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La France meurt de l’État…


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Milliere Guy - dimanche 18 décembre 2005


 Cet Etat qui tue la France En un contexte où, après avoir peiné à sortir d’une guerre civile larvée, le gouvernement se trouve confronté au retour des grèves, Nicolas Lecaussin, chercheur à l’Ifrap, excellent connaisseur des conséquences les plus délétères de l’étatisme puisqu’il vient d’Europe de l’Est, publie un livre qui vient à point, et qui constitue un réquisitoire éloquent et implacable contre le prétendu « modèle français » que strictement personne ne nous envie.
De page en page, on découvre à quel point la situation est grave. La France reste l’un des derniers pays du monde où le dogme du « service public » fonctionne encore et où l’idée de privatisation reste un tabou. Elle est aussi le pays développé où le plus grand nombre de jeunes gens de moins de vingt-cinq ans souhaitent devenir fonctionnaires : 75 % d’après de récents sondages. Aucun signe d’évolution n’est en vue sinon vers le pire. Et aucune évolution ne peut vraiment venir pour des raisons que Lecaussin expose magistralement et qui ont nom : désinformation, mensonge, intoxication mentale.
D’une certaine manière, cela commence à l’école où, depuis le recours à la pédagogie moderne et idéologique, on ne transmet plus de savoirs et on se contente toujours davantage d’apprendre à apprendre. Le résultat étant que le savoir n’est plus transmis qu’à ceux dont la famille possède déjà un bagage intellectuel et peut en faire bénéficier ses enfants. Les autres ? Ils finiront illettrés, sans guère de perspective.
Cela continue à l’âge adulte. Une véritable nomenklatura constituée d’énarques, de copains et de coquins s’arroge un quasi-monopole de la haute administration, des ministères, et d’une multitude d’organismes, commissions, observatoires totalement inutiles mais qui sont, avec la misère des plus pauvres, la seule chose qui connaisse encore une courbe de croissance vigoureuse en ce pays.
Ceux qui ne sont pas énarques ou placés dans un organisme inutile devront viser la catégorie inférieure : la fonction publique ou para-publique. Les salaires seront souvent médiocres, mais (et c’est pour cela qu’autant de jeunes gens se rêvent fonctionnaires) les avantages seront divers et nombreux. Faible temps de travail, tout un assortiment d’autorisations d’absence pour convenances personnelles, jours de récupération, primes multiples. Lorsqu’on voit ce dont bénéficient les salariés de la SNCF et de la RATP, on comprend pourquoi ceux-ci redoutent une mise en concurrence qui constituerait en fait, une abolition des privilèges. Lorsqu’on voit ce que représente la charge salariale d’EDF en pourcentage du chiffre d’affaire, on comprend pourquoi la vente de quinze pour cent du capital ne constitue pas du tout une bonne affaire pour ceux qui se sont laissé berner par la propagande télévisuelle.
Ceux qui ne sont ni énarques ni placés et qui n’ont pu accéder à la fonction publique ou para-publique devront travailler dans le secteur privé, s’ils le peuvent, car le secteur privé ne crée plus d’emplois en France, et on le comprend aisément en lisant Nicolas Lecaussin. Les charge sont écrasantes, le harcèlement administratif omniprésent, l’absence de flexibilité fait de l’embauche d’un nouveau salarié un risque à bien soupeser avant de prendre sa décision.
Ceux qui ne peuvent travailler dans le secteur privé se retrouveront dans une cité-ghetto, toucheront le RMI, se marginaliseront, deviendront nihilistes, islamistes peut-être…
Ce système ne peut que conduire au désastre. On va encore mentir, désinformer, intoxiquer les esprits. Pourra-t-on indéfiniment cacher que la France est détraquée ? Ailleurs dans le monde, en Europe même, on retrouve le chemin de la liberté. Les États-Unis, utilisés comme repoussoir par les adeptes du mensonge, de la désinformation et de l’intoxication font preuve d’un dynamisme dont, note Lecaussin, nous devrions plutôt nous inspirer. Tout comme l’auteur de ce livre, je ne doute pas, hélas, que l’effet-repoussoir continuera à fonctionner. Pendant le désastre, la cécité continue.


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SIC
RÉVISIONNISME «Le mieux, c’est qu’on laisse l’histoire s’occuper de l’histoire. La loi est faite pour dicter des normes, pas pour reconnaître des situations historiques qu’on peut contester.» Josselin de Rohan, président du groupe UMP du sénat




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