Lambert Christian - mercredi 07 juin 2006
Il est évident que le jugement que l’on porte sur l’état d’un pays ne doit pas relever du sentiment, de l’impression, encore moins du parti-pris. C’est pourquoi, pour ma part, je m’efforce d’étayer mes analyses par des faits précis et avérés. M’aide en cela, aujourd’hui, le livre que vient de publier Rémi Godeau, l’un des rédacteurs en chef du « Figaro Économique », « La France en faillite », dont je ne saurais trop recommander la lecture. Les lignes ci-après en sont directement inspirées.
La France est, depuis 1981, l’un des pays industrialisés le plus mal gouverné. Les résultats sont là. Que l’on en juge.
Une note confidentielle du Ministère des Finances précise que la retraite à 60 ans a coûté 200 milliards d’euros ; les 35 heures, 100 milliards ; le recrutement de 300 000 nouveaux fonctionnaires, entre 1981 et 2002, 90 milliards. En quinze ans, le nombre des Rmistes a doublé, 1 200 000 aujourd’hui ; le chômage des « jeunes » dans les quartiers « sensibles » a bondi de 28 à 50 % ; 800 000 enfants entrent chaque année en sixième sans connaître les savoirs essentiels, c’est-à-dire sans savoir ni lire ni écrire convenablement ; et 60 000 « jeunes » sortent chaque année du système scolaire sans la moindre qualification, système scolaire, je le rappelle, entièrement à la charge du contribuable.
En hausse continue depuis trente ans, les prélèvements sociaux représentent en 2006, la moitié de tout ce qui est perçu par l’État, et néanmoins la France compte 3,5 millions de personnes vivant sous le seuil de pauvreté ; 4,7 millions non bénéficiaires de la Sécurité sociale ont recours à la solidarité nationale, via la « couverture maladie universelle » ; et par-dessus le marché, on voit des mendiants dans les rues des grandes villes, certains ayant organisé de véritables campements en plein centre de Paris ! Sur les dix dernières années, le coût budgétaire des dispositifs de soutien à l’emploi a augmenté de 75 %, tandis que le nombre des chômeurs reste supérieur à la moyenne européenne elle-même élevée. La facture du chômage s’élève à 40 milliards d’euros par an.
Passons maintenant à la cinquantaine de groupes qui forment l’essentiel du secteur public dit concurrentiel, dont la dette se présente de la façon suivante : Air France : 2,5 milliards d’euros ; Gaz de France : 4,7 milliards ; la Poste : 2,1 milliards ; la RATP : 4,1 milliards ; la SNCF : 7,9 milliards. Total général : 160 milliards de dettes d’entreprises souvent sous la coupe de syndicats marxistes.
Je me limiterai à signaler en quelques mots les scandales à répétition depuis 1981, scandale du Crédit Lyonnais (7 à 16 milliards d’euros d’aujourd’hui) ; scandale de la vente des frégates à Taïwan qui pourrait coûter à l’État, c’est-à-dire au contribuable, quelque deux milliards de dollars d’amende et qui, de surcroît, est à l’origine de l’affaire Clearstream… La gestion désastreuse de l’État, depuis trente ans, fait que son passif total est plus proche de 2 500 milliards d’euros, pour des actifs de 1 100 milliards, ce qui fait dire au professeur d’économie Éric Pichet : « si l’on vendait aux enchères tous les biens de l’État « la Joconde », Matignon, les licences UMTS et GSM, les routes… pour rembourser les dettes, l’État traînerait encore une ardoise de 1 400 milliards d’euros, soit 23 000 euros par Français !
Pour le reste, les flux migratoires ne sont nullement maîtrisés et nous aurons l’immigration subie + l’immigration « choisie ». Quant à l’insécurité, elle continue à s’aggraver. Une guerre civile, ethnique et religieuse, paraît dès lors inéluctable Ceci étant, je ne veux pas attrister le lecteur. Je vais donc lui livrer ma conclusion qui ne pourra que le faire rire, à tout le moins, sourire : « La France est un pays unique, fier de son modèle. Un modèle qui a fait ses preuves, un modèle qui allie depuis longtemps le développement économique et le progrès social… ». C’est signé Jacques Chirac. Au sujet duquel « la Tribune de Genève » écrit le 23 mai : « Qu’espère donc un président ayant perdu toute prise sur le réel ? Un président que tout le monde raille y compris les siens, qui fait perdre à son pays tout le crédit qui lui restait »…
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