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La France et l’Europe vont à la catastrophe


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Milliere Guy - mercredi 14 mars 2007

economie
À lire certains courriers, j’ai le sentiment que nombre de gens en France ne savent ni dans quel pays et ni sur quelle planète ils vivent. Je pense donc utile, dans la continuité de mon article précédent, de rappeler certaines données élémentaires.

1. La France n’est plus une grande puissance. C’est tout juste une puissance moyenne. Sa population représente 1 % de l’humanité. Son rayonnement culturel décroît. Son économie s’essouffle, avec une croissance en moyenne inférieure à 2 % par an depuis des années. Le total des chômeurs officiels, des chômeurs radiés et des Rmistes dépasse les cinq millions. Le revenu médian se situe à 1 500 euros, et nombre de familles disposant d’un revenu inférieur ou égal parviennent tout juste à subsister.
C’est une situation de déclin très nette, au sein d’une région du monde elle-même en déclin. Quelques grandes entreprises françaises ont une dimension planétaire, mais réalisent l’essentiel de leur chiffre d’affaires à l’étranger, et nombre d’entre elles ont des actionnaires nord-américains en forte proportion. La formation et la rémunération du capital intellectuel (le seul qui compte désormais) se font très mal, et il existe une forte déperdition en ce domaine, année après année. Il devrait résulter de ce constat d’ensemble un discours humble et churchillien, qui n’est tenu que très partiellement. Tout ton de donneur de leçon, toute prétention à faire quoi que ce soit « à la française » devraient être abandonnés.
La France reste largement hermétique au libéralisme : les Français devraient voir que le libéralisme n’est pas un dogme, mais un ferment de libération qui produit ses effets en mille points du monde. Si le ferment de libération ne peut jouer son rôle en France, l’alternative ne sera pas une croissance « à la française », mais une lente et sûre débâcle qu’aucun effet d’estrade ni aucun dogme ne pourront arrêter.

2. On doit ajouter, à ce que je viens d’énoncer, un déclin démographique qui fait que l’Europe est engagée dans un lent suicide collectif difficilement réversible, qui en fera dans quelques années un grand hospice de vieillards dont il deviendra impossible de payer les retraites non provisionnées, et dont les enfants les plus entreprenants seront partis en Asie ou en Amérique du Nord, tandis que le sang neuf viendra essentiellement du Maghreb et de l’Afrique subsaharienne.

Les discours environnementaux, pour l’essentiel scientifiquement faux, et constitutifs du nouveau visage d’une offensive socialo-communiste, sont une des facettes du suicide collectif : dans trente ans en Europe, il n’y aura pas « trop de dioxyde de carbone », mais pas assez d’êtres humains en âge de travailler. Les discours sur l’immigration qu’on entend ici ou là apparaîtront alors, eux aussi, extrêmement vains : ceux évoquant l’arrêt de l’immigration, mais aussi, c’est à craindre, ceux qui parleront d’« immigration choisie ». Les discours angéliques et aveugles sur l’islam pourront être renvoyés dos à dos avec les discours xénophobes. La France et l’Europe sont déjà terres d’islam. Ce sera encore davantage le cas d’ici trois décennies. Il n’y aura pas d’islam de France ou d’islam d’Europe (laissez-moi rire). Il y aura, en position dominante, un islam modéré ou un islam radical. Et la victoire de l’un ou de l’autre se joue à l’échelle de la planète.

3. L’économie globalisée est un fait. La production des biens se fera toujours davantage en Asie ou en d’autres contrées en développement. Les emplois du futur en Europe seront dans l’intelligence et les services, et impliqueront une liberté et une flexibilité auxquelles la France reste hermétique. Elle est le pays « riche » dans lequel on comprend le moins la mondialisation, et c’est inquiétant. Elle est l’un des pays où on comprend le moins que nous sommes dans une guerre mondiale avec l’islam radical. Parce que, comme le reste de l’Europe, elle n’a plus d’armée crédible, elle a une diplomatie de la faiblesse. Cacher cette faiblesse derrière des postures ne fait illusion qu’en France. Cela fait soixante ans que l’Europe est sous le parapluie de la défense américaine : ce que Français et Européens devraient craindre n’est pas la puissance des États-Unis, mais ce qui pourrait advenir si, las de l’antiaméricanisme et de diverses formes de pusillanimité, les États-Unis considéraient que leurs intérêts stratégiques n’impliquent plus de défendre l’Europe.

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En bref
Étatisme
«Dans un pays comme le nôtre, où les dépenses publiques constituent 54 % de la richesse nationale, l’échec économique et social est garanti si les dépenses sont mal orientées.»
Nicolas Sarkozy

SIC
Jospin «C’est un retraité. Il aurait dû le rester.»
Claude Allègre

Popularité «Dès lors qu’on se politise, on n’est plus perçue avec autant d’indulgence.»
Simone Veil

Droite «Le programme de François Bayrou est porteur de valeurs de droite, mais avec beaucoup moins d’ambition, pas très clair et moins courageux que celui de Nicolas Sarkozy.»
Rachida Dati,
porte-parole de Sarkozy

Coalition «L’UMP et le PS sont d’accord sur une chose : surtout, que je n’existe pas. Mais maintenant, la perspective du second tour va occuper l’esprit de tout le monde.»
François Bayrou

Éjection «Il y a le feu au lac. La gauche est menacée d’être éjectée du second tour par Monsieur Bayrou.»
Jean-Luc Mélenchon, sénateur PS

Faiblesse «La gauche est faible, c’est même complètement inquiétant.»
Marie-George Buffet

Régression «François Bayrou, c’est la confusion. Il nous ramènerait très en arrière avec la ive République.»
Jean-Marc Ayrault

Surprise «Je crains qu’on ne sous-estime les scores potentiels du Front national. Je ne voudrais pas qu’on se réveille en 2007 comme on s’est réveillé en 2002, avec une grosse surprise de ce côté-là.»
Gilles de Robien




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