Offre gratuite !
La version papier :
pendant 4 semaines dans
votre boite aux lettres
Cliquez ici
Notre lettre d'infos

La France otage de ses créanciers


envoyer cet article à un ami
Imprimer cette page


Voter pour cet article
14 VOTES
1011 LECTURES

Courrier - lundi 03 janvier 2011

dette
La gauche, qui reproche à Nicolas Sarkozy d'imposer une politique de rigueur uniquement pour satisfaire les marchés, sait-elle de quoi elle parle ? Quand on a pour idole le directeur du FMI, dont la mission principale est d'imposer aux pays malades une cure d'économies drastique pour leur éviter la faillite, on évite de se ridiculiser en évacuant les dangers de notre surendettement.

Actuellement, avec ses 1 650 milliards de dettes, la France doit emprunter chaque année 130 milliards pour rembourser 80 milliards de capital arrivé à échéance et 50 milliards d'intérêts qui courent. Soit 6,5 points de PIB, que la France emprunte au taux moyen actuel de 3,2 %. L'équivalent de la TVA englouti par la dette ! Au total, en ajoutant ses besoins courants de fonctionnement, l'Etat devra emprunter en 2011 la somme colossale de 220 milliards sur les marchés internationaux. Ce qui signifie que si ces derniers jugent que nos efforts sont insuffisants et augmentent les taux d'un seul point, ce sont déjà 2 milliards de plus qui partiront en fumée chaque année. Et que dire si nous devions un jour emprunter à des taux prohibitifs de 6 ou 8 %, comme certains de nos voisins ?

Par conséquent, faire croire au peuple qu'on peut raser gratis est un mensonge, indigne d'un parti qui aspire à la magistrature suprême. Quand un pays a 1 650 milliards de dettes, il est otage de ses créanciers, ni plus ni moins ! C'est le prix à payer pour trente années de gestion calamiteuse, de gauche comme de droite.

Ajoutons que dans ce domaine, le FN ne brille guère davantage par ses compétences économiques, puisqu'il veut revenir au franc. En quittant seuls la zone euro, notre ex-franc perdrait 50 % de sa valeur du jour au lendemain. Et nos emprunts étant libellés en euros, notre fardeau de 1 650 milliards de dettes deviendrait instantanément deux fois plus lourd pour le malheureux contribuable.

C'est d'ailleurs la mésaventure qu'ont connue l'an dernier certains pays de l'Est dont la monnaie s'est effondrée, alors qu'ils avaient emprunté en euros pour bénéficier de taux faibles. Heureusement pour eux, le FMI est accouru. Mais ce n'est pas avec son modeste fonds de 250 milliards que le FMI sauvera la France !

Certes, nul ne sait si la zone euro n'éclatera pas un jour dans un fracassant retour aux monnaies nationales, mais ce n'est pas encore d'actualité. En attendant, voir certains leaders politiques traiter une dette aussi lourde avec autant de légèreté, est franchement inquiétant.

Jacques Guillemain

8 commentaires - Ecrire un commentaire


Recevez gratuitement
la version papier,
pendant 4 semaines !

Cliquez ici

En bref



Plan du site