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La France peine à comprendre le monde


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Milliere Guy - mercredi 31 octobre 2007

mondialisation
En parcourant certaines réponses à divers de mes articles et en examinant le monde tel qu’il évolue aujourd’hui, j’ai discerné une fois de plus à quel point des clés permettant la compréhension manquent en France. Nous sommes dans un contexte d’une complexité croissante, les paramètres permettant de déchiffrer cette complexité sont éparpillés.
Les discours sont multiples et se subdivisent pour l’essentiel entre ceux tenus par divers charlatans qui abusent de l’ignorance de leurs contemporains pour faire croire autour d’eux qu’ils savent ce dont ils parlent, et ceux tenus par des spécialistes qui connaissent un domaine très délimité, mais ne discernent pas les interdépendances qui se tissent autour de nous.

Fort rares sont les analyses tout à la fois pertinentes en termes de connaissance et ouvertes aux transversalités, pourtant essentielles aujourd’hui. Nul ne peut être un économiste pertinent qui ne se donne pas les moyens de connaître les cultures, les mentalités, la géopolitique, la physique quantique, la biologie, la démographie et les potentialités offertes par l’informatique aujourd’hui. Et ce que je dis de l’économie peut être dit de l’ensemble des autres domaines de spécialité que je viens d’énumérer.

Voici une trentaine d’années, nous étions dans un univers relativement simple. Cet univers a explosé. Penser le totalitarisme aujourd’hui, cela implique de déchiffrer les multiples effets de la décomposition des discours fascistes, communistes, socialistes et nationalistes qui est en train de s’opérer, mais aussi les recompositions et les agrégats qui en résultent, ou l’émergence de nouvelles nébuleuses telles que l’islam radical ou l’environnementalisme où se retrouvent des fragments apocalyptiques, des résidus de marxisme, voire de national-socialisme.

Penser la liberté, à l’inverse, implique d’intégrer les ouvertures permises par les reformulations du vivant et de la matière, qui sont, à proprement parler, infinies. Penser la guerre et la paix implique de voir leur déterritorialisation, la transformation des armes, la relégation dans le révolu de l’essentiel de la géopolitique, la planétarisation et l’individualisation des médias. Penser la finance implique de prendre en compte tous les effets de la dématérialisation de la monnaie, de la production de valeur et de l’entreprise.

À l’échelle de la France, cela implique de voir que nous avons changé de paradigme : les délocalisations vont se poursuivre, la création de valeur sera immatérielle ou ne sera pas, la fuite du capital intellectuel sera stoppée par des incitations ou se poursuivra, le métissage en cours se poursuivra aussi, et il sera réussi seulement si on discerne pleinement comment la valeur se crée désormais, et l’importance du capital intellectuel.

 À l’échelle de l’Europe, cela implique aussi de prendre en compte ces changements de paradigme, donc, un certain nombre de faits : le vieillissement des populations et la résistance de l’islam à l’intégration sont préoccupants. La bataille planétaire pour un islam intégré aux flux planétaires concerne bien davantage que le futur du monde musulman. L’économie de la connaissance ne deviendra une réalité que si est comprise la logique inhérente à celle-ci, celle du réseau, pas celle de la pyramide qu’on persiste à édifier.

À l’échelle planétaire, cela implique de voir les flux. Des réseaux de liberté existent. Leur matrice est aux États-Unis. La matrice est connectée à des nœuds sur les cinq continents. Les contrées que délaissent les réseaux de la liberté sont condamnées. Face aux réseaux de la liberté existent les réseaux de la destruction et du refus. On y trouve la Russie de Poutine, le régime de Pékin, le Venezuela de Chavez, l’Iran d’Ahmadinejad et des mollahs, al Qaida, les altermondialistes, les disciples d’Al Gore et de Malthus, les derniers fascistes.

Les réseaux de la destruction et du refus sont porteurs de stérilité, de superstition, de mort et de destruction. La bataille est en cours, et la liberté l’emportera, comme toujours depuis des siècles. Les fronts de la bataille sont multiples : Pakistan, zones kurdes, Liban, banlieues de Londres ou de Paris, salles de rédaction des grandes métropoles. Ceux qui ne voient pas la bataille derrière ses multiples fronts ont déjà perdu et appartiennent à un passé agonisant qui ne reviendra pas.

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