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La France est-elle réformable ?


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Lance Pierre - mercredi 10 octobre 2007

reformes
La France a un urgent besoin de réformes fondamentales. Tout le monde le sait, tout le monde l’admet, tout le monde le dit. Mais dès que des hommes politiques un peu courageux se mettent en peine de les faire, les boucliers se lèvent, les obstacles se multiplient, les conservatismes se crispent, et les réactionnaires, qui aujourd’hui sont surtout de gauche, s’efforcent de bloquer tout progrès.

De sorte que, dans un monde qui évolue à toute vitesse, la France semble tétanisée, incapable de secouer ses tabous, ses routines et ses inerties. Aussi les réformateurs se voient-ils contraints de se camoufler sans cesse, de ruser, de concéder, de lâcher du lest et d’emprunter des voies détournées dans l’espoir de grignoter leurs adversaires, ce qui prend un temps fou, parfois des années. Et notre pays accumule les retards, devenant peu à peu la lanterne rouge du monde civilisé. Quelle tristesse !

Ainsi vient-on seulement de supprimer l’école du samedi, alors que de nombreux parents le réclamaient déjà lorsque j’étais encore lycéen. Il aura fallu 60 ans pour que le week-end familial obtienne sa complète reconnaissance. Et l’on entend néanmoins de pseudo-pédagogues critiquer cette réforme, alors qu’ils devraient raser les murs devant la ruine des connaissances de base que leurs quatre heures du samedi n’a pas empêché.

Depuis des années encore, et bien que l’opinion publique y soit depuis longtemps largement favorable, nous ne parvenons pas à instaurer l’ouverture des magasins le dimanche, ce qui serait pourtant une liberté commerciale élémentaire et un mieux-être incontestable pour tous les consommateurs. Il a fallu procéder par dérogations saisonnières ou exceptionnelles pour vaincre peu à peu les résistances. Il semble que l’on s’achemine enfin vers une légalisation de l’ouverture dominicale, et un projet de loi dans ce sens doit être déposé par le gouvernement début 2008, limité dans un premier temps aux grandes villes et aux zones touristiques.

Il faut savoir que les 60 magasins des grandes enseignes d’ameublement accueillent déjà chaque dimanche 7 millions de clients ! La carte bancaire vaut bien la carte d’électeur, car elle exprime plus fortement encore la volonté du peuple. Mais les réactionnaires de gauche ne sont pas démocrates et les syndicats fulminent. Ils engagent régulièrement des actions en justice contre les magasins qui bravent les interdits, et qui sont souvent condamnés à des astreintes variant de 10 000 à 50 000 euros. Devinez qui paie ? Évidemment le consommateur, puisque les prix de vente intègrent le coût des amendes.

Je lis parfois, ici ou là, que Nicolas Sarkozy bouge beaucoup mais que ses réformes n’avancent guère. Certains parlent même de “reculades”. Je voudrais les y voir, ces petits malins avec leurs gros sabots, face aux cohortes socialo-communistes retranchées dans leurs casemates et qui tirent sur tout ce qui bouge. Je reconnais toutefois que ce gouvernement, comme d’ailleurs tous ceux qui l’ont précédé, a tort d’avoir peur des syndicats.
Ce ne sont plus que des féodalités archaïques et des tigres de papier. Et je serais assez partisan de tenter une bonne fois l’épreuve de force. Une bonne grève illimitée dans les transports publics, par exemple. Les Français marcheraient à pied quelque temps et sortiraient les vélos. Ce serait bon pour la planète, bon pour leur santé et l’obésité diminuerait. On gagnerait sur tous les tableaux et les camions de l’armée pourraient faire la soudure. Allez chiche ! Une bonne grève d’un mois des métros et des bus, ça vous dit ? Moi, ça me botte ! (Il est vrai que j’en parle à mon aise, puisque je marche 10 km chaque jour, par simple hygiène de vie.)

Ayant peu d’adhérents, donc peu de cotisations, nos syndicats rétrogrades vivent de magouilles, de combines et de rapines, tout le monde le sait. Le gouvernement a dans ses dossiers de quoi pulvériser la CGT, entre autres, dont la comptabilité est à peu près aussi limpide que de la purée de lentilles dans du jus de boudin. Qu’attend-il pour le faire ? S’amuserait-on à jouer au fameux “Je te tiens par la barbichette”, en se disant qu’on peut ainsi rogner les griffes du fauve ? Moi, j’incline à penser qu’il vaudrait mieux l’assommer une bonne fois. Voilà qui libérerait la croissance pour de bon.

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