économique de la France semble inquiéter fortement les Français. Ils ont totalement raison. Qu’ils consultent les magnifiques courbes du blog de Jean-Pierre Chevallier : ils verront que nous fonçons droit dans le mur en fermant les yeux…

Depuis le 15 septembre 2008, les possesseurs de capitaux vendent les bons du trésor français pour acheter des bons du trésor allemands. Et, depuis le 20 novembre, ils vendent les bons du trésor européens pour acheter des bons du trésor américains. Ceci indique que les capitalistes du monde entier pensent que les coûts de production sont beaucoup trop élevés en France par rapport aux coûts allemands. Ceci veut aussi dire que les spéculateurs pensent que l’économie européenne est bien plus malade que l’économie américaine…

À plusieurs reprises (début octobre, début novembre et début décembre 2008), le gouvernement français est probablement intervenu pour essayer de s’opposer à cette fuite de capitaux. Mais les moyens financiers de la France sont bien trop faibles, pour s’opposer efficacement aux centaines de milliards d’euros internationaux qui interviennent tous les jours. Et le jeudi 15 janvier, selon J.-P. Chevallier, « l’écart entre les rendements des bons des trésors à 10 ans français (3,415 %) et allemand (2,886 %) a battu son ancien record en atteignant 18,3 % ». Il s’est encore creusé depuis. Et la situation est encore pire en Italie ou en Grèce !

Ces chiffres montrent que les observateurs attentifs de l’économie mondiale, les « spéculateurs », estiment qu’actuellement les coûts de production français seraient supérieurs de 18,3 % aux coûts de production allemands.

Cet achat récent de bons allemands, puis américains, donne des informations très importantes : les spéculateurs (vient du latin speculator, qui signifie observateur) pensent que la France, l’Italie ou la Grèce sont aujourd’hui dans une situation économiquement intenable et qu’elles vont être obligées de sortir de la zone euro. Nous sommes donc dans la phase finale d’une crise monétaire classique, survenant quand une parité fixe liant deux monnaies est prolongée trop longtemps. Les clients fuient d’abord, les investisseurs suivent. La fuite des capitaux achève la crise. Une monnaie commune prolongée trop longtemps a les mêmes inconvénients que la parité fixe.

Deux autres courbes confirment aujourd’hui en France ce diagnostic : l’augmentation à nouveau massive du chômage et le déficit chaque mois plus lourd de la balance commerciale. On comprend que la manifestation du 29 janvier ait été largement suivie. Des troubles sociaux de plus en plus nombreux et violents sont malheureusement à prévoir.

Le déficit de notre balance commerciale a commencé en janvier 2004, bien avant la crise financière qui n’a débuté qu’en juillet 2007. Malheureusement, on attribue aujourd’hui les difficultés de la France essentiellement à cette crise financière plus récente. On ne voit pas que c’est l’euro qui est le vrai coupable. On propose donc de mauvais remèdes.

Augmenter les salaires pour relancer la demande serait suicidaire : on aggraverait le mal.
Abaisser les taux courts pour permettre d’acheter plus à crédit est une erreur : on augmente en effet les achats à l’étranger et on relance l’inflation par la demande.
Aider financièrement les entreprises va par contre dans le bon sens.
Supprimer ou abaisser les impôts qui pèsent sur les entreprises est la bonne solution pour l’immédiat. Il y en a des centaines. La relance ainsi obtenue augmente rapidement les rentrées fiscales et permet de réduire le déficit moins d’un an plus tard.

Les spéculateurs pensent que certains pays sont obligés d’abandonner l’euro. Et, en vendant leurs bons du trésor, ils poussent ces pays à sortir de l’euro… Comme les Anglais l’ont fait en sortant du SME en 1992. Mais les avantages de la monnaie unique sont très importants. Il semble heureusement possible de conserver l’euro tout en réalisant pour la France une « dévaluation compétitive ».

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En bref
Population
Au 1er janvier 2009, la France (hors collectivités d’outre-mer, mais y compris les DOM) comptait 65,1 millions d’habitants, soit une hausse de 366 500 personnes en un an.

Chiffres significatifs
Dette > Le taux d’endettement des ménages français par rapport à leurs revenus était de 71 % à la fin de l’année 2007, contre 53 % à la fin de 2001 !

Heures sup > En 2008, les Français ont travaillé quelque 750 millions d’heures supplémentaires.

Publicité > Le marché français de la publicité sur internet a représenté 2 milliards d’euros en 2008, dont 800 millions pour les moteurs de recherche.

Spéculation > On compte actuellement dans le monde quelque 7 000 hedge funds (fonds alternatifs), qui géraient au début de l’année environ 1 400 milliards de dollars !

Création > En 2008, 327 396 entreprises ont été créées en France, soit une hausse de 1,8 % par rapport à 2007.

Mobiles > Les ventes de téléphones mobiles devraient diminuer de 10 % en 2009.

Ascenseurs > En France, chaque année, 150 000 personnes sont bloquées dans un ascenseur, dont 100 000 en région parisienne…

Adoption > Le nombre d’enfants étrangers adoptés par des Français s’est élevé à 3 266 en 2008, en hausse de 3 % par rapport à 2007.

Catastrophes > Les catastrophes naturelles survenues en 2008 partout dans le monde ont coûté environ 140 milliards d’euros.




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