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La France en route vers le naufrage |
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Milliere Guy - mardi 27 octobre 2009
france
Comme chaque année, le Wall Street Journa
l et la Heritage Foundation ont publié, voici quelques mois, l’Index de la liberté économique, qui compare les performances de plus de 180 pays sur la planète.
Les critères retenus sont économiquement précis et rigoureux, puisqu’ils concernent la liberté de créer une entreprise et les coûts impliqués, la liberté d’embaucher, de licencier, de passer contrat et de se livrer à des transactions commerciales, la protection des droits de propriété face aux risques de vol, de confiscation ou de pillage, le poids de la fiscalité et des réglementations.
Le classement est important, car il montre que plus un pays est libre, plus il est prospère et plus il offre à ses habitants un niveau de vie élevé. Il est important aussi en ce qu’il montre quels pays avancent et quels pays reculent. Le verdict, pour la France, est sans appel et montre, une nouvelle fois, un recul assez net.
Celui-ci n’est pas aussi important que celui qui frappe, par exemple, le Zimbabwe ou le Venezuela : Nicolas Sarkozy n’est pas tombé au niveau de Robert Mugabe ou de Hugo Chavez. Mais, pour quelqu’un qui prétendait, au moment de son élection, incarner un souffle et un renouveau, c’est raté.
Si nous avions encore des médias dignes de ce nom, journalistes et éditorialistes devraient le dire. Et les économistes compétents qui existent en ce pays devraient se voir autorisés à proposer des remèdes. Quant aux charlatans innombrables qui encombrent les écrans de télévision, ils pourraient prendre une retraite anticipée fort bénéfique pour nos neurones.
Comment, demandent les rédacteurs de l’Index, un pays où les dépenses gouvernementales représentent environ 56 % du Produit intérieur brut pourrait-il ne pas avoir un taux de chômage élevé, une croissance en berne, des déficits publics qui explosent ? On se le demande, effectivement. Comment un pays où les coûts non salariaux impliqués par l’embauche de nouveaux salariés sont si hauts pourrait-il inciter des gens à embaucher ? On se le demande aussi. Comment un pays où la fiscalité atteint des niveaux effarants pourrait-il attirer des investisseurs supplémentaires ? On se le demande encore.
Les charlatans ont leurs réponses à ces questions, je sais. Le bonheur intérieur brut en est une. La taxe carbone en est une autre, sans doute, tout comme les vingt impôts supplémentaires créés au cours des deux années écoulées.
Abrutir la population en lui retirant tout sens critique est, vraisemblablement, la réponse suprême et, sur ce plan, les faits sont là. Il n’existe, en France, plus un seul quotidien et plus une seule grande radio ou chaîne de télévision qui, dans un pays libre, n’apparaîtraient pas comme étant peu ou prou d’obédience socialiste.
Les seules activités qu’on voit proliférer relèvent de travaux publics stériles destinés à transformer tout parcours routier en course d’obstacles jonchée de parpaings et de faux trottoirs de toutes les formes imaginables. L’immense majorité des gens qui créent, néanmoins, une entreprise doivent vite mettre la clé sous la porte face au poids des charges et du harcèlement administratif.
Des quartiers entiers dans les banlieues des grandes villes sont livrés aux trafics les plus divers et à une délinquance proliférante et très explicable : on gagne mieux sa vie en France, aujourd’hui, en revendant de la drogue qu’en travaillant légalement. Et on court moins de risque d’interpellation policière en appartenant à une bande de voleurs qu’en ne portant pas sa ceinture de sécurité dans une automobile.
L’Index de la liberté économique montre un recul net de la France. Si on ajoutait au recul de la liberté économique tous les autres asservissements qui broient ce pays, on comprendrait à quel point nous sommes dans une société détraquée.
D’un côté, une jeunesse désœuvrée, frustrée, mal éduquée, sans horizon, venue souvent d’une immigration mal intégrée. De l’autre, des gens du troisième âge aigris, crispés, souvent désespérés.
Entre les deux, des gens aveuglés et moroses qui se débrouillent en sentant que le navire sombre, des politiciens qui font de la politique politicienne et pensent surtout à la prochaine élection, des journalistes presque tous réduits au statut de domestiques et qui, comme les chiens tenus en laisse, font où on leur dit de faire. Pauvre pays. Pauvre peuple à l’agonie dans une Europe en route vers le naufrage…
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Taxe carbone
D’après les premières simulations disponibles, et malgré tous les discours sur la « redistribution » de la taxe carbone, avec une tonne de CO2 à 17 euros, selon l’annonce de Nicolas Sarkozy, 50 % des foyers urbains gagneront de l’argent et les autres 50 % en perdront (mais cette dernière moitié perdra davantage que ne gagnera la première…) et 80 % des ménages en zone rurale perdront de l’argent. Si ce n’est pas un impôt, ça y ressemble bigrement !…
Chiffres significatifs
CAC 40 > 10,2 % des administrateurs des sociétés du CAC 40 sont des femmes. Elles n’étaient que 8 % en 2006.
Dépenses > Les collectivités territoriales françaises ont dépensé 206,3 milliards d’euros en 2008 (chiffre en hausse de 2,8 % par rapport à 2007). Les communes ont dépensé 89,7 milliards, les départements 65,1, les régions 26,6 et les groupements intercommunaux à fiscalité propre 24,9 !
Émergents > Sur les 100 plus importantes entreprises des pays émergents, 36 sont chinoises, 20 sont indiennes, 14 brésiliennes, 7 mexicaines et 6 russes.
Professionnel > 703 000 lycéens effectuent leur scolarité dans l’enseignement professionnel.
Commerce > En août, le déficit commercial américain s’est élevé à 30,7 milliards de dollars.
Confiscation > En 2008, les forces de l’ordre ont confisqué 93 millions d’euros aux délinquants, dont 10,5 millions d’euros en véhicules divers, 11 millions en biens immobiliers et 30 millions en liquidités… Cela représente une hausse des saisies de 54 % par rapport à 2007 ! |
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