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La France renoue avec les Etats-Unis |
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Milliere Guy - mardi 28 août 2007
irak, kouchner
Il faudra beaucoup de temps sans doute. Tant d’inepties et de stupidités ont été écrites et dites. Tant de décisions grotesques et délétères ont été prises. Tant d’insultes haineuses ont été proférées. Néanmoins, la politique étrangère de la France est apparemment entrée dans une phase de changements qui, si elle devait se poursuivre, permettrait à ce pays de tourner une page absolument lamentable et de retrouver le chemin de la dignité.
Cela avait commencé, en fait, avant l’élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République, avec un voyage aux États-Unis, une rencontre avec George Bush et un discours où avait été évoquée l’arrogance du couple infernal Chirac-Villepin. Le mot n’effaçait pas le comportement, mais il était approprié. Il indiquait que la France ne pouvait se résumer à un couple infernal. Cela s’est poursuivi avec la rencontre entre Nicolas Sarkozy, devenu président, et Bush père et fils, à Kennebunkport. Cela s’est continué, de manière éclatante, par la visite de Bernard Kouchner à Bagdad, venu affirmer qu’une certaine façon de pratiquer les relations internationales était, en France, en train de se trouver rangée au magasin des accessoires honteux.
Ce qui peut se produire, c’est le renouveau de liens d’amitié, que rien, en toute logique, n’aurait dû distordre, entre la France et les États-Unis. Ce qui peut se dessiner, c’est la fin d’une division dommageable de l’Europe, et la possibilité pour les principaux dirigeants de celle-ci de renouer avec des principes que, pendant quelques années, Tony Blair avait été presque seul à assumer. Un message est envoyé ainsi à l’ensemble du monde arabe selon lequel la possibilité de s’abriter derrière la France pour justifier cautèles, lâchetés et turpitudes se dérobe.
Les dirigeants iraniens discernent qu’ils ne pourront vraisemblablement plus compter sur la France pour les protéger implicitement et parler d’eux comme d’une « force de stabilité ». Le message, par ondes de transmission, pourrait aller jusqu’à Moscou, où Vladimir Poutine ne peut que commencer à voir qu’il ne reste à peu près rien de ce qu’un journal américain avait défini voici quatre ans comme l’« axe des fouines ». Schröder est tombé le premier. Le couple infernal a suivi et est condamné désormais à jouer le rôle de spectateur d’une histoire qui s’écrit sans lui, et contre lui.
Rien n’est parfait, bien sûr : je continue à m’interroger sur l’épisode Kadhafi en juillet. Néanmoins, Nicolas Sarkozy et Bernard Kouchner discernent que la France ne peut avoir un futur que dans une synergie de l’Occident tout entier, et non pas en tournant le dos à la première puissance démocratique et capitaliste du monde. Ils voient que se placer en position de chef de file des diverses satrapies du monde sous-développé ne peut que conduire à l’ornière.
Parce qu’il est un homme d’éthique, parce qu’il a vu directement les souffrances des Irakiens au Kurdistan, Bernard Kouchner, avec courage, a approuvé le renversement de Saddam Hussein, l’ami fidèle du couple infernal. Je me souviens de ses mots à l’époque, qui étaient ceux, aussi, d’André Glucksmann. Aujourd’hui, Bernard Kouchner, comme Nicolas Sarkozy, sait que le statu quo en Irak était intenable, qu’un changement de régime était salubre et nécessaire.
Il sait, comme Nicolas Sarkozy, que le peuple irakien n’est pas de la fange dont on fait les bourbiers, comme disent, méprisants, tant de pseudo-humanistes et de vrais racistes. Il sait que les Irakiens sont des êtres de chair, de sang, de souffrances, mais aussi d’espérances.
La politique étrangère française change, mais, en fait, c’est toute la situation planétaire qui pourrait bien changer. Ceux qui ont voulu diviser la Civilisation pour faire le lit de l’islamisme et du terrorisme, ceux qui pensaient que c’était mieux sous Saddam, ceux qui se réjouissaient à l’idée d’une victoire de l’obscurantisme génocidaire au Proche-Orient et en Europe rien que pour le plaisir moisi de se dire que cela humilierait l’Amérique, risquent fort d’en être pour leurs frais.
Je m’amuse d’ores et déjà de les voir se contorsionner en disant que Chirac et Villepin avaient raison, que Sarkozy et Kouchner ne font que « continuer » l’action du couple infernal. La politique étrangère française change, oui. Le monde bouge. Il serait utile que certains journalistes, commentateurs et politiciens reconnaissent qu’ils ont péché par vanité, par myopie et par ignorance.
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CUISINE
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KOSOVO «Le Président Sarkozy a déclaré que l’indépendance du Kosovo était inévitable, point de vue que les États-Unis partagent.»
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particulier de Benoît XVI |
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